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 Goulvinades

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: Goulvinades   Jeu 19 Mar - 0:49

Juste après : http://incendio-rpg.forumactif.org/t169-au-bon-moment-et-au-bon-endroit-comme-d-habitude-irmine-mutinlutin-malinpesti

Elle avait disparu dans un bruit de détonation en le laissant seul sur les remparts de son enfance. L’avocat regarda un moment la place où la bibliothécaire s’était tenue quelques secondes plus tôt et caressa la joue qu’elle avait effleuré de ses lèvres avant de transplaner à son tour, répondre à ses obligations professionnelles et sociales.
Plus tard dans la soirée dans son appartement Nantais, Goulven réfléchissait. Il tentait d’oublier qu’Irmine avait souhaité ne plus le voir mais il n’y arrivait pas. En fait, il se posait beaucoup de questions sur l’attitude à avoir avec la belle demoiselle. Il ne voulait pas la blesser, la bousculer, ni la forcer en quoi que ce soit, mais c’était ses sentiments à lui qui risquaient de prendre le pas sur la réserve qu’il s’imposait d’avoir.
Il semblait s’être résigné, être ami avec elle lui avait semblé envisageable l’espace de quelques secondes mais il avait fallu un sourire de la naïade pour balayer définitivement cette conviction. Pour la première fois, le sorcier était complètement désarçonné par ses sentiments. Jamais, de sa mémoire, il ne s’était autant épris de quelqu’un … si, bien sûr. Cette inconnue de la bibliothèque lors de son adolescence et dont l’image s’était superposée à celle de la bibliothécaire de l’académie tout naturellement. Par hasard ? Il ne s’était jamais posé la question. Il avait prêté cette confusion à l’endroit en lui-même et cela lui convenait bien.

Confus, Goulven baissa les yeux. Son écritoire dans ses mains contenait toujours les lettres à « la fille qui lit » qu’il n’avait jamais envoyées. A qui d’ailleurs ? Distraitement, il ouvrit la première et la relu. Cela lui arracha un sourire … Il ne pouvait s’empêcher d’imaginer désormais que les yeux verts d’Irmine le regardaient lorsqu’elle relevait la tête. Il la replia et la rangea avant de regarder par la fenêtre à nouveau, bercé par la rumeur du Passage Pommeraye, toujours très vivant la nuit.
Les lumières de la ville de Nantes empêchait celle des étoiles de parvenir jusqu’à lui et cela le contraria. Il se dit qu’on les voyait beaucoup mieux à Beauxbâtons. Les regardait-elle du haut de la tour de l’observatoire ou était-elle à nouveau plongée dans un livre dont il ne comprendrait même pas le sens ? Il se souvenait aussi de ses précieux conseils, pour apprendre à déchiffrer les runes. Il avait d’ailleurs commencé la traduction de quelques textes pour s’amuser, des parchemins traînaient sur son bureau. Parce que comprendre ces runes c’était un peu comme s’il essayait de la comprendre, elle.

Il s’arracha à la contemplation du ciel orange et revint un peu dans son salon, le cœur de son appartement, qui ressemblait d’ailleurs bien plus à une bibliothèque qu’à un logement normal. Ce soir, il ne savait pas quoi faire de lui, il se languissait de son absence. Il aurait voulu pouvoir la revoir tout de suite, l’inviter à danser et lui écraser les pieds, rire encore et plaisanter. Retrouver la légèreté qui l’habitait quand elle était là et se sentir idiot, se réjouir et se délecter du moindre de ses sourire.

Se laissant tomber sur la méridienne, Goulven soupira. Il était vaincu. Non, il était impossible d’envisager l’amitié avec Irmine. Une partie de lui ne serait que désir et fantasmerait au moindre de ses faits et gestes, il serait bien malhonnête de sa part de prétendre le contraire. Seulement il le savait, il n’y avait qu’un pas à faire pour la persuader de sortir de sa vie définitivement, elle le lui avait prouvé pas plus tard que cet après-midi. Désœuvré, il s’allongea et regarda le plafond de la pièce plongée dans l’obscurité. Aucun livre ne pourrait le distraire ce soir. Devant ses yeux, dans sa tête et dans son cœur, il n’y avait qu’elle.

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Jeu 16 Avr - 21:22

Juste après : http://incendio-rpg.forumactif.org/t226-moment-de-faiblesse-goulvine-mutinlutin-malinpesti

"Je sais que ton père n'agit pas des manières les plus louables ces derniers temps, mais tu sais qu'il n'a pas toujours été comme ça."

Tenant le bras du vieil homme, Goulven marchait sur les remparts de Saint-Malo en calquant son pas sur le sien. L'avocat le tenait fermement comme si la moindre bourrasque aurait pu renverser Gwendal Guivarc'h. L'historien courbé par le poids du temps avançait à petits pas en évitant soigneusement de trébucher sur les pavés inégaux du monument sur lequel il se trouvait avec son petit fils.

Goulven, quant à lui, avait la mine sombre. La nouvelle de son départ du Grand Conseil avait été accueillie auprès de Yannick Le Guerrec avec l'humeur escomptée, mais c'était les piques acérées à son encontre qui avaient suivi qui restaient en travers de la gorge de l'avocat. Le vieil homme tentait d'apaiser sa rancoeur, en vain.

"Tad-Kozh ... J'ai simplement choisi de travailler pour moi. Je ne suis pas fait pour une carrière politique et il refuse de l'admettre ... Je n'ai jamais voulu travailler pour le Grand-Conseil, je n'ai jamais voulu vouer ma vie au droit non plus. Ce ne sont pas mes choix."

Le Grand-Père laissa retomber sa canne sur le pied de son petit fils.

"Il est un peu tard pour te lamenter mon garçon."

Goulven bougonna et essuya sa chaussure sur le bas de son pantalon.

"Mais il n'est pas trop tard pour vivre pour soi ..." dit-il avec affection. "En ce sens, ta décision de quitter le gouvernement est sage. Mais inattendue."

Les deux hommes laissèrent le silence s'installer et finirent par faire une halte, là où les vagues frappaient la pierre.

"C'est une femme, c'est ça ?" Demanda le vieillard au bout de quelques minutes.

"Un homme." Répondit Goulven du tac au tac.

"Voilà du neuf." Répondit son grand père mi amusé, mi indigné.

"Non ! Ce n'est pas ce tu crois ... J'ai fait une rencontre, j'ai discuté avec quelqu'un et j'ai compris ... qu'il était temps que je vive en accord avec mes convictions."

"Je vois ..." Répondit Gwendal qui scrutait le visage du jeune homme en attendant visiblement une autre information.

Goulven sentait le regard de son aïeul vissé sur lui et finit par rire.

"Oui, il y a une femme aussi."

"Ça alors, encore une hybride ?" Demanda t- il avec une pointe d'ironie.

"Oh non" répondit Goulven avec le même ton. Assez d'esclandres me concernant ce mois-ci, je ne voudrais pas causer la mort de mon pauvre vieux père. Déjà qu'il a un pied dans la tombe depuis que j'ai fait mes études à Cerva ..."

Cette remarque lui valu un nouveau coup de canne, il poussa un cri de douleur.

"Respecte-le donc mon garçon, il se donne vraiment du mal pour l'honneur de sa famille. Il a fait des choses bien, tu ne pourras pas lui enlever ça."

Le vieux sorcier serra le bras de son petit fils et visa la mer.

"Peu de sorciers auraient démontré une telle tolérance et ouverture d'esprit envers les Moldus et les Cracmols comme moi. Ses intentions à notre égard ont toujours été louables. Il a mon respect, il devrait avoir le tien."

Goulven serra les dents et ne dit rien, entraînant l'homme à continuer la marche qu'ils avaient commencé. Il savait des choses qu'il ne pouvait pas dire et qu'il ne dirait pas justement par respect. Ne voulant pas déchaîner à nouveau la colère de son grand-père, Goulven choisit de faire diversion.

"Elle est bibliothécaire. En plus d'être très brillante c'est une femme magnifique."

Gwendal rit doucement en donnant une accolade amicale au jeune homme.

"Méfie toi des femmes intelligentes."

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Jeu 23 Avr - 0:10

Goulven n’était retourné au Grand Conseil que pour déposer sa démission. Le sorcier responsable des ressources humaines ne l’avait pas entendu de cette oreille.

« Monsieur Le Guerrec, vous êtes tenu d’effectuer un préavis d’au moins deux mois. »


« Certes. Si tant est que je sois titulaire de mon poste mais étant donné que je suis soumis à l’article 13 du code du travail magique gouvernemental, ce préavis se réduit à une semaine si je suis en poste depuis moins de 6 mois et c’est le cas. De plus, le paragraphe C spécifie que lors de circonstances exceptionnelle comme une restriction budgétaire ou une crise politique, ce préavis peut être annulé. D’autant que vous avez tout un tas de juristes qui ont réussi l’examen du barreau et attendent une place de commis d’office … »

Sur ces mots il repoussa sa lettre de démission.

« Donc, je vais dans le bureau des avocats, je fais mon carton, et je m’en vais. »

Le sorcier le regarda interdit. Ces mesures spécifiées dans les contrats n’étaient pas censées jouer en la faveur des employés … bien au contraire.

« Vous avez l’art de tourner une situation à votre avantage. »

« Il m’a fallu 8 ans pour devenir avocat. Au revoir, Monsieur Morin. »

Sur ce et sans aucune autre forme de procès, il quitta les lieux et mit le cap sur Nantes.

C’était la première fois que Goulven mettait en application une décision aussi rapidement. La première chose qu’il fît fût de jeter sa perruque, ce déguisement, comme il l’appelait. Et dire qu’on dit que « l’habit ne fait pas le moine. » Comme le passage Pommeraye était fréquenté par les Moldus le jour, il transplana directement dans son appartement, posa là sa boîte dans laquelle se trouvait toutes ses fournitures et s’en alla en quête d’un local où ouvrir son cabinet.

Ce n’est que le soir venu, une fois l’agitation retombée, qu’il passa en revue les évènements de la journée. Des obsèques de Jared à ce moment fort avec Irmine en passant par la discussion avec Theobald, suivi de son départ définitif du Grand Conseil. Heureusement qu’il n’avait pas été en état de réfléchir avant de le faire, et ça, l’heure passée avec la bibliothécaire y était pour beaucoup.

La journée du lendemain fût prolifique. Comme quoi, quand il déployait des efforts suffisants, le breton pouvait abattre une charge de travail énorme. Il avait repris les dossiers de tous les hybrides qui avaient des démêlées avec la justice et les avais contacté à grand renfort de potions anti-allergies. Et sans oublier d’envoyer un mot à la bibliothécaire de son cœur. Il avait trouvé un endroit où il pouvait mettre son bureau, non loin de chez lui. Dans un vieil immeuble, une grande pièce haute de plafond, sous les combles, aménagé grâce à une mezzanine qui servait de bibliothèque. Il s’y trouvait justement lorsque Yannick Le Guerrec entra dans les lieux sans même s’annoncer. Son pas résonnait, il émit un sifflement exagéré d’admiration.

« Eh bien, Fils. On peut dire que tu as sorti les mains de tes poches ces derniers mois. Une année à te décider à entrer au Grand Conseil, sept en tant que petit juriste et six mois comme avocat … tout ça pour finir par pointer au chômage ? »

Goulven sur la défensive dévala son échelle et fît face à son père. Il n’avait pas hérité de sa grande taille, celui-ci le dépassait largement.

« Bonjour Papa. Je ne pointe pas au chômage, je deviens indépendant. »

« Et je suppose que je dois te féliciter ? »

Le respect et la bienséance que lui avaient inculqués ses parents l’empêchaient de lever les yeux au ciel. Il baissa même légèrement la tête. Comment lui dire que depuis des années il n’attendait plus aucune félicitation de sa part, pas même un peu de reconnaissance. Il finit par se détourner de l’homme pour disposer ses affaires, encriers, plumiers, sur le plateau de son bureau.

« J’ai déjà quelques dossiers en charge. Je pense que ça va aller. » dit-il sur un ton neutre. Il voulait lui signifier ainsi qu’il n’avait ni besoin de son soutien, ni de ses félicitations.

« Des causes perdues. »

« Des causes justes. »


« Te rends-tu compte, ingrat, des efforts que je fais pour que tu gardes ta place à Brocéliande et toi qu’est-ce que tu fabriques ? A la moindre contrariété, tu t’en vas. » Lui dit-il d’un ton acerbe.

Goulven ne put s’empêcher de réprimer un rire jaune qu’il tut immédiatement. Il savait son insolence pouvait lui coûter cher.

« Je n’allais pas rester commis. » dit-il le plus sérieusement du monde.

« Non, bien sûr ! » renchérit-il. « Tu devais évoluer, tu pouvais faire carrière au gouvernement. Nous avons tout fait pour ça. »

Nous. Yannick Le Guerrec et son épouse. C’était loin d’être faux.

« Et bien … je me suis … reconverti ? »

De toute sa hauteur, Yannick Le Guerrec toisa son fils. La colère froide qui s’était emparée de lui n’était visible que par les tremblements qui agitaient le bas de son visage et ses poings serrés.

« Franchement. Tu me fais honte. »

Ce n’était pas la première fois que Goulven entendait dans la bouche de son père qu’il lui faisait honte. La première fois, à huit ans, quand il avait définitivement renoncé à essayer d’apprendre à jouer du piano. La seconde, lorsqu’il avait intégré Cerva. La troisième, quand il leur avait fait part de son désir d’épouser un quarteron de sirène. Les trois fois, il avait baissé les yeux, regardé ses pieds.

L’image d’Irmine s’imposa alors dans son esprit. Pas celle qu’il en avait eu la veille, non, plutôt celle de leur soirée parisienne. Ce regard lourd de reproches, lorsqu’il lui avait confié son désir de devenir avocat mais qu’il ne faisait rien pour faire évoluer la situation en sa faveur. En cet instant, elle lui en jetterait surement un semblable et il ne le supporterait pas. Alors s’accrochant au sourire de la jeune femme, il garda la tête levée, ses yeux rivés dans ceux de son père et lui dit avec un sourire tranquille qu’on lui connaissait bien :

« Je suis désolé. »

Et leva les paumes vers le ciel en signe d’impuissance. Toute cette attitude était ironique bien sûr.

« Mais si ça peut te rassurer, le temps passé au Grand Conseil n’est pas du temps perdu et je ne néglige pas cette expérience ! » Dit-il en se mettant à ranger à nouveau.

Mais sans un mot, le Sénateur avait quitté la pièce.

« Au revoir, Papa. » dit-il à la porte entrouverte.

Bien qu’il n’en laissa rien paraître, cette discussion l’avait quelque peu ébranlé. Il ne s’était pas attendu à voir son père arriver comme ça dans son nouveau bureau. D’habitude, il se préparait mentalement à chacune de leurs entrevues.

Il savait une chose : il allait entendre reparler de son attitude et de son insolence. Mais il n’était plus un adolescent et assumait pleinement les conséquences de ses actes maintenant. Jouant distraitement avec un porte-plume, il laissa ses pensées dériver vers sa belle. Qu’est-ce qu’elle faisait en ce moment ? Est-ce qu’elle avait lu son mot ? Est-ce qu’elle s’en était sorti avec cette histoire d’élèves qui ensorcèlent des livres ? Est-ce qu’elle était aussi impatiente que lui à l’idée de la revoir le lendemain ? Une chose était sûre pour lui, il n’attendait que de l’avoir à nouveau entre ses bras et l’embrasser pour se sentir entier. Il releva les yeux vers la porte que venait de passer son père et se jura, cette fois, de toute faire pour protéger sa relation avec Irmine. Il ne laisserait pas l’attitude de son père tout gâcher, et tant pis s’il fallait se dresser contre lui, de manière plus radicale cette fois. L’espoir de voir une once de fierté paternelle apparaître dans son regard avait maintenant complètement disparu.

Au bout de quelques minutes, Goulven décida de se secouer un peu et se remit à l’ouvrage dans l’objectif de commencer à travailler le plus vite possible, tant pis s’il fallait passer une nuit blanche d’ici là.

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Mar 28 Avr - 8:00

C’était une maison située au bord de la mer, face à Brest la grande cité grise Moldue. Plougastel n’était pas du tout une ville de sorciers et pourtant, une personnalité notable de cette communauté vivait là, avec sa famille, dans cette bâtisse qui était transmise de générations en générations. Yannick Le Guerrec vivait là, comme son père avant lui et son grand-père, il était logique que son fils grandisse entre ces mêmes murs. Sa femme y évoluait aussi, plutôt dans son élément mais ce n’était pas tant la richesse des lieux qui lui allait, c’était la présence de nombreux livres, instruments de musique et autres outils de connaissance. Elaine Guivarc’h n’était pas issue d’une famille aisée, mais cette famille avait toujours privilégié la culture, la visite de musées et de monuments plutôt que de vêtements neufs ou de jouets dernier cri. Elle était de taille moyenne, les cheveux blond foncé et des yeux bleus comme les cieux, assez peu remarquable en fait. Elle se distinguait plus par sa vivacité d’esprit et sa richesse intellectuelle que par sa beauté qu’on jugeait plutôt quelconque.

Elle avait eu un fils qui était la prunelle de ses yeux et qui comblait pleinement l’absence d’un mari très occupé et souvent absent.
Où était-il ? Caché sous une table de travail de la bibliothèque.

« Attention … J’arrive ! » menaçait Elaine, et le petit garçon dut se retenir de rire pour ne pas se faire prendre.

Elle fît mine de chercher dans les recoins les plus improbables de la pièce, passa près de la table plusieurs fois, le frôla même une fois.

« Mais c’est fou ça ! Comme tu es bien caché ! N’as-tu pas appris un sort pour te rendre invisible, petit farceur ? »

Le petit sorcier se terra encore plus dans le fond de sa cachette puis sortit de l’autre côté de la table pour en changer et se réfugier vers le secrétaire. Il se heurta à une étagère qui vacilla dangereusement. Une statuette d’onyx posé en équilibre au sommet ne put échapper à la loi de Newton et se précipita droit sur lui. Il rentra la tête dans les épaules et poussa un cri de peur.

« Aaaah ! »

Elaine se retourna et plaqua les mains sur sa bouche, tandis que l’objet allait s’écraser  sur son fils. Mais le choc n’eut pas lieu, la statuette s’était transformé en une centaine de plumes grises qui volèrent autour de Goulven, pris d’une violente crise d’éternuements.
Soulagée, elle le prit dans ses bras et le couvrit de baisers.


« Maman, ça me gratte beaucoup. »

Elle le cajola, pleine de compassion.

« Mon pauvre chéri, dire que quand tu seras élève à l’Académie tu ne pourras même pas m’écrire. Tu te rends compte ? Tes pouvoirs se sont manifestés, c’est formidable ! Ton père sera fier de toi. »

Goulven était un peu petit pour comprendre, mais son Grand-père étant lui-même un Cracmol, il savait que ce n’était pas parce qu’on naissait dans une famille de sorciers de sang-pur qu’on en était forcément un. Aussi, il aimait beaucoup son Grand-père Gwendal, mais il passa le reste de la journée avec cette conviction ancrée dans sa petite tête aux cheveux châtains : Papa sera fier de moi.

Il rentrait ce soir après une semaine d’absence. Pensez-vous que sa femme se serait précipitée pour l’embrasser ? Que son fils lui aurait sauté au coup en lui proposant une partie de Quidditch qu’il aurait volontiers accepté même s’il était fourbu ? Non, Yannick Le Guerrec n’aimait pas trop les effusions de ce genre.  C’est donc tout à fait cordialement qu’il les rejoignit pour dîner sans préavis, alors que le petit garçon dansait littéralement sur sa chaise.

« Pour l’amour du ciel, Fils, tu me donnes le mal de mer ! Tu as un hérisson sous le séant ? »

Impatient, il regarda sa mère avec les yeux brillants. Elaine posa affectueusement sa main sur celle de son époux et lança à leur fils un regard rempli de fierté.

« Goulven a montré ses pouvoirs aujourd’hui … »

L’intéressé ne donna pas l’occasion à sa mère de narrer ses exploits.

« J’ai transformé la statuette de Bastet en plumes ! »

Finissant de mâcher un morceau de viande, Yannick Le Guerrec lança à sa progéniture un regard vide d’intérêt.

« Elle avait beaucoup de valeur. »

Déçu de ne pas avoir vu la moindre étincelle de fierté dans les yeux de son père, Goulven regarda le fond de son assiette et disparu dès qu’il en eut l’occasion, sans même prendre de dessert. Jouer était bien plus intéressant et son jeu préféré à lui c’était ses figurines de sorciers célèbres, qui bougeaient seules et dont les baguettes lançaient des étincelles.

« Et là, Merlin il attaque Nostradamus et … »

Elaine qui montait dans la mezzanine de sa chambre, attendrie ne put s’empêcher de rire en entendant le nom des protagonistes de ce duel épique.


« Sur ce bel anachronisme, il est temps d’aller se coucher. » dit-elle d’une voix douce.

« Oui, bah on s’en fiche que c’est un anachronisme ! C’est juste pour jouer ! » Rétorqua-t-il.

« Que ce soit. Mais pour le reste, tu as entièrement raison. Bonne nuit, ne lit pas trop tard, que ta chandelle soit soufflée quand la grande aiguille sera sur le 6. D’accord ? Je vérifierai ! »

Le petit garçon se glissa sous ses couvertures et sortit de sous son oreiller son livre d’histoire, un recueil qui racontait les aventures épiques de sorciers-pirate cherchant un trésor de Gobelins dans un pays fantastique. Il ne savait pas comment sa mère faisait pour savoir comment il soufflait sa chandelle à l’heure convenue, mais il avait une confiance aveugle en elle.
Seulement ce soir, Goulven ne réussit pas à se concentrer sur son histoire. Pas même sur les images dont il se servait quand il ne comprenait pas tous les mots. Il pensait à son père qui n’avait même pas esquissé un sourire lorsqu’il avait appris pour ses pouvoirs.
Il se dit que peut-être, ce n’était pas assez bien. Sans doutes qu’il devait faire mieux. Qu’il pouvait faire mieux.  Il s’endormit en se faisant la promesse qu’un jour, il verrait la fierté dans les yeux de son père. En apprenant le piano par exemple ? Oui, il aimait bien le piano.

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Mer 27 Mai - 22:19

Le front plissé par la concentration, le petit sorcier appuyait sur les touches de don clavier de manière drôlement hasardeuse. Derrière lui une jeune femme penchée sur lui pressait ses doigts pour former les premiers accords de Clair de Lune. Les yeux de Goulven allaient de l'instrument à la partition et semblait chercher quelque-chose. Une ligne, des notes ...

- Non ce n'est pas un La .... Dit-elle l'air sévère en donnant une légère tape sur les doigts du petit garçon. Il faudrait que tu sois plus concentré sur ton instrument, ne quitte pas des yeux ta partition et ne t'arrête pas, continue ! Aïe ... L'accord ... Non c'est faux. Arrête ...

Mais il sentait qu'il le tenait peut-être et il continua, déclenchant les foudres de sa préceptrice qui soupira d'agacement. Au bout de trente secondes à tâtonner il finit par abandonner.

- Je croyais que j'y arriverai.

Elle leva les yeux au ciel et se leva, déambula dans le séjour où était installé le piano droit tout spécialement offert pour son dixième anniversaire.

- La musique demande beaucoup de rigueur. Du travail. Et en même temps une intuition dont tu n'es pas doté mais qui pourrait être compensée par la concentration. As-tu répété ton solfège et fait tes exercices ?

Goulven baissa la tête.

- J'en étais sûre ...

- Mais je n'y arrive pas tout seul.

- Persévère !
Le soir venu, la préceptrice avait été retenue à diner à la table familiale. Ce n'était pas souvent qu'il y avait des invités, mais il semblait que Yannick Le Guerrec s'était pris de sympathie pour elle.

- Alors arrivez-vous à apprendre quelque-chose à cette tête de bois ma chère ? Demanda t-il avec ironie.

- Difficilement, confessa t-elle. Je crois que votre fils n'a pas le gêne de la musique. Je veux bien m'efforcer de continuer à lui apprendre mais je risque de vous coûter... Encore plus cher ?

Pas une seule fois la sorcière ne doutait de ses capacités de pédagogue. A coté d'elle, Elaine se tendait.

- Il n'y a pas de mal à ne pas avoir de talent pour la musique. Goulven peut exprimer les siens au travers de bien d'autres activités.

- Comme raconter des histoires qui n'ont ni queue ni tête ... Dit-il avec sarcasmes.

Goulven se ramassa encore plus sur sa chaise si c'était possible.

- Des histoires sur Merlin et des dragons qui partent en guère. Et je vous fait grâce de sa version de Don Quichotte. Celle dans laquelle les moulins sont des Trolls.

Elaine baissa la tête, à l'instar de son fils. Aller contre son mari surtout devant cette femme si fière c'était au dessus de ses forces.

- Puis je quitter la table ? J'ai mal au ventre.
Sans attendre l'autorisation, il sortit.

- Un peu de salade verte Bénédicte ?

Près de dix-sept ans s'étaient écoulé depuis ce jour où Goulven avait brûlé ses histoires et avait cessé d'écrire des choses fausses. Elaine se tenait à cette même place, dans cette même positon les yeux grands ouverts. Devant elle, un parchemin etait enroulé et on pouvait voir sur ses joues un sillon salé qui pouvait témoigner du fait qu'elle avait pleuré. Elle venait d'interroger son époux sur le contenu de cette lettre de l'ancienne professeur de piano de son fils, dans laquelle celle-ci dévoilait la relation adultère qu'ils avaient eu sporadiquement. Mais aussi les autres ... L'homme qu'elle croyait connaître lui avait menti avec un aplomb incroyable pendant des années. Comment pourrait-elle lui pardonner, supporter qu'il la touche et même qu'il la regarde ? Elle n'avait jamais voulu voir cette vérité alors qu'elle en avait eu des preuves sous les yeux. Et dire qu'elle l'avait laissée dénigrer son fils à sa propre table ! Elle était dévastée. Comment s'en remettre, cette fois qui était celle de trop ?

- Maman ! S'écria un juriste qui revenait de Paris en faisant irruption dans le salon. Mais la vision de sa mère l'arrêta net. Pourquoi pleurait-elle ? Quelqu'un était mort ?
La femme se redressa et accrocha son sourire à ses lèvres.

- Goulven ... Tu restes dîner ce soir ? Ton père travaillera tard ...ne ... Non ne lit pas ça.

Parce qu'il avait deviné que comme d'habitude sa mère ne parlerait pas il avait décidé de s'enquérir de lui-même du contenu du parchemin dans lequel se trouvait certainement inscrit la cause du chagrin qui avait mouillé ses joues. Ce qu'il lu lui fit l'effet d'une bombe.

- C'est ... Un mensonge ? Dit-il sans y croire. Les larmes étaient revenues sur les joues d'Elaine qui lui arracha le parchemin des mains.

- On ne lit pas le courrier des gens. Lui répondit-elle d'un ton sec.
Le jeune homme leva les yeux au ciel et finit, à force d'insister par apprendre que les liaisons extra conjugales relatées dans cette missive vengeresse étaient toutes réelles. Une fois qu'elle eut commencé à parler, Elaine fut incapable de s'arrêter. Elle ne cessa que lorsqu'elle vit dans le regard de son fils combien il était mortifié.

- Je suis désolée ...

Agacé il tapa la table du plat de la main.

- Pourquoi tu t'excuses de ça ? Il t'as trompée pendant des années ... Et tu viens de me dire qu'en prime ce genre de chose était déjà arrivé par le passé et que ... Tu le savais. Pourquoi tu restes avec lui ?

Mais elle était incapable de parler. Pour lui dire quoi ? Qu'elle aimait cet homme probablement plus qu'il ne l'aimait ? Qu'elle n'avait jamais été capable de briser l'image du père que son fils aimait et admirait plus que quiconque ? Qu'elle ne s'était jamais senti la force de briser sa famille et les espoirs ainsi que la carrière de son fils en le quittant ? Et aussi combien elle avait honte.

Goulven comprenait tout ça, il prit celle qui l'avait si souvent rassuré, bercé et consolé dans ses bras, ébranlé par son chagrin et ses révélations.

- Goulven, mon chéri. Tu me raconterais une de tes histoires ? Dit-elle avec des trémolos dans la voie quand elle fut de nouveau capable de parler.

- Je sais pas faire, Maman. Je sais plus.

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Jeu 11 Juin - 22:33

« J'ai essayé de te faire confiance ... vraiment, je te jure que j'ai essayé. Mais là ... je n'y arrive pas. »

Allongé dans son lit, serrant l’oreiller sur lequel il y avait encore son odeur, Goulven avait les yeux grands ouverts et ne parvenait pas à trouver le sommeil. Plusieurs fois, il s’était relevé, et plusieurs fois il avait tenté de lui écrire.
En vain.

Aucun mot ne sortait, une vraie angoisse de la page blanche. Il avait fini par poser son porte-plume et rouler son parchemin en boule, de rage, même s’il n’y avait rien d’écrit dessus, juste parce qu’il témoignait de sa déchéance.
Jamais de mémoire, l’avocat n’avait été dans un tel état après une … embrouille. Il était impensable de parler de rupture, elle ne le lui avait pas dit ! Il refusait d’y croire. Lui, d’ordinaire si sociable était devenu taciturne. Il s’était mis à travailler de manière forcenée, mais inefficace …

Il n’avait eu d’autre option que de tout faire pour la croiser. Il savait quels endroits elle aimait, connaissait un peu ses habitudes, alors il s’était mis à traîner du côté de l’Île de Vermeil, là où serpentait l’Argentine.
Il serrait les dents, tentant de préparer mentalement ce qu’il voudrait lui dire lorsqu’il la verrait, mais là non plus, rien ne lui venait. Pourtant, il faudrait bien qu’ils se parlent à nouveau, ça ne pouvait pas finir comme ça, c’était une méprise. Ses pensées tournaient en rond, ne donnaient lieu qu’à une réflexion stérile, le manque de sommeil n’arrangeait pas son cas.

Alors qu’il marchait le long de l’Argentine il crut voir le reflet de sa belle à la surface de l’eau.

- Ine ?

Ou bien était-ce au fond ?

- Ine !!!

Sans réfléchir, il entra dans la rivière et s’arrêta, l’eau à mi-cuisse, pensant avoir halluciné. Mais il resta un moment, comme ça, à regarder le fond du cours d’eau. Son absence le rendait-elle fou au point d’avoir l’impression de la voir partout même au fond d’une rivière ?
Soupirant et se frottant les yeux, il se sentit soudain las. Il s’arracha des eaux tièdes de l’Argentine et se sécha, au moment où une voix amie l’interpellait. Etait-ce encore une hallucination ?

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
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Cause I miss you baby and I don't want to miss a thing”
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Sam 1 Aoû - 22:12

Se référer au Double Date : http://incendio-rpg.forumactif.org/t301p15-double-date-yngvar-irmine-elyon#3296

"Y a un gars qui git sur le carrelage des toilettes. Il est lamentable, pitoyable, il fait peine à voir. Mais la vision même de ce mec étalé par terre sur un sol poisseux recouvert d'une substance non identifiée est pathétique. Il s'est pris un coup dans les burnes par la petite brune qui vient de sortir. J'sais pas ce qu'il lui a dit ou fait mais à sa mine il ne l'a pas volé. Attend, non mais je rêve ou bien ? Il est dans les toilettes des femmes en prime. Je ne sais pas à quoi il pense mais j'aimerais bien le savoir. Ça ne t'arrive jamais, toi, de te demander ce qui a bien pu amener quelqu'un dans la situation dans laquelle il se trouve ? Non ? Jamais ? Moi tout le temps. Ça ne me regarde pas mais ça vaut ce que ça vaut, ça me fait rire et je constate qu'il y a pire que moi. Je vais te dire ce qui l'a amené là : C'est une peine de coeur.

Oui, ça peut vous mettre en vrac, vous renverser le cœur, la tête à l'envers et tout ce que tu veux, même te rendre gaucher, j'en mets ma main à couper. Tu vois là ses yeux ? La couleur qu'ils ont ? C'est le regret. Il regrette un truc aussi durement qu'il a hurlé le jour de sa naissance. Ça pue a pleins nez le mec qui avait tout pour être heureux, une femme formidable aussi belle qu'intelligente. Et une déesse au lit, ça va de soi. A tous les coups, ce type n'a pas su voir sa chance et il a tout gâché. S'il est à plaindre ? Non, pas vraiment. Il ne peut s'en prendre qu'à lui même. Des gars comme lui qui foutent tout en l'air, je pense que le carrelage de ces toilettes a dû en voir d'autres.

Il marmonne, il parle bas, on entend pas bien. Attend, je m'approche. Quoi, curiosité malsaine ? Eh, ce n'est pas moi qui ait posé la question. Tais-toi que j'écoute."

"Vous n'en avez pas marre de parler à tort et à travers ? Sans savoir ? Pourtant vous avez raison. Ça me fait mal de l'admettre mais vous avez raison. Vous avez dû en voir défiler des tas, des types aux noix broyées étalés par terre. Quoi, si c'était elle ? Bien sûr que non. Elle n'a rien à voir avec Ine, elle, c'est une brute. Ma belle est douce. Quand elle vous touche, ça fait comme un souffle frais et ses yeux, si vous arrivez à les capturer un jour vous vous y perdriez aussi sûrement qu'il n'y a pas que du whisky dans ce verre.
J'ai toujours été dans l'erreur avec elle. On dit que l'enfer peut être pavé de bonne intention et je me cache derrière cela, des bonnes intentions. En fait, depuis le début, c'est moi qui ait besoin d'elle. Sans son amour je ne suis rien, elle me faisait devenir une personne à peu près bien. Vous savez pourquoi ? Je n'ai jamais supporté de voir le moindre sentiment hostile à mon égard dans son regard. Ça me va bien, de dire cela, c'est moi qui l'ait blessée. Une partie de moi lui donne le droit de me quitter, m'ordonne de ne pas la forcer, me dicte de l'attendre ... Mais l'autre, celle qui n'est que douleur, elle me conduit à la retenir, me donne l'envie de me jeter à ses pieds .... De pleurer, de m'humilier proprement pour qu'elle reste. Je n'ai plus aucune fierté. Regardez, je me suis fait étaler par une dingue, même si je ne l'ai pas volé.

Vous voulez que je vous dise ? J'ai compris. Cette douleur-là à côté du fait de la perdre c'est rien du tout. Je ne peu pas, je ne dois pas. Je voudrais être cet homme, capable de se lever, marcher vers elle l'enlacer, lui donner les excuses qu'elle mérite, s'amender. Je voudrais avoir de nouveau le droit de l'embrasser, lui dire que je l'aime et de faire l'amour avec elle.
Il suffit de le vouloir pour pouvoir. Vous croyez à cette ... Putain de connerie ? Elle a sa volonté propre et obéit à des lois. C'est présomption que de se dire qu'on la mérite.
Mais c'est un fait, je l'aime. Oui, je l'aime et je mourrais pour elle comme je tuerais. Je ne vois pas ma vie sans elle, même s'il ne doit me rester qu'elle ce ne sera pas un choix difficile à faire.
Poussez-vous ... Mais poussez-vous, vous dis-je. Ne vous mettez pas entre elle et moi. Jamais.

Ma vie n'a de sens que si je peux la passer à ses côtés ... Ine ... Attend. Regarde moi et je t'en supplie, entend-moi, ne me repousse pas, cette fois.

- C'est vraiment ce que tu veux ?

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Mar 24 Nov - 18:53

Il était toujours assis dans le même coin de la bibliothèque, c'était assez rare que des élèves prennent cette place tant ils étaient habitués à ce que le délégué de Cerva l'occupe. Il était seul, pour l'instant, mais ça n'allait pas durer parce que Goulven ne restait jamais bien seul très longtemps.

En tous cas pour le moment il avait le nez plongé dans un livre d'histoire et il faudrait au minimum que le palais qui abritait l'académie s'écroule pour qu'il daigne lever les yeux des "Grands Sorciers souverains du Royaume de France", ou l'arrivée de la fille qui lit.
Elle entra à ce moment là et prit place à la table d'études voisine. Son livre à elle n'était pas compréhensible si on était pas un peu initié aux runes anciennes. Ses cheveux tombaient en cascade de chaque côté de son visage et elle plongea les yeux dans les pages jaunies de son grimoire. Il posa sur elle son regard bleu et l'observa, délibérément. Sans crainte. Elle ne levait jamais les yeux de toutes façons ... et comme d'habitude, il laissa son esprit divaguer.

"Goulven !"

Il sursauta, manquant de renverser son encrier.

"Faustine ..." dit-il en retrouvant son sourire. "Tu fais quoi ?"

La jolie blonde qui avait troublé la quiétude du sorcier avait l'air passablement contrarié.

"Je t'attendais figure-toi. On avait dit que tu viendrais me voir à la répétition de l'orchestre et après qu'on irait prendre un verre à Bois-Dore, je voulais te présenter à mes amies."

L'adolescent se decomposa. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait faux bond à sa petite amie de la sorte. Mais comment lui dire que lire l'intéressait bien plus que l'idée d'être présenté à sa belle famille par procuration ? Les répétitions de l'orchestre, n'en parlons pas. Goulven s'y ennuyait toujours beaucoup et s'arrangeait pour être présent au début et à la fin, juste pour faire acte de présence.

"Je suis désolé, en fait j'avais un devoir à finir, ça m'était sorti de la tête."

L'excuse était recevable car il était de notoriété publique que Goulven fut probablement un des élèves les plus étourdis de sa promotion.

"C'est ça. Avec Lucila ?"

Et Faustine, l'une des plus jalouses, attitude qui commençait à exaspérer le Cerva qui soupira. Ils allaient encore avoir une énième discussion sur sa fréquentation avec la jolie Noctua qui était sa meilleure amie et que Faustine ne supportait pas. Ses yeux verts l'auraient tué sur place s'ils avaient pu tirer.

Il rangea son livre et quitta la bibliothèque sans même lui prendre la main cette fois, il enfonça les siennes dans ses poches.
La déléguée de Lutra le suivi en courrant presque.

"Quoi, qu'est ce que j'ai dit, j'ai juste demandé si tu étais avec Lucila !"

"C'est ça, bien sûr"

"Tu ne réagirais pas comme ça s'il n'y avait rien entre vous. Met-toi à ma place Goulven ... tu oublies nos rendez-vous, tu ne t'intéresses même plus à ce que je fais et en plus, c'est pour traîner avec elle."

Arrivés dans un lieu plus propice à la dispute, Goulven se retourna vers sa petite amie, il avait perdu son sourire.

"Oui bah ... Je suis désolé, j'ai oublié. Et ça n'a rien à voir avec Lucila, parce que comme tu as vu : j'étais tout seul."

Mais c'était presque pire pour Faustine, plus facile d'accepter qu'une sale pimbeche de sirène de Noctua essaye de vous piquer votre copain après une longue relation de deux mois plutôt que de se dire que celui-ci s'éloignait sans raison.

"Tu vas devoir choisir ... c'est moi ou elle."

Après avoir levé les yeux au ciel, Goulven s'éloigna de quelques pas et lança :

"Salut, Faustine."

Et ainsi prit fin cette petite amourette qui serait vite oubliée. Exaspéré, le Cerva pestait qu'il avait perdu du temps et qu'il avait maintenant à peine un moment pour dîner avant d'aller faire sa ronde de délégué pour ensuite finir un devoir en Metamorphoses.
La journée se termina ainsi, comme elle avait commencé, dans une routine qui lui plaisait bien. Goulven n'aimait pas tellement les imprévus.

C'est alors qu'il effectuait son tour près de la salle de magie défensive quand il entendit un bruit léger. Quelqu'un était sûrement sorti alors que c'était interdit. Il n'était pas de ces délégués inflexible, il se permettrait juste un rappel aux règles avant de remonter vers Cerva pour travailler.
La provenance du bruit était difficile à identifier, la personne qui enfreignait le règlement était très precautionneuse. Aussi, il se dissimula dans une alcôve et attendit que le contrevenant passe devant lui parce qu'il n'aurait pas le choix. Deux minutes passèrent et un bruit de pas se fit entendre. Alors qu'il allait sortir de sa cachette au moment où elle entrait dans son champ de vision, son coeur rata un battement et sa vue le paralysa littéralement. C'était elle ... il en était sûr ! Les même cheveux chatains ondulés, la même silhouette fine et élancée. Elle marchait d'un pas aérien et regardait precautionneusement autour d'elle ... mais l'obscurité l'empêchait de distinguer son visage. Il ne l'a vit que furtivement, quelques secondes et elle disparu, insaisissable, en laissant le jeune homme pantois et hébété pendant plusieurs secondes. Son coeur resonnant dans ses tempes, il agrippa le bord de son blazer et serra les dents, se décidant enfin à sortir pour marcher sur ses traces mais c'était trop tard, elle était partie. Ébranlé, il reparti vers les quartiers de Cerva, passablement distrait par cette rencontre inopinée il en oublia même de se mettre à son devoir ensuite. Aimerait-il un jour une autre fille autant qu'il aimait cette inconnue de la bibliothèque ? Rien n'était moins sûr et il sentait dans son jeune coeur qu'elle l'avait marqué. Incapable de l'aborder, son imagination sur elle était sans limites ... parfois il se sentait même totalement ridicule.

Ce fantasme était son secret et il n'en avait parlé à personne. Une part de honte, certainement. Mais aussi de pudeur.

S'il avait su que 10 ans après, il y serait encore ...
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Goulvinades   Sam 5 Déc - 0:49

Le soleil se levait et inondait la petite chambre de l’appartement de Lucila, baignant le lit de la sirène d’une lumière éclatante. Paisiblement endormie, un sourire tranquille sur les lèvres, blottie dans les bras d’un jeune homme, il était aisé de se dire que cette demoiselle devait avoir une vie parfaite. Elle respirait le bonheur, elle avait l’air heureux.
Et pourtant dans quelques temps, elle serait célibataire.

~~~
Ces derniers mois avaient été difficiles entre eux alors qu’il avait été pendant longtemps de notoriété publique que Goulven et Lucila étaient des amoureux exemplaires. Qu’attendaient-ils pour se marier et fonder une famille ? Ils étaient si bien assortis. Ils étaient un peu jeunes, certes, mais leur complicité faisait leur force et ils s’en sortiraient dans la vie.
Si dans la famille de Lucila, la nouvelle d’un mariage à venir avait été accueillie avec joie, il n’en était rien du côté de Goulven. La pression familiale avait eu raison de ce projet et c’est lors d’une soirée terrible qu’ils avaient décidé ensemble de l’annuler. Goulven ne pouvait pas choisir entre sa famille et sa dulcinée, Lucila répétait sans cesse qu’il ne fallait pas nécessairement être marié pour être heureux.
Mais c’était là que les choses avaient commencé à se gâter. Elle lui en voulait, au fond d’elle, elle lui en voulait. Il n’était pas capable de se battre pour elle, n’avait pas pu tenir tête à ses parents, à aucun moment n’avait défendu son amour pour elle. Et lui quelque-part, blessé qu’elle s’accommode aussi vite de la situation, que le mariage n’ait apparemment pas tant de valeur que ça pour elle.
Alors, ils avaient convenu qu’ils resteraient comme ça. Pour le moment. Goulven vivait toujours chez ses parents, passait le plus de temps possible chez Lucila qui comme toujours, respirait la joie de vivre. Médicomage depuis peu de temps, la belle hybride menait sa vie comme avant, comme si son mariage n’avais jamais failli avoir lieu. Elle avait la chance d’avoir un travail qu’elle adorait, un amant qui l’aimait.

C’était ce qu’elle croyait.

~~~

Elle ignorait tout de ce qui se jouait dans la tête du jeune homme qui l’embrassait, la prenait dans ses bras et dormait à côté d’elle. Il n’y avait pas eu d’évènement particulier, à l’origine de cette remise en question, une simple prise de conscience à la suite de ses fiançailles avortées. Aimait-il Lucila autant qu’elle le méritait ? Plus dur encore : l’avait-il aimée un jour ?
Avant de devenir sa petite amie puis son amante, Lucila avait été sa meilleure amie. Mais de voir un jour le délégué de Cerva déambuler dans les couloirs de l’Académie, la main dans celle de la déléguée de Noctua, n’avait surpris personne. Ils étaient toujours ensemble ! Ils avaient attendu longtemps avant de concrétiser leur amour, leur attachement, leur affection. Pas trop tôt !
Et puis la suite logique, après les examens, ils étaient restés ensemble, la demande en mariage du jeune homme était venue au bout de quelques années. Elle avait accepté, ce qui était l’effet attendu et si l’annulation de la cérémonie avait été un coup dur, ils l’avaient surmontée. Du moins, c’était ce qu’ils avaient fait croire.

Cet évènement avait eu raison des derniers sentiments de Goulven. Lucila ne lui imposait rien, elle s’accommodait de tout … pourquoi se battre ? Et puis cette drôle de routine. Ces ballades non loin de chez elle, ces journées sans surprise. Où était la passion des premiers temps ? Avait-elle été là ou n’était-ce qu’une image poétique à laquelle il s’était raccroché ?
Il avait fini par réaliser, au prix de nombreux effort, que peut-être il ne l’avait jamais aimée. Du moins, pas passionnément … Il avait essayé de s’y faire. Pour elle, c’était certainement pareil … L’amour fou … c’était juste romanesque, au fond.

Puis le temps était arrivé où la lassitude l’avait gagné. Il rentrait plus souvent chez ses parents, attendait le moment de la voir avec moins d’impatience et s’ennuyait même parfois avec elle. Même son désir d’elle s’amenuisait.

C’était ce matin-là, alors qu’il la regardait dormir sans s’émouvoir, que d’une certaine manière, il avait réalisé qu’il n’avait jamais aimé Lucila comme un amant, mais comme un ami. Qu’il avait fait l’erreur d’apparenter le sentiment d’amour à un fort besoin d’affection. Il s’était dégagé d’elle et avait voulu se tourner vers l’autre côté pour chercher le sommeil, mais elle s’était réveillée, l’avait pris dans ses bras et leur journée avait commencé pour finir sans surprise.

Déclarer ses sentiments, c’est une chose difficile. Avouer qu’ils ne sont plus là, chose impossible. Leur vie à deux avait continué comme ça.

~~~
Un beau jour, Goulven avait fait son sac et quitté Lucila sans l’embrasser. Et Lucila avait compris, leur relation avait pris fin et se mentir plus longtemps ne servait à rien.


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Goulvinades

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