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 Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”   Lun 8 Juin - 8:10

Adossé contre le mur livide, Goulven tordait ses doigts nerveusement. Il lui sembla à un moment que la discussion s'anima à l'intérieur de la pièce mais il ne pouvait pas distinguer nettement les paroles. Toutefois, il entendit le venin de Lucila mais c'est le son de la voix de sa belle qui le ramena à la réalité.
Il avait mis des mois à gagner son amour et sa confiance, il ne pouvait pas décemment laisser une méprise détruire cela ... Il ne pouvait pas continuer à attendre et à être spectateur de ce qui se jouait dans sa propre vie. Si elle lui avait permis d'apprendre une leçon, c'était bien celle-ci.

S'il ne tentait pas de la retenir alors il ne la méritait pas. Mais la naïade était comme un filet d'eau et il aurait beau serrer les doigts qu'elle le fuirait si elle l'avait décidé. Mais c'est animé de la certitude que son inertie serait durement sanctionnée qu'il entra au moment ou les deux êtres de l'eau se fusillaient du regard. Il n'était pas malaisé de deviner l'objet de leur querelle, qui devait être ce qu'il y avait - ou avait eu entre le sorcier et l'hybride.

Il revint sur le seuil de la porte de la chambre au moment où Irmine disait à Lucila que ses histoires - quelles histoires ? - Ne la regardaient pas. Et bien qu'il ait eu l'intention d'entrer pour rejoindre la jeune femme, l'invective de Lucila le cloua sur place. Jamais il ne l'avait entendue aussi venimeuse, proférer des accusation aussi injuste, et parce qu'elles étaient pour Irmine, il les prenait aussi pour lui. Il en était abasourdi !

Là encore, il ne sut que répondre. Un verre d'eau se renversa sur le sol et s'écrasa en fumant - il n'avait pas remarqué qu'elle était chaude.

Irmine quitta la pièce et passa devant lui. Il la suivit, bien décidé à ne pas la laisser partir sans avoir eu une explication.

- Ine ...

Elle ne se retournait pas.

- Irmine !

- Comment a-t-elle retrouvé ses souvenirs

Mais il se doutait bien qu'il y avait une autre question derrière celle-ci. Il ne put lui répondre car une Médicomage, alertée par le bruit qui provenait de la chambre de la patiente était arrivée et leur demanda de partir, sans plus de cérémonie.
Goulven, en cet instant, n'avait aucune empathie pour Lucila, bien qu'il se sentait toujours responsable, cela n'excusait en rien son attitude et la dysenterie verbale dont avait été victime la bibliothécaire.
Depuis le début de cette journée, il avait estimé faire ce qui était bon. En aidant Lucila pour commencer, puis en accompagnant Aaron, et enfin en faisant ce que la Médicomage lui avait dit de faire. Il n'avait pas été question que d'eux aujourd'hui c'était faux.

Il s'approcha d'elle et avant qu'elle ne puisse filer si elle en avait eu l'idée et l'envie, ils transplanèrent sur un promontoire qu'ils connaissaient bien tous les deux. Goulven découvrait l'endroit en même temps qu'Irmine ... Il n'avait pas du tout anticipé qu'ils arriveraient ici. C'était son nouveau Saint Malo, un endroit qui lui apportait du réconfort en toutes circonstances.

Il lâcha la main de sa belle qui attendait toujours une réponse. Il ne pouvait pas se cacher, il n'en avait d'ailleurs aucune envie. Cette fois il n'y avait pas lieu de dissimuler ses erreurs derrière de belles paroles et de grands principes, il devait la vérité à Irmine, sinon comment ne pas lui donner des raisons de douter ?

- Elle m'a embrassé. répondit-il simplement, parce qu'il n'y avait rien de plus à ajouter. Néanmoins, il se permit d'ajouter :

J- Ine ... Ecoute moi ... S'il te plaît. Je regrette de ne pas d'avoir parlé de mon passé avec Lucila, je ne me figurais pas que vous étiez amies. Il aurait été préférable que tu l'apprennes de moi et non de quelqu'un d'autre ... Je ne suis pas fier de ça, j'en ai même honte. Et je me figurais que cette histoire appartenait au passé mais apparemment, pas pour tout le monde.

Il se mordit la lèvre et marqua une pause. Irmine ne pourrait pas comprendre si elle n'avait pas toute l'histoire.

- J'ai ... écouté ce que la Médicomage a dit parce que ... Je ne savais pas quoi faire pour l'aider. Si elle en est là, c'est en partie de ma faute : j'étais son commis d'office. Elle a eu des problèmes avec une potion, en soignant un élève dont la famille a porté plainte. Je n'ai pas su lui éviter ces travaux d'intérêt généraux durant lesquels elle s'est probablement fait agresser ... Je me sens responsable. Son dossier fait partie de ceux que j'ai garder pour faire appel aux décisions.
Cet après-midi je travaillais dessus, Aaron est arrivé à ce moment là et ...


Un sourire crispé, il détourna les yeux une seconde.

- Je ne savais pas que je prenais autant de place dans leur vie. Pour moi, Lucila appartient au passé, il n'y a plus rien. Il n'y avait plus rien, bien avant que je te rencontre.

Il la regarda de nouveau.

- Je ne voulais pas d'ambiguité plus qu'il n'y en avait déjà. J'ai lâché sa main et, en dépit des conseils de la Médicomage qui me disait qu'il ne fallait pas la brusquer et la laisser d'elle-même dérouler ses pensées, au risque de lui causer un choc encore plus grand, j'ai choisi de lui déballer la suite, la fin de notre histoire.
Ensuite je me suis levé, je lui ai promis que je n'interviendrai plus dans sa vie.
Elle m'a retenu et elle m'a embrassé. J'ai été surpris, je ne m'attendais pas à une telle réaction de sa part ... La mémoire lui est revenue à ce moment-là.


Quelques secondes de flottement. Goulven avait confessé tout cela à Irmine sans baisser les yeux une seule seconde.

- Ce n'est que la vérité, Ine ... Une méprise, depuis le début. J'ai eu tort en pensant que je pouvais continuer à les aider. J'aurais tort si je me figurais que je suis en droit de te demander de ... je ne sais pas, de comprendre, de me croire ? Je ne sais pas comment réparer ça.

Je ne l'ai pas embrassée ... Irmine, je l'ai repoussée tout de suite, dès que j'ai réalisé ce qui se passait. Il n'y a que toi ...


Ce n'est que la vérité,
répéta t'il. Je suis incapable de te mentir. J'ai bien manqué de courage, parfois, pour être capable de te révéler certaines choses, mais je ne pourrai jamais te duper.

La voix étranglée sur ces dernières paroles, il serra les dents. Son sort était entre ses mains de la belle bibliothécaire maintenant. Il ne pouvait pas lui demander d'accepter et de passer l'éponge sur ce qu'elle avait vu ou cru voir ...[/b][/color]

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
I don't want to close my eyes, I don't want to fall asleep,
Cause I miss you baby and I don't want to miss a thing”
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”   Mar 9 Juin - 0:59

[Soundtrack : https://www.youtube.com/watch?v=dFpik65q1-g&list=RDdFpik65q1-g&index=1 ]

Il y avait des endroits plus propices à une scène de ménage qu'un hôpital, et une médicomage le leur rappela sèchement en leur demander de partir immédiatement. Irmine n'eut pas le temps de répondre ni de faire un pas, que Goulven l'emmenait en transplanage d'escorte dans un lieu bien particulier.
Elle se retint de lui dire que cela devenait une sale habitude, de l'emmener quelque part sans lui demander son avis, car obtenir la réponse à sa question était plus importante.
Elle voulait savoir !

- Elle m'a embrassé.

Finalement, peut-être aurait-elle préféré ne pas savoir. Elle avait eu sa réponse, celle qu'elle avait espéré ne pas entendre. A ces mots son visage se ferma complètement, tout comme son coeur. Goulven dut le remarquer, car il bégaya en commençant à s'expliquer...sauf qu'Irmine ne voulait plus rien entendre !
Cependant, l'avocat était impossible à couper. Il parlait, parlait, parlait...et la naïade avait beau ouvrir la bouche pour marquer qu'elle avait aussi des choses à dire, elle ne pouvait pas en placer une. Cela ne fit que l'énerver d'avantage.
Finalement, elle le coupa alors qu'il lui disait être incapable de la tromper.

- Hold kjeft !, s'exclama-t-elle en norvégien.

Même si Goulven ne le parlait pas, il comprendrait sûrement malgré tout qu'elle lui disait de la fermer. Les jurons venaient à Irmine automatiquement dans cette langue.
Jamais elle ne l'avait regardé avec une expression aussi froide, et peut-être était-ce pire encore que de l'avoir ignoré dans la chambre. La jeune femme était blessée, et des barrières qu'elle croyait brisées à jamais s'étaient relevées aussitôt.

- Tu l'as repoussée, vraiment ? Ce n'est pas ce que j'ai vu ! Moi, j'ai vu Lucila te lâcher le col et se rejeter en arrière. Alors que dois-je croire : les paroles d'un avocat habitué à jouer avec les mots, ou ce que mes propres yeux me suggèrent ?

S'il n'y avait eu que ce baiser, peut-être se serait-elle laissée convaincre...mais avant cela, il y avait eu la scène qui avait mis Aaron hors de lui.

- Je ne crois pas que la médicomage t'ait demandé de lui tenir la main et de t'approcher autant d'elle. Aux dernières nouvelles, il est possible de discuter sans se toucher...alors je ne vois pas pourquoi tu avais besoin de rentrer dans son jeu ! As-tu idée de ce que j'ai ressenti en voyant ça, en l'entendant te dire qu'elle t'aimait et en te voyant l'écouter sans la contredire ?

Irmine fronça un peu plus les sourcils pour ne pas laisser des larmes envahir ses yeux. Elle n'était pas d'un naturel jaloux...mais il y avait quand même des limites !

- Non....tais-toi, laiss-...tais-toi, je te dis ! Tu parles, que c'est de l'histoire ancienne ! Apparemment, c'est vite revenu de son côté...et du tien, tu sembles bien obstiné à vouloir ingérer dans la sienne. Son commis d'office...la belle affaire ! Niveau déontologie professionnelle, tu repasseras !

Les intentions de Goulven étaient probablement les meilleures mais, pour Irmine, il avait fait une grave erreur en ne voulant pas lâcher ce dossier à un autre. Surtout s'il savait apparemment qu'il restait de l'ambiguïté chez la belle infirmière. C'était encore plus insupportable pour la femme qu'il disait aimer, de savoir qu'il s'était occupé de son cas en connaissance de cause. D'autant plus qu'ils n'étaient pas restés amis après leur rupture, aux dires de Lucila !

La bibliothécaire n'en pouvait plus, toute cette tension accumulée ces dernières heures devait s'évacuer. Elle faisait quelques pas rapides, puis revenait brusquement sur ceux-ci, tournait en rond, en proie au combat qui faisait rage en elle entre ce que lui dictait sa raison et son coeur...deux conseillers bien différents ! Elle fini par s'adosser à un arbre. Remarqua-t-elle que c'était le même qui avait été témoin de leurs premières étreintes ? Non, son esprit était bien trop englué dans de sombres pensées pour cela. La colère retombait pour faire place à l'abattement.

- Je ne vois pas ce qui me prouve que je peux te croire.

Irmine avait toujours eu une confiance vacillante, qui était difficilement gagnée et si rapidement perdue. S'acharner dans une situation compliquée n'était pas dans sa nature, elle fuyait plutôt que d'affronter les obstacles et les difficultés. Elle en avait déjà sa part toute seule !

- Et même si...même si je te croyais...c'est...tout ça...c'est déjà tellement compliqué ! J'ai perdu une amie aujourd'hui, un autre va quitter le pays...si ça se passe déjà comme ça maintenant, comment sera la suite ?

Son expression trahit la profonde déception qu'elle éprouvait, ainsi que la terrible conclusion à laquelle l'amenait le déroulement de sa pensée. Elle aurait dû suivre son instinct et ne pas céder à ses sentiments !

- Je comprends la décision d'Aaron, dit-elle en baissant la tête et la voix, ça fait trop, trop à gérer.

Irmine se mordit la lèvre et cligna des yeux. Non, elle ne pleurerait pas !
Elle finit par relever la tête et planta son regard émeraude dans celui du jeune homme, de lourdes accusations au fond des yeux.

- Surtout qu'il semble que je ne peux compter que sur moi-même, étant donné que tu m'as laissée me prendre toute la haine de Lucila en pleine figure...seule.

Elle avait bien compris qu'il avait tout entendu, en le voyant l'attendre derrière la porte entrouverte, et pourtant il n'avait pas bougé. Lui qui disait vouloir alléger ses peines...

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Les Boisseuil

Le mensonge et le silence arrangent bien des drames de famille
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”   Mar 9 Juin - 2:05

Il s'enfonçait dans ses mots, se mélangeait, ne savait plus quoi dire ni quoi faire.

- Hold kjeft ! l'invectiva t'elle. Il comprit, même s'il ne parlait pas un seul mot de finnois, qu'elle lui demandais grosso modo de la fermer, ce qu'il parvint à faire quelques secondes le temps de la laisser parler.

- Tu l'as repoussée, vraiment ? - Mais oui !!!
Ce n'est pas ce que j'ai vu ! Moi, j'ai vu Lucila te lâcher le col et se rejeter en arrière. Alors que dois-je croire : les paroles d'un avocat habitué à jouer avec les mots, ou ce que mes propres yeux me suggèrent ? - Jouer avec ... Quoi ?!

Il était abasourdi par cette accusation, par le fait même qu'elle pense qu'il l'avait dupée. Qu'il jouait avec elle ... Mais il n'avait malheureusement rien de plus à dire pour sa défense, et il lui sembla qu'il valait mieux se taire pour arrêter de s'enfoncer. L'avocat était incapable de plaider pour son propre cas.
Lui redire quoi ? Qu'il n'avait voulu qu'aider ? Qu'il n'avait pas su quoi faire ? Il comprenait son sentiment, le même l'aurait animé s'il avait surpris une scène similaire entre elle et un autre homme.  

Mais elle se fourvoyait quand elle pensait que Lucila n'était pas sortie de son coeur, c'était d'ailleurs pour cela qu'il avait du mal à comprendre qu'il était toujours autant présent dans celui de la sirène en dépit de sa relation avec Aaron. Goulven quant à lui, était tellement épris d'Irmine qu'il n'était même pas envisageable qu'il songe à une autre femme qu'elle.

Elle cessa enfin de tourner et s'adossa contre l'arbre contre lequel ils s'étaient embrassé avec beaucoup d'intensité la première fois. Goulven, accablé par les accusation qu'il était incapable de réfuter tourna les yeux et s'adossa au même arbre, faisant dos à la naïade. Il regardait un point imaginaire entre ses pieds. Mourait d'envie de la prendre dans ses bras, de lui murmurer qu'il l'aimait, qu'il n'y avait qu'elle.

- Je ne vois pas ce qui me prouve que je peux te croire.

Rien à répondre, il avait déjà raconté les faits tels qu'ils s'étaient déroulé, il ne pouvait rien ajouter si elle refusait de le croire, mais c'était à lui de dissiper ses doutes sur ses intentions, seulement il ne voyait pas comment. Tout ce qu'il dirait, ou ferait, serait retenu contre lui.
Elle lui faisait comprendre qu'elle était bien remuée par ces derniers évènements, et d'autres qui se jouaient dans sa vie.

Comme elle baissa la voix, il dut se rapprocher pour l'entendre. Elle regardait à présent vers le sol. Alors il revint près d'elle, chercha son regard, en vain. Il était résigné à le fuir, comme au début, comme lorsqu'il l'avait rencontré et qu'il ne parvenait pas toujours à capturer l'étincelle dans ses yeux.


- Surtout qu'il semble que je ne peux compter que sur moi-même, étant donné que tu m'as laissée me prendre toute la haine de Lucila en pleine figure...seule.

Comme il l'avait deviné, son inertie serait durement sanctionnée. Avec elle, ça avait toujours été le cas. Il n'avait, là non plus, rien à dire pour sa défense, il était coupable de n'avoir pas su se mettre entre elles. Il avait été pris de court, abasourdi par les propos venimeux de Lucila. Elle jugeait durement les gens qui la blessaient, mais il était ignorant à propos de tant de choses qu'il ne l'avait pas vu venir.

Il laissa le silence flotter quelques secondes. Elle avait raison. Lucila lui avait dit des choses très dures et il n'avait pas su intervenir.

Doucement, il laissa sa main glisser vers la sienne et l'entoura de ses doigts. Elle ne le repoussait pas, mais ne répondait pas à son geste non plus.

- Elle ... elle n'aurait jamais du ... te dire ça. Dit-il d'une voix mal assurée, qu'Irmine n'avait jamais entendue avant. C'était injuste, méchant et infondé.

Parce qu'elle n'était pas seule. Elle avait ces amis dont elle lui parlait parfois et il était là aussi, même s'il l'avait laissée seule.

- Je suis désolé, dit-il imprégné de sincérité.

Il serra sa main et en caressa le dos avec son pouce.

- Je n'ai pas de preuve, continua t'il, toujours hésitant, sachant que le moindre mot mis de travers pouvait le faire trébucher aussitôt. Mais pourquoi t'aurais-je confesser cela si c'était pour te mentir ensuite ? J'aurais eu tout intérêt à te faire croire à autre chose, je ne l'ai pas fait.
Mais j'ai manqué de discernement c'est vrai.


Il soupira tristement. Il se retenait de l'inciter à relever la tête pour qu'elle le regarde, mais ne pouvait la forcer en rien. Là, c'était elle qui tenait leur avenir entre ses mains.

- Je t'aime Ine ... Il n'y a que toi ... regarde moi, je suis incapable de te mentir.

Ses dents se serrèrent, il hésitait à nouveau. Son coeur menaçait d'exploser, il posa doucement son front contre le haut de sa tête.


- Et de vivre sans toi.

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“I could spend my life in this sweet surrender,
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”   Mar 9 Juin - 4:07

[Soundtrack : https://www.youtube.com/watch?v=JsMqotU6GeA&index=26&list=PLb8JndaH32-BHAA9Au-OPn_qZK68cEaux ]

Irmine avait fini par détourner le regard à nouveau, ne pouvant affronter la détresse qu'elle décelait dans celui de Goulven. Cette distance qu'elle venait de réinstaurer entre eux, il tenta de la réduire en lui prenant la main...mais elle ne réagit pas, et même si elle ne s'en dégagea pas, sa main resta inerte dans celle du jeune homme.
Il avait beau prendre son parti maintenant et sanctionner les paroles de Lucila, c'était trop tard pour la bibliothécaire. Elle aurait voulu qu'il reste à ses côtés quand l'infirmière lui avait craché son venin à la face, quand elle avait fait les frais de la rancoeur que cette dernière ressentait autant contre son ex-fiancé que contre sa désormais ex-amie. Mais il avait attendu que cela soit passé. Et si Irmine se répétait que ce qu'avait dit Lucila était faux, si elle pensait de toutes ses forces à Yngvar et Elyon pour se rassurer, elle avait été touchée malgré tout.

Goulven s'excusa encore, tentant de briser ses barrières, et par instant Irmine les sentait faiblir. Au fond elle était prête à le croire ; la sincérité qui se dégageait de son ton, de sa voix tant chérie, de ses mots...la naïade l'entendait. Le problème était ailleurs.

- Je t'aime Ine ... Il n'y a que toi ... regarde moi, je suis incapable de te mentir.

Il vint délicatement poser son front contre le sien.

- Et de vivre sans toi.

La déclaration alourdit encore plus le coeur de la pauvre Irmine. Le problème était là : elle avait du mal à se convaincre qu'il n'y avait qu'elle, étant donné la place que semblait encore occuper Lucila...ou du moins ce que les événements de l'après-midi lui laissaient croire. Quelle ironie, lorsqu'on connaissait celle qu'occupait Yngvar dans la sienne ! Toutefois, pour Irmine c'était totalement différent : ils étaient parfaitement au clair sur leurs sentiments respectifs, et leur relation avait pris une tournure tellement fraternelle qu'elle ne laissait plus de place au doute. Pouvait-on en dire autant de Lucila et Goulven ? Non, définitivement pas !

Alors, Irmine eut un geste dont la portée symbolique était des plus violentes : elle repoussa Goulven en arrière d'une pression ferme de ses deux mains sur son torse. Elle n'y avait pas été fort, il avait à peine reculé de deux pas, mais pour elle ce mouvement était bien plus brutal que si elle lui avait collé une claque en pleine figure. Elle l'éjectait littéralement de son monde.

Elle s'écarta de l'arbre et du jeune homme par la même occasion, et c'est seulement après avoir mis une distance de quelques pas entre eux qu'elle consentit enfin à croiser son regard. Elle eut l'impression de sentir son coeur se déchirer en deux.

- J'ai essayé de te faire confiance...vraiment, je te jure que j'ai essayé. Mais là...je n'y arrive pas.

La voix d'Irmine était comme éteinte. Elle retombait dans son cercle vicieux en sabotant les chances de Goulven de prouver qu'il était digne de sa confiance, par peur d'être déçue. Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement écouter son désir de le croire et de passer par-dessus cet épisode malheureux ? Pourquoi faisait-elle une montagne de cet incident et le dramatisait-elle ? Pourquoi repoussait-elle si durement l'homme qu'elle aimait ? Parce que justement, elle sentait que ses sentiments pour lui dépassaient raison et entendement, et d'autant plus dure serait la chute si elle était amenée à découvrir qu'elle s'était trompée en lui accordant sa confiance. Alors elle préférait briser la promesse qu'elle lui avait faite qu'elle ne fuirait pas. Elle ne connaissait que cette façon de survivre.

- Rentre chez toi.

Elle le congédiait, sans répondre à cet amour qu'il lui professait, au risque de faillir, ne préférant pas réfléchir à ce que cela signifiait pour leur couple...quel couple ?

Avant qu'il n'ait le temps de la retenir, de protester ou de la convaincre, Irmine transplana dans ses appartements à l'Académie, là où il ne pourrait la suivre.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”   Mar 9 Juin - 17:41

Les yeux fermés, son front contre le sien, il n'attendait pas d'elle qu'elle le prenne dans ses bras, qu'elle lui pardonne. Son attitude était égoïste, il avait besoin d'elle.
Elle plaqua alors ses paumes contre son torse et le repoussa en même temps qu'elle s'éloigna de l'arbre, puis marcha quelques pas et là, enfin, il croisa son regard.

Mais il aurait préféré ne jamais voir ses beaux yeux verts teinté d'une telle défiance à son encontre. Cela lui serra le coeur.

- J'ai essayé de te faire confiance...vraiment, je te jure que j'ai essayé. Mais là...je n'y arrive pas.


- Ine ...

Elle parlait au passé et cela alerta l'avocat dont tout le corps se tendit à ses paroles. Il aurait préféré qu'elle lui mette une claque en pleine figure, ça aurait été moins douloureux que ...

- Rentre chez toi.


- Hors de question ... Irmine !

Il s'approcha d'elle pour tenter de la retenir mais cette fois, la naïade fila sans qu'il n'eut le temps de la toucher. Sa main se referma dans le vide, l'autre s'abattit violemment sur le tronc contre lequel elle s'était adossé, dans un geste parfaitement inutile.
Serrant les poings, tournant en rond sur le promontoire où leur amour s'était embrasé pour la première fois, c'était une toute autre sorte d'incendie qui le ravageait maintenant. Colère, tristesse, et même, rancoeur.

Il finit par s'accroupir au bord du vide et visa sous lui l'étendue des eaux grises qui venait mourir contre la roche dans un fracas d'écume. Puis sa vue se voila.

- Bordel de merde !


Il essuya rageusement ses joues sur lesquelles des larmes roulaient. Il s'en voulait, elle avait raison, et il n'avait aucun courage. Aucune volonté, mais surtout aucune volonté de vivre sans elle.

Pire que tout, elle lui avait dit de partir, mais elle ne lui avait pas dit que c'était terminé et il ne voulait pas le croire. Pas une seule seconde.

Il se releva et fît quelques pas. Vit en pensée sa belle se retournant, se vit s'approcher, prendre ses lèvres avec fougue, bouffer son cou de baisers, couvrir son corps de caresses brûlantes.

Fou ... il devenait fou à la simple idée qu'elle ne soit plus dans sa vie.
Prenant une profonde inspiration, il sortit sa baguette et l'appuya doucement sur une branche de l'arbre, sur laquelle il fît apparaître un petit cadenas.

C'était une coutume étrange Moldue que de mettre un cadenas sur le Pont des Arts en y gravant ses propres initiales et celles de l'amour supposé de leur vie. Son geste n'avait aucun sens, comme ses pensées en cet instant, mais il se jura de revenir ici avec elle un jour, pour renouveler sa promesse. Quand il serait prêt.

En attendant, rester ici était inutile, il transplana.

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MessageSujet: Re: Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”   

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Préférons une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer.”

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