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 La politique de l'autruche

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: La politique de l'autruche   Jeu 11 Juin - 1:51

Laissez-moi vous parler de l’autruche, cette fascinante créature dont la légende veut qu’elle enfonce sa tête dans le sol lorsqu’elle est face à une situation épineuse. Justement, j’en aperçois un spécimen là-bas ! Approchons-nous donc sans bruit et observons son comportement.

Sur le palier d’une auteure de renom, dans le petit village de Bois-Doré, une jeune femme se composait un sourire léger avant de toquer à la porte. Elle ne tromperait personne avec celui-ci, ses traits tirés trahissant son manque de sommeil, mais elle ne voulait pas inquiéter son amie, qui devait déjà avoir assez à gérer de son côté avec le deuil de son père et la succession de son clan.

Irmine n’allait pas bien, et encore…c’était un euphémisme. Depuis qu’elle avait quasiment quitté Goulven sur la falaise, ou plutôt qu’elle n’avait pas eu le courage de le faire vraiment, elle dormait peu et mal. Elle tentait de se persuader que c’était la bonne décision, mais elle ne cessait de repenser à son regard horrifié lorsqu’il avait compris ce qu’elle était en train de sous-entendre en lui intimant de partir. Le jeune homme hantait ses rêves – parfois totalement débiles d’ailleurs ! – mais l’amertume qu’elle éprouvait était plus forte. Elle faisait l’autruche, tout simplement.

Alors que faisait la belle Irmine pour occuper son esprit et oublier ses problèmes ? Elle était allée voir Aaron en Angleterre…elle se plongeait dans son travail encore plus furieusement…elle  se baignait très souvent dans l’Argentine, la rivière serpentant à travers toute l’Île de Vermeil. Cette dernière technique était habituelle imparable dès qu’elle avait besoin de s’apaiser, mais cette fois cela ne fonctionnait pas.
L’hybride n’était pas allée voir Yngvar ni Elyon pour vider son sac, sachant qu’elle ne mettrait pas longtemps avant de craquer devant eux et ne voulant pas leur imposer cela alors qu’ils se retrouvaient à peine. Non, elle avait meilleur temps de régler ça toute seule, de laisser le temps faire son affaire…mais cela suffirait-il ? Difficile à dire avec la tête dans le sable.

Néanmoins, Elyon était enfin rentrée d’Ecosse, et Irmine n’avait pas attendu longtemps avant de voir arriver un hibou avec un mot l’invitant à venir prendre un thé. Elle ne pouvait refuser l’invitation, et elle n’en avait pas envie. Son amie lui avait manqué.
La naïade finit par toquer et la petite sorcière brune lui ouvrit. Elles se serrèrent dans les bras, et Irmine pénétra dans l’appartement.

- J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne suis pas venue ici !

Et pour cause, elle n’était pas venue depuis le séjour d’Elyon dans sa mère patrie, les deux jeunes femmes se voyant plutôt à l’extérieur étant donné la météo clémente.

- Comment ça se passe avec le clan ? Ils ont digéré le fait que tu ne rentres pas définitivement vers eux ?

Irmine préférait tourner la conversation immédiatement sur Elyon, afin d’éviter les questions auxquelles elle n’avait pas envie de répondre. Et également parce qu’elle s’inquiétait réellement du bien-être de son amie.

- Bon….et toi ? Comment tu te sens ?

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Les Boisseuil

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Elyon Sombrelune Emploi : Ecrivain

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Jeu 11 Juin - 8:32

Depuis son retour d'Ecosse, Elyon s'était arrangée pour rester seule le moins souvent possible. Sa plume était stérile pour le moment, elle avait beaucoup de mal à se replonger dans ses versions, Yegor allait lui tirer les oreilles ! Mais elle prenait cela avec beaucoup de détachement. Quitter Duncan avait été difficile, mais disperser les cendres de ses parents avait été beaucoup plus libérateur qu'elle ne l'aurait plus. Elle entrait à présent dans une phase plus apaisante. Elle savait que ce jour était plus agréable que le précédent, plus pénible que celui qui suivrait.

Alors elle s'était plongée dans autre chose. Elle avait récupéré chez elle la harpe de sa mère, sur laquelle elle aimait faire courir ses doigts. Elle n'était pas une grande technicienne de la musique, mais une autodidacte, et se plaisait aussi à poser sa voix sur les mélodies qui sortaient.
La musique, voilà une activité qu'elle n'avait pas pratiqué depuis des années et qui pourtant était un réel exutoire, quand les mots refusaient de se plier à ses intentions.

Quand Irmine arriva à l'heure convenu, la Dryade la prit dans ses bras, soudain prise d'un élan d'affection.

- J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne suis pas venue ici !

- Et moi j'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne t'ai pas vu ! Fait attention, cette porte est toujours aussi basse, dit-elle en passant sous le linteau sans problèmes. Yngvar, lui, se cognait dedans à chaque fois.
Bien qu'elles se soient revues régulièrement depuis son retour, elle avait du mal à rester sans nouvelles quotidiennes de son amie, surtout qu'elle la trouvait triste ces temps. Mais Irmine n'était pas du genre à s'épancher, Elyon cependant avait bien l'intention de lui en donner l'occasion.

- Tea, scones ...
dit-elle. J'ai pris une recette de ma mère.

La Nymphe des bois ne parlait pas souvent de cette figure importante de sa vie, mais depuis l'enterrement de son père, elle y faisait souvent référence sans réellement s'en rendre compte.

- Comment ça se passe avec le clan ? Ils ont digéré le fait que tu ne rentres pas définitivement vers eux ?

- Je les emmerde ! dit-elle pour toute réponse. Elle était partie sans réellement leur demander leur avis. Tout ce qui m'importe, c'est que Duncan n'ait pas l'impression que je l'abandonne, et ce n'est pas le cas. Il est hors de question que je vive là-bas, ma vie est ici maintenant ... Alors oui, ça a grincé un peu, mais je ne leur ai pas tellement laissé le choix.

Elle voyait bien la manoeuvre de la Bibliothécaire, qui ne lui laissait pas l'occasion de s'enquérir de son moral à elle. Les cernes noirs qui s'étiraient sous ses yeux ne trompaient pas la dryade.

- On fait aller, dit-elle avec un sourire triste. Je sais que j'y survivrai, je suis simplement déçue de ne pas arriver à écrire à nouveau, même l'histoire la plus mièvre possible. Oh, tu sais que Jenna m'a dit que j'avais UN fan ? Je ne savais même pas que c'était possible, un adulte en plus !

Elle ne prenait pas au sérieux le caractère de ses romans à l'eau de rose et n'avait jamais prétendu faire de la grande littérature.

- Toi, par contre, tu m'as l'air bien fatigué. C'est Beauregard ? Tu veux qu'on lui jette un sort qui rend la langue bleue ?

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Jeu 11 Juin - 14:23

- Oh oui c'est sûr...avant-hier, c'est loin., plaisanta Irmine.

Depuis leurs retrouvailles, les deux jeunes femmes se voyaient régulièrement et s'écrivaient quand elles ne se voyaient pas. Pour Irmine, cela avait été au départ un moyen de s'assurer que son amie allait du mieux possible étant donné le contexte, et de lui (et se !) changer les idées en discutant de tout mais surtout de rien. Cependant, elle se doutait que la dryade avait remarqué sa morosité, sa baisse de combativité lors de leurs éternels débats sur les runes, et qu'elle changeait de sujet dès qu'Elyon tentait de la faire parler d'elle.

- Merci, mais je n'ai pas très faim.

Irmine parlait à Elyon depuis le salon, celle-ci étant allée chercher les victuailles à la cuisine. Elle passa à côté de la harpe et laissa glisser ses doigts contre les cordes, qui émirent un doux son cristallin. Cet instrument avait toujours été l'un des préférés de la naïade, qui avait même failli en jouer - ses grands-parents ayant hésité sur quel instrument était le plus distingué, avant d'opter pour le violon - elle était donc ravie de voir qu'Elyon le pratiquait et lui avait fait promettre de jouer en duo dès que l'Ecossaise se serait assez dérouillé les doigts.

Le franc-parler usuel d'Elyon tira un sourire d'Irmine qui la rejoignit près de la table basse et prit place dans un fauteuil, tandis que l'auteure lui parlait de la réaction du clan et de Duncan, qu'Irmine avait eu l'occasion de rencontrer. Une image fugace passa dans l'esprit de la jeune femme à la mention du cousin des Highlands, mais elle la chassa bien vite en se sentant extrêmement ridicule et questionna plutôt Elyon sur son humeur.

- Sérieux ? Tous les goûts sont dans la nature apparemment...cet homme doit être une vraie fleur bleue. Parce que tes histoires sont quand même sacrément...sucrées, dirons-nous.

Irmine fit un clin d'œil à son amie, sachant qu'elle ne prendrait pas mal cette remarque étant elle-même critique sur ses propres écrits. La bibliothécaire avait tenté, pour le défi, de lire un de ces romans...mais rien à faire ! Elle avait décroché après deux chapitres et avait conclu que ce n'était définitivement par son style de littérature. Elle préférait les romans d'aventure.

- Oui, je dors mal ces temps...si tu manques d'inspiration, moi j'ai une idée : un roman policier sur le meurtre d'une directrice d'école.

La belle sorcière soupira et but une gorgée de thé en s'affalant un peu plus contre le dossier de son fauteuil. Comme si ses problèmes personnels ne suffisaient pas, il avait en plus fallu que Bénédicte continue son travail de sape auprès de membres choisis du personnel, l'une de ses victimes favorites étant Irmine.

- Sa dernière lubie est que je refasse tout l'inventaire de la bibliothèque. J'ai eu beau lui assurer qu'il est à jour, elle a insisté et m'a ordonné de tout répertorier à nouveau au cas où j'aurais oublié "un livre parti dans le bûcher". Ca l'amuse de me rappeler cet événement dès que l'occasion se présente.

La mine de la bibliothécaire s'assombrit et son regard se perdit dans le vide. Tout allait de travers en ce moment.

- J'en ai marre Ely...je me demande des fois ce que je fous ici. Par moments, j'ai juste envie de déménager en Sibérie.

Au contact la petite écossaise qui jurait comme un charretier, le langage d'Irmine finissait également par se relâcher même si c'était en général le signe que cela ne tournait vraiment pas rond dans sa vie.

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Elyon Sombrelune Emploi : Ecrivain

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Jeu 11 Juin - 21:03

Elyon ne prenait pas mal les remarques d'Irmine sur ses écrits, elle avait parfaitement conscience de ce qu'elle écrivait.

"Oui, mais tu sais, je fais ça pour m'amuser. D'ailleurs je commence à en revenir, je ne sais pas pourquoi, j'ai envie d'essayer autre chose ..."

Elle laissa sa phrase en suspend. Elle préférait mûrir son projet avant d'en parler à quelqu'un, mais de plus en plus souvent elle songeait à écrire de manière utile.

"Mais ton idée de roman est bien? Rassure-moi, il ne sera pas biographique ? Non parce que tant qu'à faire une biographie, autant la faire sur quelqu'un de connu."

La Dryade servit le thé à son amie et semblant avoir oublié que celle-ci n'avait pas faim, poussa vers elle l'assiette de scones. Depuis quand fallait-il avoir faim pour manger des scones ?

"Elle m'a l'air bien folle ... brûler des livres ! Elle s'est crue où ? Elle s'est trompée de siècle, et c'est le meilleur moyen de radicaliser les gens !"

Irmine semblait vraiment abattue, au bord de l'explosion. Elyon restait vigilante, elle voulait être là au moment où son amie flancherait.

- J'en ai marre Ely...je me demande des fois ce que je fous ici. Par moments, j'ai juste envie de déménager en Sibérie.

- Quoi ??? Maintenant que je suis sûre de rester ici ? Ah non ! Tu peux pas faire ça ... Irmiiiiiine ! Et Yngvar alors ?

Elle croisa les bras et se cala dans son fauteuil.

- Cela dit, si tu veux changer de travail ça ne tient qu'à toi ... Lui dit-elle avec un sourire en coin.

Mais elle doutait que si Irmine parlait de tout laisser tomber, masquant son mal-être derrière de l'ironie, c'était qu'il n'y avait pas que le travail qui pêchait.

- Et ... Tu laisserais Goulven ?

Elyon, le tact incarné. Elle verrait bien ! Si la Naïade voulait changer de sujet, c'était qu'il y avait anguille sous roche.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Dim 14 Juin - 22:33

- Mais ton idée de roman est bien. Rassure-moi, il ne sera pas biographique ? Non parce que tant qu'à faire une biographie, autant la faire sur quelqu'un de connu.

- Il va bientôt l'être si elle continue. Je pourrais devenir connue comme "la bibliothécaire ayant noyé sa directrice dans le Lac Enchanté".

Qu'Irmine détestait Bénédicte n'était un secret pour personne, pas même le personnel de l'Académie. Parmi les élèves, elle savait que certains s'amusaient à prendre les paris sur laquelle tuerait l'autre en premier, les deux nymphes étant aussi terrifiantes l'une que l'autre lorsqu'elles se mettaient en colère. Malgré tout, la naïade tenait encore à son poste, et refusait de se déclarer vaincue pour une fois. Qu'est-ce qui la poussait à ne pas lâcher prise comme elle l'aurait fait habituellement ? Elle n'en avait aucune idée pour l'instant, mais elle sentait qu'un changement s'était opéré en elle depuis le bûcher. Et puis, elle estimait le devoir à la mémoire d'Arsène, qui n'aurait jamais laissé passer de tels événements sans broncher !

Elyon s'offusqua de son soudain désir de tout laisser en plan pour s'enfuir et usa de la technique du "et moi ? et Yngvar ?", sachant qu'Irmine aurait bien du mal à lâcher ses deux amis. D'une part parce qu'elle en avait peu, et d'autre part parce qu'ils tenaient une telle place dans sa vie désormais qu'elle avait du mal à se l'imaginer sans leur présence. Malgré tout, elle restait lucide.

- Oh, je ne suis pas naïve : les recherches d'Yngvar à Bois-Doré ne dureront pas éternellement, et son centre finira bien par l'envoyer en faire de nouvelles ailleurs. Et te connaissant, tu vas pas rester moisir ici en l'attendant. Un jour, c'est vous qui partirez.

Irmine tenta de croquer dans un scone pour faire plaisir à son amie qui avait pris la peine d'en préparer, mais le coeur n'y était pas, ni l'appétit. Elle le reposa après une petite morse et n'y toucha plus.
Se renfonçant dans son fauteuil, elle marmonna d'un ton sombre en regardant le fond de sa tasse :

- Ça devait être ça ma vie : les recherches, les voyages, les explorations... Pas rester cloîtrée entre quatre murs à lire les découvertes d'autres sorciers !

Elyon lui rappela très justement qu'il ne tenait qu'à elle de changer cela et d'embrasser à nouveau ses aspirations professionnelles, qui n'avaient jamais totalement disparu. Cependant, Irmine n'étant pas à prendre avec des pincettes ce jour-là, elle avait bien du mal à envisager des solutions à ses problèmes. Elle ne voyait que ces derniers.

- Pour me retrouver à récurer des chaudrons à nouveau ? Non merci ! C'est déjà incroyable que j'ai un tel poste avec mon hybridation.

Lorsqu'elle était mal lunée, Irmine pouvait devenir désagréable et elle se rendit soudainement compte que la sécheresse de ses paroles n'était pas réellement destinée à son amie...mais que c'était la dryade qui en faisait les frais.

- Excuse-moi...je ne voulais pas me défouler de ma mauvaise humeur sur toi. Je me sens juste... démunie.

Parlait-elle de Beauxbâtons ? De sa situation d'hybride ayant eu le malheur de naître dans une société magique intolérante ? De son histoire avec Goulven qui avait pris une tournure inattendue ?
La jeune femme laissa s'installer un silence coupable et gêné, regardant dans le vide, avant de soupirer à nouveau.

- Tu as raison...je pourrais tenter ma chance ailleurs. Mais cela sous-entendrait devoir quitter la France. Remarque, c'est peut-être ce qu'il me faut...changer de pays...

- Et ... Tu laisserais Goulven ?

Irmine ne s'était pas attendue à ce que son amie mentionne le jeune homme. Elle croisa son regard, alors que dans les prunelles de la bibliothécaire pouvait se lire une colère qu'elle ne parvenait à calmer, de la déception et surtout...de la tristesse.
Très rapidement, Irmine réfléchit à ce qu'Elyon savait de leur relation et réalisa que cela se résumait à rien. En effet, elle en avait gardé le secret, au départ parce qu'elle appréciait ce sentiment de partager avec Goulven quelque chose d'inconnu aux autres, rien qu'à eux ; et ensuite parce qu'avec les événements survenus dans la vie d'Elyon et d'Yngvar, elle n'avait pas envie de leur rajouter le poids de ses propres mésaventures.

Pourtant, face à la nymphe des bois, il lui fut difficile de faire comme si de rien n'était une nouvelle fois. Elle en avait gros sur le coeur, une partie devait s'épancher à un moment ou à un autre !
Le regard d'Irmine fuit celui d'Elyon, et elle lâcha une bribe d'information illustrant assez clairement que sa situation relationnelle n'était pas aussi rose que ce que la dryade avait espéré pour elle, un soir sur une digue du port.

- Ta proposition de te marier avec moi tient toujours ? Ce sera plus simple ainsi.

Nouvelle ironie, qui faisait référence à la plaisanterie de la dryade lorsqu'elles avaient discuté de leurs sentiments respectifs à l'égard de deux hommes.

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Les Boisseuil

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Elyon Sombrelune Emploi : Ecrivain

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Lun 15 Juin - 21:15

Ce qu'Elyon avait dit avec ironie attisa la mauvaise humeur de la naïade. Tant mieux ! Non pas qu'elle était contente de l'embêter, mais si au moins elle pouvait parvenir à ouvrir les vannes ...

- Oh, je ne suis pas naïve : les recherches d'Yngvar à Bois-Doré ne dureront pas éternellement, et son centre finira bien par l'envoyer en faire de nouvelles ailleurs. Et te connaissant, tu vas pas rester moisir ici en l'attendant. Un jour, c'est vous qui partirez.

- S'il devait partir, sache que je serais déchirée. Pourquoi crois-tu que je reste dans ce pays où on nous considère même pas comme des humains ? Parce que je me sens chez moi ici. J'ai mes amis et je ne sais pas si je serais capable de tout quitter pour un satyre que je ne vois que depuis quelques semaines, même si je l'aime de tout mon coeur, ce serait un choix extrêmement difficile à faire. En fait, je te mettrai dans mes cartons je crois.

Souvent, le sujet des projets professionnels d'Irmine était abordé et Elyon ne lui faisait aucun cadeau. Aussi, quand son amie lui reparla de ses fonds de chaudron, elle leva les yeux au ciel.


- En France, c'est sûre, comme on fiche mes bouquins dans les cheminées.

Quand Irmine s'excusa, Elyon haussa les épaules. Elle ne s'était pas sentie concernée par sa mauvaise humeur, elle n'en faisait donc pas grand état. Elle espérait cependant que le responsable ne soit pas un certain avocat au beau sourire, aussi ne se gêna t-elle pas pour lui poser la question.

- Ta proposition de te marier avec moi tient toujours ? Ce sera plus simple ainsi.

Elyon posa sa tasse. Alors soit il ne s'était rien passé, soit il s'était passé quelque-chose et ça s'était mal passé. Elle allait lui poser la question lorsque deux chouettes chevêche entrèrent par une fenêtre ouverte, déposant sur la table deux lettres à l'attention des deux nymphes. Le logo du Grand Conseil ne présageait rien de bon.
Curieuse, Elyon ouvrit la sienne sans tarder, pour découvrir un avis de taxe sur l'utilisation des baguettes.


- Irmine, sérieusement ... dit moi que j'ai un problème de vue, que je ne sais plus lire ou que c'est une mauvaise blague ...

Selon l'avis, Elyon devait 5 écus pour avoir le droit d'utiliser sa baguette. La jeune femme se sentit bouillir à l'intérieur d'elle-même ...

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Mar 16 Juin - 14:51

L'avenir semblait sombre à la naïade, qui se faisait de plus en plus pessimiste. Alors Elyon avait beau dire, Irmine était déjà persuadée qu'Yngvar saurait la convaincre de quitter la France : la situation empirait chaque jour pour les hybrides, ses amis avaient le même goût qu'elle pour les voyages, et Irmine ne se permettrait pas de tenter de retenir son amie.
La bibliothécaire ne parvint même pas à sourire lorsque la dryade parla de la mettre dans ses cartons. Peut-être était-ce ce dont elle avait besoin ? Un nouveau départ. Cependant, cela ressemblait plus à une fuite en avant.

La naïade savait pertinemment qu'en répondant à côté de la question, elle allait générer un interrogatoire en bonne et due forme....mais elle fut "sauvée" par l'arrivée de deux lettres portant les armoiries du Grand Conseil.
Alors qu'Elyon se précipitait sur la sienne, Irmine regardait l'enveloppe qui portait son nom comme si elle allait la brûler. Chaque missive du gouvernement lui faisait l'effet d'une bombe à retardement, elles étaient toujours synonyme de mauvaise nouvelle et Irmine en avait assez pour le moment. Néanmoins, elle s'en saisit et l'ouvrit, au même moment où son amie témoignait de son aberration.

En raison de son hybridation demi-sang, Irmine devait s'acquitter de...

- 20 ÉCUS !!!, s'écria-t-elle.

Et tout ça pour quoi ? Pour avoir le droit d'utiliser sa baguette !
Lisant la lettre jusqu'au bout, elle découvrit également que cette nouvelle taxe était trimestrielle et qu'elle recevrait un nouvel avis prochainement. Elle la rapidement le calcul dans sa tête, cela voulait dire 80 écus par année, ce qui était une somme rondelette pour une taxe ! Heureusement qu'elle gagnait bien sa vie à Beauxbâtons...mais là n'était pas la question de toute manière !

Ce qui surprenait d'autant plus Irmine était qu'Elyon aussi était concernée, alors qu'elle n'était pas ressortissante française. Elle se leva de son fauteuil pour s'asseoir sur l'accoudoir de celui de la jeune femme et jeta un coup d'œil au parchemin : elles avaient bien reçu la même missive.

- C'est n'importe quoi ! Ca fait des années qu'on a le droit de posséder une baguette !

La naïade était en colère, mais surtout atterrée de constater cette nouvelle idée du Grand Conseil pour mettre la pression sur les hybrides. L'argent était une chose - elle n'osait imaginer la dépense que cela coûterait aux familles d'hybrides ! - mais ce qui la choquait était avant tout le symbole très fort derrière cette taxe.

- Ils sont en train de nous rappeler qu'utiliser une baguette comme tous les sorciers n'est pas un droit mais une faveur qu'ils nous font...

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Elyon Sombrelune Emploi : Ecrivain

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Ven 19 Juin - 22:25

Malheureusement, Irmine ne pu réfuter les craintes d'Elyon.

- 20 ÉCUS !!!

- QUOI ?!

Elle se permit de regarder la lettre de la Naïade, mais cela ne faisait que confirmer ce qu'elle venait de dire. Elyon déchira l'avis avec rage, jusqu'à ce qu'il se transforme en de ridicules confettis qui vinrent joncher le vieux parquet de sa maison.

- Je ne paierai pas. C'est hors de question.

La Dryade bouillonnait de colère. Pourquoi fallait-il que le seul endroit où elle se sente bien lui soit aussi hostile ? Mais au delà de son simple intérêt, il se jouait là quelque-chose de bien plus grave. Irmine pensait exactement à la même chose qu'elle.

- Ils sont en train de nous rappeler qu'utiliser une baguette comme tous les sorciers n'est pas un droit mais une faveur qu'ils nous font...

L'auteure en berne se leva et attrapa un gilet léger qu'elle enfila en hâte.

- Irmine ... Nous sommes des sorcières, tu es une sorcière, au même titre que ceux qui se disent de "Sang Pur", les Sang-Mêlés, les Nés-Moldus.

Entendre Irmine se qualifier ainsi retournait le cœur d'Elyon. Et comment considérer le fait de posséder une baguette comme une faveur ? Elyon n'arrivait pas à s'y faire, mais contrairement à Irmine, elle n'avait pas grandi dans cette discrimination ambiante. De plus, elle avait déjà traversé une guerre dont le seul enjeu n'avait été rien d'autre que la liberté d'être et de penser. Les choses n'étaient pas si différentes ...


- Même s'ils vous font croire que ce n'est pas le cas.

Elle jeta ses ballerines de cuir qu'elle ne portait qu'à la maison, et enfila ses chaussures puis ouvrit sa porte.

- En plus, je ne suis même pas française ! Je veux savoir si Yngvar en a reçu un aussi. Vient avec moi ...

L'Ecossaise ne tenait plus en place. A défaut d'agir, elle voulait aller trouver Yngvar et s'assurer qu'il avait bien reçu la même choses qu'elle.

Comme il y a 20 ans, elle avait le sentiments qu'on ne lui laissait pas le choix de s'impliquer dans ce conflit, ou pas.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La politique de l'autruche   Mar 23 Juin - 23:25


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