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 What if...we already met ?

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: What if...we already met ?   Lun 13 Juil - 23:57


What if...we already met ?

L
e soleil se couchait lentement sur l'île de Vermeil, parant le bois Ambré des reflets dont il tirait son nom. En cette chaude soirée de juillet, l'astre dardait ses derniers rayons sur l'Académie Beauxbâtons et offrait aux élèves une dernière soirée agréable avant de rentrer chez eux le lendemain. La plupart profitaient des jardins, disséminés en groupes plus ou moins bruyants. Relâchant la pression d'une année scolaire chargée, de la musique résonnait dans l'air et des rires fusaient d'un groupe plus important de Lutra et de Cerva, qui se précipitaient vers le Lac Enchanté pour se débarrasser des restes d'une bataille de bombabouses qu'ils venaient de se livrer.

Loin de toute cette agitation, une jeune fille prenait un dernier thé avec son ami le plus cher dans les appartements de ce dernier.

- Les Lofoten ne sont pas très loin du Tryllekunstnerfjord, je pense que je viendrai y passer quelques jours au printemps.

Le bibliothécaire partageait avec Irmine ce qu'il connaissait de la Norvège, pays dans lequel sa petite protégée allait bientôt se rendre pour poursuivre des études supérieures, mais il sentait qu'elle était ailleurs. La jeune fille de tout juste 18 ans hochait vaguement de la tête à sa proposition de visite aux prochaines vacances de Pâques, et elle sirotait son thé d'un air absent.

- Es-tu inquiète ?, finit par demander Arsène Guérivaux après avoir laissé un petit silence s'installer.

Irmine releva son regard sur le sorcier d'un certain âge et secoua doucement la tête.

- Non, ça va...un peu.

Elle ne pouvait rien cacher au bibliothécaire, celui qui la connaissait mieux que personne. C'était lui qui l'avait encouragée à tenter les concours de la Magi Universitet, sachant qu'elle avait les capacités et la passion nécessaires pour entreprendre des études poussées en Magie. Il avait même balayé le soucis de l'écolage onéreux en lui payant celui-ci, ne lui laissant aucune possibilité de refuser ce cadeau qu'il n'aurait jamais l'occasion de faire à quelqu'un d'autre. Arsène avait perdu sa seule possibilité d'avoir une descendance en même temps que son fils, lorsque celui-ci avait disparu avec sa femme demi-harpie dans une rafle perpétrée par des anti-hybrides extrémistes. L'arrivée à Beauxbâtons, quelques années plus tard, d'une petite naïade à l'intelligence vive et à l'amour incommensurable des livres avait comblé le vide laissé par cette famille perdue, et il avait fini par la considérer comme la petite-fille qu'il n'avait jamais eue.

Il ne disait rien, attendait qu'elle se confie sur ses peurs, sachant qu'elle finirait bien par s'épancher lorsqu'elle le voudrait. Après 7 années passées à la protéger de plus ou moins loin, le gardien des livres de l'Académie savait que tout venait toujours à point à qui savait attendre avec elle.

- Et si j'échouais ?, lâcha-t-elle finalement d'une petite voix.

- Il n'y pas de raison. Les examens d'entrée étaient faits pour départager les sorciers pouvant réussir ces études.

- Oui, mais ça ne va pas être facile.

- Si c'était facile, tu t'ennuierais et ils n'auraient rien à t'apprendre.

Irmine ne put rien répondre, sachant pertinemment qu'il avait raison. Son regard fuit un instant du côté de la fenêtre, se portant sur ses bientôt ex-congénères qui s'amusaient dehors.

- Si tu te sens seule, tu pourras toujours venir me voir., dit Arsène avec un doux sourire.

La jeune fille rosit légèrement en voyant qu'il avait compris sans aucune difficulté ce qui la tracassait réellement.
Irmine avait fini par s'habituer à sa vie à Beauxbâtons, elle était même parvenue à se faire quelques rares amis non sans peine...et elle redoutait de les perdre en quittant l'école et en s'expatriant au Nord de la Norvège. Faustine allait commencer son apprentissage de styliste dans une maison de haute-couture sorcière, Mathilde avait encore une année à étudier à Beauxbâtons et Dorian, quant à lui, venait d'être sélectionné en tant que joueur de réserve dans l'équipe de Quidditch professionnelle des Nains de Nîmes. Ce petit cercle social allait lui manquer, et bien qu'elle ait appris à s'ouvrir un peu plus avec eux, elle craignait de ne pas y parvenir à nouveau une fois seule dans un pays étranger. Par-dessus tout, l'idée qu'elle n'aurait plus la présence rassurante d'Arsène dans son entourage lui donnait l'impression de redevenir la fillette renfermée qu'elle était avant de le rencontrer. Elle avait trouvé en lui l'affection que ne lui avait jamais donné ses propres grands-parents, et son attachement pour le grand sorcier n'avait d'égal que la reconnaissance qu'elle lui vouait pour tout ce qu'il avait fait pour elle.

- Je pourrai vous rendre visite aux prochaines vacances de Noël ?, demanda Irmine soudainement, ayant besoin de savoir quand elle le reverrait pour se rassurer.

Le bibliothécaire eut un petit rire et hocha de la tête en prenant une gorgée de son infusion à la Reine-des-prés.

- Evidemment. Je me réjouis d'ores et déjà d'entendre le récit de tes aventures scandinaves à cette occasion.

Irmine se retint de soupirer de soulagement, mais ses lèvres laissèrent enfin apercevoir un sourire moins anxieux.

- J'ai hâte de découvrir le pays., avoua-t-elle.

L'idée de découvrir une contrée inconnue réveillait quelque chose chez la belle hybride, une soif de découverte qui allait grandir dans les années qui allaient venir.
En attendant, il était temps de dire adieu au lieu qui avait bercé son adolescence, et Arsène était bien décidé à ce qu'elle ne passe pas cette dernière soirée cloîtrée entre les murs des appartements du bibliothécaire.

- Allez, assez de soucis pour ce soir. File rejoindre tes amis, je ne veux pas que tu passes ta dernière soirée à Beauxbâtons avec un vieux croûton.

- Vous n'avez rien d'un vieux croûton ! Et puis je suis bien ici.

- Dehors, jeune fille !

- Mais y a trop de monde dehors...

- Ouste !

Le ton était sans appel bien que les paroles soient accompagnées d'un sourire bienveillant, et Irmine fut forcée de capituler.

- Je peux repasser par la bibliothèque...une dernière fois ?, demanda la jeune fille en se levant de son fauteuil.

Son ami acquiesça, peu surpris par sa demande et n'ayant aucun scrupule à lui accorder une dernière faveur, après l'avoir déjà privilégiée toutes ces dernières années.

- N'oublie pas de remettre les sorts de verrouillage en sortant.

- Promis. A demain !

Et elle sortit de la pièce par le passage secret qui menait directement au bureau d'Arsène au coeur de la bibliothèque, refermant derrière elle la porte tandis que l'homme regardait disparaître ce petit brun de sorcière avec une grande tendresse au fond des yeux.

Dévalant rapidement les marches de l'escalier dérobé, Irmine ne s'attarda pas dans le bureau sur lequel il débouchait et pénétra dans l'immense bibliothèque dans laquelle elle avait passé un nombre incalculable d'heures tout au long de sa scolarité. Elle s'approcha de sa table de travail attitrée et passa ses long doigts fins sur la tranche des livres de sortilèges les plus proches.
La jeune fille avait encore du mal à assimiler l'idée que d'ici quelques mois elle apprendrait des sorts bien plus anciens que tous ceux répertoriés dans ces ouvrages, et qu'un savoir presque oublié l'attendait à quelques milliers de kilomètres de là.

Un bruit la tira subitement de sa rêverie et elle se retourna en direction du couloir central de la bibliothèque : son regard tomba alors sur un jeune homme.

- La bibliothèque est fermée., lâcha-t-elle sans vraiment réfléchir.

Rappeler les autorisations d'accès au délégué des Cerva était quelque peu saugrenu, d'autant plus qu'elle-même n'était pas sensée se trouver en ce lieu à cette heure, mais Irmine était comme chez elle dans cette bibliothèque.


[HJ Arsène Guérivaux, starring Charles Dance : http://img15.hostingpics.net/pics/386938Arsne4.jpg ]


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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Mar 14 Juil - 16:54


   
   

   

   

   


   What if  ... we have already met ?par Goulven & Irmine

   

   

 
La dernière heure de la dernière soirée de sa dernière année à l'Académie Beauxbâtons, Goulven avait tenu à la passer dans un endroit qui lui tenait à coeur, la Bibliothèque. Elle était pourtant fermée et sa présence dans les lieux n'était pas autorisée, mais le Cerva en faisait fi ! Le lendemain, il ne serait plus délégué, il ne devrait plus rappeler des règles de vie à longueur de journée et n'aurait plus à être un exemple pour personne.
Assis à sa place habituelle, près des livres d'histoires, il avait étendu ses jambes sur une autre chaise et adossé son dos contre le mur. Le regard bleu dans le vague, le futur étudiant en droit magique réfléchissait, faisait le bilan de ces sept dernières années, de ses travaux, de ses rêves, de ses idylles ...
Il allait bientôt quitter le cadre rassurant de l'école pour plonger à corps perdu dans l'inconnu et cela lui faisait peur ... autant que ça l'excitait.

Après une longue demi-heure, il se leva et se balada une dernière fois dans les rayons. Cette bibliothèque avait été le théâtre de bien des évènements de sa vie. C'était de cette place, là-bas, près des bestiaires, qu'il avait envoyé un premier petit mot griffonné sur un parchemin à Faustine, moment qui marqua le début de ses flirts avec la jeune fille.
C'était dans la partie réservée aux sorts avancés qu'il avait volé un baiser à Lucila, quelques mois après cela. C'était aussi devant l'encyclopédie de la magie en 78 volumes qu'ils avaient fini par décider de continuer à être amis et de ne plus essayer de devenir autre chose ...
Il repassait le film de sa vie, laissant ses doigts se promener sur la couverture de cuir des volumes. Alors qu'il en tirait un des étagères, une voix, venant de derrière, parvint à ses oreilles.

- La bibliothèque est fermée.

N'était-il pas seul dans cet endroit ? Quelqu'un avait eu la même idée que lui ? Qui ? La fille qui lit ? Comment savoir, il n'avait jamais entendu le son de sa voix. Mais cette simple pensée fît sourire ses lèvres. Qui d'autre ? Il fît sortir le livre qu'il avait commencé à tirer en le faisant glisser doucement et l'ouvrit à la page centrale, tout en disant à la propriétaire de la voix sans la regarder.

- Je te retourne cette remarque.

Il s'éloigna d'elle, marchant tout en lisant et s'enfonça au fond de la Bibliothèque ... pour la narguer, un peu. Il allait vers la partie consacrée aux Runes Anciennes et aux Vieilles Ecritures et s'assit sur une table au hasard.
Feignant de lire, il guettait surtout pour voir si la jeune fille à qui appartenait cette voix était toujours dans les parages.
Il repoussait le moment de lever les yeux vers elle, parce qu'elle ne serait plus un rêve.

   

   © Jawilsia sur Never Utopia
   

   

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Mer 15 Juil - 20:12


What if...we already met ?

L
e jeune homme ne s'était pas retourné et avait gardé son regard résolument vissé sur son livre. Avec un culot certain, il avait ignoré le sous-entendu de la remarque d'Irmine et avait poussé l'audace jusqu'à s'installer plus confortablement pour lire.

En effet, elle n'avait pas plus le droit que lui de se trouver là...en théorie ! La Noctua avait l'autorisation du bibliothécaire en personne, qui lui avait très souvent prodigué ce genre de traitement de faveur, elle avait donc développé le sentiment que cette partie de l'Académie était un peu comme son domaine, qu'elle lui appartenait un peu plus qu'aux autres élèves. C'était peut-être un peu présomptueux de sa part...mais c'était le seul endroit où elle s'était sentie à peu près chez elle après tout.
Alors si le délégué des Cerva avait décidé de faire le malin, il avait mal choisi son endroit. Irmine avait prévu de faire ses adieux à ce lieu qu'elle avait aimé et qu'elle n'imaginait plus jamais revoir, et elle n'avait aucun envie de composer avec une présence importune.

Il s'était éloigné et avait rejoint un rayonnage qu'elle avait assidûment fréquenté. De son pas léger, elle s'en approcha mais ne le rejoignit pas, s'arrêtant à l'autre bout du rayon des Runes. Un Accio informulé plus tard, le livre s'envolait des mains de Goulven pour être rattrapé par celle d'Irmine.

- Si la Saga des Völsungar t'intéresse tant que ça, il fallait t'y prendre plus tôt., lança la jeune fille après un rapide coup d'oeil sur le titre en futhark ancien, en disparaissant avec l'ouvrage derrière un autre rayonnage.

La jeune naïade rangea sa baguette dans la poche de sa robe tout en parcourant les couloirs constitués par les étagères et retourna devant celle de laquelle l'intrus avait tiré son livre pour ranger ce dernier.


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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Mer 15 Juil - 21:37

Goulven ne comprenait rien au texte qui s'étalait sous ses yeux. Il n'avait pas choisi l'option d'Etude des Runes, à regret, parfois. C'était très frustrant d'avoir un texte sous les yeux et de ne pas pouvoir le comprendre. Avant qu'il ne tourne une page, l'ouvrage glissa de ses mains et alla dans celles de la jeune fille qui disparut aussitôt derrière l'étagère.

- Une saga ? Donc en plusieurs volumes ? Zut.

Il avait eu l'occasion d'en lire un extrait traduit mais il ne s'était pas douté une seule seconde qu'il avait tenu entre ses mains une version que la jeune fille s'empressait de ranger à sa place.
Elle se comportait comme si la Bibliothèque lui appartenait et de ce fait, c'était un peu son domaine, elle en était la reine. Goulven sentit son coeur accélérer alors qu'il aperçut juste le bas de son uniforme avant qu'elle ne soit entièrement dissimulée par le rayonnage.

- J'ai eu l'occasion d'en lire une partie il y a deux ans dans le cadre d'un travail en histoire. Une traduction, évidemment ! Je devais disserter sur les civilisations nordiques. Le caractère mythologique de cette oeuvre est intéressant même si on s'en tient aux faits réels c'est ... une mine d'or.

Tout en parlant, il la suivait à travers l'étagère grâce au bruit qu'elle faisait en se déplaçant.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je n'aurais jamais pensé que la Bibliothèque ait pu avoir une gardienne.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Mer 15 Juil - 23:07


I
rmine se savait suivie. Elle l'entendit aux pas tranquilles du jeune homme, au bruissement produit par le pantalon de son uniforme, à sa voix qui perçait de l'autre côté de l'immense étagère. Il était tout près, elle le sentait, aussi elle se dépêcha de ranger le livre avant de filer derrière un autre rayonnage. Pourquoi ne souhaitait-elle pas croiser son regard ? Comme beaucoup de nymphes, elle fuyait à l'approche d'un simple mortel...mais si Irmine avait hérité de bien des traits de ses ancêtres, l'un d'eux était certainement la curiosité.
C'est mûe par celle-ci qu'elle écouta malgré tout les paroles du jeune homme et qu'elle le gratifia même d'une réponse.

- Ton devoir devait être lacunaire, étant donné que tu ne sais pas lire les runes.

Le sourire moqueur de la jeune fille pouvait s'entendre dans sa voix. Si elle était une inconnue pour lui, elle en revanche connaissait l'identité de son interlocuteur. Le délégué de Cerva ne passait pas inaperçu, particulièrement en Histoire de la Magie où il ne pouvait s'empêcher de la ramener à tous les cours pour placer des anecdotes dont le caractère scientifique laissait parfois à désirer selon Irmine.

Alors qu'ils passaient chacun d'un côté d'une étagère consacrée aux Potions, Irmine se déchaussa de ses ballerines pour que ses pas soient désormais silencieux et les laissa au sol derrière elle, en contournant le rayonnage en même temps que Goulven. Elle s'adossa doucement aux livres.

- Et toi...crois-tu que le dragon Fáfnir soit un mythe ou un fait réel transformé en légende ?

Jetant un coup d'oeil à sa droite, elle vit Goulven contourner le rayonnage pour rejoindre le côté qu'elle venait de quitter. Elle fila deux rangées plus loin et écouta sa réponse en suivant sa trace à quelques mètres de distances. Les rôles s'étaient inversés, et c'était elle cette fois qui le suivait dans cette partie de cache-cache inavouée.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je n'aurais jamais pensé que la Bibliothèque ait pu avoir une gardienne.

Le rire d'Irmine résonna dans la bibliothèque silencieuse, indiquant par la même occasion l'endroit où elle se cachait.

- C'est parce que tu ne sais pas regarder. J'hante ce lieu depuis 7 ans...je suis venue lui faire mes adieux. Je pensais être seule.

Elle tendit l'oreille pour entendre par où il se dirigeait, et une fois qu'elle le sut, alla dans la direction opposée en ne laissant derrière elle qu'un léger parfum indescriptible.

La naïade arriva devant une grande échelle qui permettait d'accéder aux étagères supérieures, qu'elle grimpa très silencieusement jusqu'au sommet. Discrètement, elle prit appui sur le haut du rayonnage et s'y assit, ayant ainsi une vue plongeante sur toute la bibliothèque.
De là, elle chercha des yeux la silhouette du jeune homme et le repéra rapidement à sa droite. Retenant son souffle afin de ne pas être repérée, elle eut tout le loisir de l'observer. Sa manière de s'orienter alors qu'elle avait tenté de le perdre derrière elle, la décontraction qu'il affichait dans ce jeu, et surtout son sourire tranquille. Elle ne pouvait voir ses yeux, mais ce sourire en coin, lui, était bien visible de là où elle se tenait...et sans vraiment pouvoir l'expliquer, cette image s'imprima très nettement dans son esprit.


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Jeu 16 Juil - 23:38

La jeune inconnue de la Bibliothèque eut une réflexion des plus intéressantes à laquelle le jeune Cerva ne put s’empêcher de répondre.


- Il l’aurait été si j’avais choisi une version qui relève du conte pour enfant, lui dit-il d’une voix tranquille, sans relever sa moquerie.

 A un moment, en passant près de l’étagère des potions, il crut qu’il allait la croiser. Il retint son souffle avant de changer de rayonnage, s’attendant à la voir. Il ne trouva cependant qu’une paire de ballerines bleu-ciel abandonnées sur le sol. Cela le fît sourire et il continua à évoluer au milieu des livres. S’il n’avait aucune idée de l’endroit précis où elle se trouvait, Irmine savait parfaitement où Goulven se situait et s’arrangeait bien pour ne pas le croiser. Il sembla même qu’elle le suivait mais s’il tournait la tête vers elle, elle disparaissait presque aussitôt, ne laissant qu’une rumeur de son passage, la  vue furtive d’une étoffe, un bruit feutré, un parfum évanescent.

- Moi je crois que toutes les légendes ont un fond de vérité et aussi qu’une légende peut émerger de l’Histoire. Il suffit que les hommes s’accordent, admirent, racontent, fabulent ensemble, pour que naisse une légende. Puis c’est un fait : on ne créé rien à partir de rien.

 Il savait qu’il ne répondait pas vraiment à sa question mais il enchaîna tout de même.

- Comme Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde.

*Comme la fille de la Bibliothèque.*

 Cela faisait sept ans qu’elle hantait les lieux auxquels elle venait dire adieu. Il déambula encore, la cherchant sans la chercher, tout en parlant comme s’il tenait la conversation la plus banale du monde avec une personne qu’il connaissait depuis toujours.

- Je comprends. Moi non plus je ne m’attendais pas à croiser quelqu’un.

 Ou peut-être que si, justement ? Et dire qu’il allait peut-être quitter l’école sans jamais savoir à quoi elle ressemblait. Il arriva au pied de son échelle, il n’aurait qu’à lever les yeux pour la voir enfin …
 Il s’appuya dessus et marqua une pause tandis que la jolie nymphe là-haut retenait son souffle. Il était en train de se perdre, n’ayant plus sa voix ni ses bruits pour se guider … Mais n’étaient-ce pas les signaux que lui envoyaient la jeune inconnue qui faisaient qu’il se perdait justement ? C’était comme s’il y avait eu "avant elle" et "maintenant". Et comme il ne l’entendait plus, il dérivait.

 Il lui fallait une preuve de sa présence ! Alors pour la provoquer, il sortit un grimoire et alla le ranger dans une autre session qui n’avait rien à voir …

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Ven 17 Juil - 10:49


L
e jeune homme était venu s'appuyer sur l'échelle au sommet de laquelle Irmine était perchée, et elle se mordit la lèvre en se demandant s'il la découvrirait. Cependant, il ne leva pas les yeux, il semblait prendre une pause et tendre l'oreille pour repérer par où elle avait bien pu s'enfuir.

Mille réponses sarcastiques brûlaient les lèvres de la jeune fille, mais elle les ravala, préférant conserver le secret de sa cachette jusqu'à ce qu'il se décide à bouger. Ce qu'il ne tarda pas à faire...en la narguant à nouveau à l'aide du grimoire qu'il changea de rayon. Irmine savait qu'il voulait la provoquer et elle se contenta de le suivre du regard tandis qu'il emmenait le livre vers une place qui ne lui était pas dévolue.
Alors que Goulven allait le caler entre deux autres bouquins, il lui sauta des mains et claqua doucement juste devant son visage. A nouveau armée de sa baguette, Irmine s'amusa à menacer le Cerva depuis son perchoir, un simple Wingardium Leviosa informulé lui ayant donné le contrôle sur le livre. Celui-ci tourna autour de la tête du jeune homme, filant à sa gauche, à sa droite, claquant parfois près de son oreille, comme s'il était animé d'une volonté propre.

La naïade étouffa un rire, et envoya doucement deux autres grimoires poursuivre le jeune homme afin de l'éloigner et pouvoir ainsi redescendre de son point d'observation sans se faire repérer. Une fois au sol, elle fuit à nouveau derrière le rayonnage devant lequel se tenait son poursuivant et brisa les sorts lorsqu'elle fut assurée d'être au même niveau que lui.

Grisée par cette situation inattendue - elle qui s'était imaginée passer sa dernière soirée à Beauxbâtons à arpenter la bibliothèque seule - elle décida soudainement d'attraper un livre posé à l'horizontal dans l'étagère et le retira, créant ainsi une petite ouverture dans le rayon qui les séparait. Minuscule, celle-ci ne révéla que les yeux de la nymphe, qui croisa alors ceux de Goulven. Elle n'était pas surprise, c'était ce qu'elle avait cherché en agissant ainsi, et masquée par les autres ouvrages elle ne révélait qu'une partie d'elle. Un regard d'un vert bleuté époustouflant, qu'elle plongea dans les prunelles d'azur qui lui faisaient face.

- Tu n'as pas répondu à ma question., chuchota-t-elle, comme si le gratifier de son regard nécessitait de lui retirer une autre preuve de sa présence, Et moi je crois que tu parles souvent pour ne rien dire.

L'amande de ses yeux s'étira légèrement, trahissant le sourire amusé qu'elle affichait en le raillant une nouvelle fois.
Seulement, Irmine, qui pensait mener le petit jeu qui s'était instauré entre eux, n'avait pas prévu ce qui était en train de s'opérer : elle n'était plus capable de détourner son regard, maintenant que ses yeux avaient accroché ceux du jeune sorcier. Elle réalisa que bien qu'elle ait eu l'impression qu'elle connaissait ce camarade de vue et de réputation, qu'elle ait failli mourir à cause de lui comme toute leur classe d'Etude des Objets Magiques, bien que Faustine l'ait abreuvée de descriptions détaillées sur ses habitudes, ses manies et la gentillesse qu'on pouvait lire au fond de ses iris...c'était la première fois qu'elle croisait réellement son regard.

- Pourquoi es-tu venu ici ce soir ?


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Ven 17 Juil - 22:25

Alors qu'il glissait le livre dans les étagères, celui-ci lui sauta des mains, le surprenant. Le Cerva sursauta et s'éloigna en riant tandis que deux autres livres le pourchassaient à travers la bibliothèque. Il vit l'échelle osciller. Et dire que s'il avait levé les yeux ne serait-ce qu'une seconde il l'aurait vue ! Distrait par cette pensée, il reçut un coup des "Civilisations orientales anciennes" sur la tête.

- Aïe

Il chassa le livre d'un grand geste mais celui-ci revint à la charge en claquant. Soudain, les grimoires s'immobilisèrent et tombèrent inertes sur le sol. Le Cerva essoufflé par cette course-poursuite s'appuya sur l'étagère et défît un bouton de sa chemise de manière à l'ouvrir légèrement.

Le bruit du cuir frottant le bois précieux à quelques centimètres de son oreille attira son attention. Il se déplaça de quelques pas et se hissa légèrement sur la pointe des pieds pour regarder à travers le trou laissé par le livre retiré par la jeune fille de l'autre côté.

Il croisa son regard.

L'émeraude brillante le saisit, la preuve tangible de son existence le cloua sur place. Depuis toujours, il observait "la fille qui lit" penchée sur son livre, il n'avait jamais pensé à imaginer quelle couleur auraient pu avoir ses yeux.
Ils étaient verts, emplis de nuances, tirant légèrement sur le bleu. Le dessin de ses iris le fascinait, en tombant dans sa pupille noire abyssale, son coeur rata un battement.

- Ta question ...

Il l'avait oublié. Il n'était même plus sûr de se souvenir de son prénom, d'ailleurs ...

Elle avait raison, il adorait parler. Il ne pouvait pas s'empêcher de raconter ce qui lui passait par la tête. Pire encore, cela lui permettait de cacher des choses, d'éluder des questions dont il ignorait les réponses. Que le dragon Fafnir ait existé ou non ... Il n'en avait fichtrement aucune idée. Percé à jour, il sourit et baissa les yeux vers le sol, posant sa main sur les livres au-dessous du trou. Il n'aurait qu'à tirer pour voir son visage en entier. Avait-elle les cheveux-long ? Sa bouche était-elle ourlée ? Les commissures de ses lèvres remontaient-elles ou s'étiraient-elles, alors qu'elle souriait ?

Elle lui demanda ce qu'il était venu faire ici ce soir.

- Comme toi ... Je suis venu dire au revoir.

Il laissa quelques secondes de blanc avant de continuer.

- J'arrive à me faire à l'idée que je quitte l'Académie demain, mais je n'arrive pas à imaginer que je ne viendrai plus ici.

Il envoya un petit sourire triste à la jeune fille et se dispensa de parler pour ne rien dire. Laissant reposer sa tête contre les livres au bord du trou, il lui dit seulement.

- Et je pensais être seul également ... Mais ce n'est pas tant une surprise que de te croiser finalement.

Doucement, il tira deux livres, qui laisseraient une place à travers laquelle il pourrait voir son visage.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Sam 18 Juil - 15:09

[HJ soundtrack : https://www.youtube.com/watch?v=9AN9ag5xhvY&list=WL&index=12 ]

L
eurs rires troublaient le silence quasi religieux qui régnait dans la bibliothèque...mais qu'importe ? Il n'y avait qu'eux, les seuls peut-être à avoir réellement compris la valeur de cette pièce de l'Académie.

Irmine se tenait bien droite, immobile devant l'interstice qu'elle avait dégagé en enlevant un ouvrage, observant le jeune homme qui, lui, s'appuyait contre le rayonnage et baissait parfois les yeux.
Cachée par les livres, la naïade ne pouvait pas voir le sourire triste qui accompagnait les paroles de Goulven, cependant elle pouvait lire dans ses prunelles une certaine mélancolie.

- N'as-tu donc pas un brillant avenir qui t'attend ? demanda-t-elle doucement.

C'était le fils Le Guerrec, une famille de renom dans le monde magique français, nul doute qu'il aurait les moyens de faire ce qu'il voulait de sa vie !

- Et je pensais être seul également ... Mais ce n'est pas tant une surprise que de te croiser finalement.

Irmine haussa un sourcil, perplexe quant à ce qu'il voulait dire. Néanmoins, elle vit qu'il retirait deux livres pour découvrir son visage, et par réflexe elle plaqua le grimoire qu'elle tenait encore dans sa main contre l'ouverture créée par Goulven. Le regard qu'elle lui lança signifiait clairement qu'elle n'était pas encore décidée à se découvrir entièrement.

- Pourquoi cela ? Tu ne me connais même pas.

La jeune fille avait cette faculté de se rendre invisible pour la plupart de ses camarades, ceci étant encore plus facile quand vous aviez pour amis une Lutra exubérante et un Cerva star de sa guilde pour ses prouesses au tournoi de Quidditch de l'école. Elle aimait cette liberté de l'anonymat, même si parfois elle ne pouvait s'empêcher d'en ressentir un pincement au coeur. Au fond, si personne ne la connaissait, c'était qu'elle ne comptait peut-être pas...?
Sentant qu'elle risquait de se perdre dans les méandres de pensées sombres qu'elle n'avait plus eues ces dernières années, depuis qu'elle s'était fait des amis, Irmine se secoua intérieurement et son esprit revint de là où il s'était perdu. Elle se donna une claque mentale : elle savait bien que c'était la perspective de quitter cet environnement familier et son petit cercle social qui la faisait retomber dans ces impressions d'être une gamine insignifiante, mais elle était une jeune adulte maintenant, une future étudiante en Magie Ancienne. Il n'y avait pas de quoi se lamenter sur son sort !

Pour masquer cette rapide absence, elle reporta à nouveau son attention sur son interlocuteur, celui avec lequel elle n'aurait jamais imaginé passer sa dernière soirée d'écolière, celui dont elle ne voyait que les yeux.

- Sept années dans la même classe, et je soupçonne que tu ne connais même pas mon nom. Je me trompe...Goulven ?

Elle ne le lui reprochait pas, elle-même se serait passée d'entendre Faustine prononcer le nom du Breton un nombre incalculable de fois - en particulier après la fin de leur flirt - mais elle ne se gênait pas pour le pousser dans ses retranchements.
Laissant le livre qui lui permettait de boucher l'interstice dans celui-ci, elle coupa leur contact visuel et se remit à longer lentement le rayonnage, espérant au fond d'elle qu'il la suivrait. Tout en marchant, elle laissait ses doigts courir le long des couvertures de cuir, émettant ainsi un bruissement qui permettait au jeune homme de savoir à quel niveau elle se situait. Peu avant la fin du rayonnage, elle lui demanda soudainement.

- Quel est ton livre préféré ? Celui que tu choisirais si tu avais le droit de n'en lire plus qu'un seul tout le reste de ta vie ?

Elle s'arrêta au bord de l'étagère, sans pouvoir être vue et, en attendant sa réponse, scruta les titres inscrits sur les tranches face à ses yeux à la recherche d'un en particulier. Un léger sourire aux lèvres, elle le trouva rapidement et s'en saisit. Elle hésita alors à contourner le rayon pour se retrouver face au jeune homme, mais finalement opta pour une autre solution.

- Page 246, deuxième paragraphe. Lis.

Le bras d'Irmine apparut soudainement devant Goulven, dépassant du bord du rayonnage, alors qu'elle-même restait cachée de l'autre côté. Sa main lâcha l'ouvrage quand elle fut assurée qu'il le tenait et très silencieusement elle retourna sur ses pas et fila à l'autre bout du rayon. Encore une fois, elle hésita une seconde, puis se décida : elle contourna le rayonnage par le côté auquel Goulven faisait dos. Très doucement et avec mille précautions pour ne pas se faire repérer, elle s'approcha de lui jusqu'à se retrouver dans son dos.

Dans un geste des plus audacieux venant de la jeune naïade, Irmine posa délicatement ses mains sur les yeux de Goulven et elle se mit à réciter le langage étrange qui s'étalait sur la page qu'elle lui avait commandé de lire. Le vieux norrois transcrit dans ces runes avait une consonance toute particulière, et les mots roulaient sur la langue d'Irmine, qui les chuchotait juste à côté de l'oreille de Goulven. Elle traduisit ensuite les vers en français moderne.

- "Garçon, ô garçon,
De quel garçon es-tu né ?
De quel homme es-tu le fils ?
Toi qui sur Fáfnir as rougi,
Ton épée scintillante ;
J'ai enduré le glaive jusqu'au coeur."


Irmine ne retira pas ses mains qui masquaient la vue de Goulven. Son coeur battait plus rapidement que de raison, et celle-ci semblait l'avoir quittée alors qu'elle lui proposait :

- Si je te demande de me faire confiance et de me laisser te mener comme ça quelque part sans poser de questions...accepteras-tu ?


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Sam 18 Juil - 20:57

Quand elle fît mention de son avenir, le Cerva détourna les yeux, gêné.

- Qui peut savoir ?
répondit-il simplement.

Son nom lui ouvrait certes des portes, mais mais ils n'avait pourtant jamais eu autant l'impression d'être enfermé que par son patronyme. Ce nom qui ne véhiculait absolument pas ce qu'il défendait lui-même.

Alors qu'il tirait deux livres pour voir son visage, elle continuait à se cacher derrière celui qu'elle avait récupéré, mais Goulven ne s'offusqua pas de ce geste. Au contraire, il lui sourit, sans amertume, cette fois.

- Parce que ta présence ici est ... naturelle. Elle va de soi.

Il s'était habitué à sa présence dans ces lieux, elle s'y trouvait toujours lorsqu'il venait et il ne l'avait pourtant jamais abordée. Il ne connaissait même pas son prénom. Avant qu'il ne puisse répondre, elle avait remis le livre à sa place et évoluait sûrement derrière l'étagère.

Il était un peu abasourdi par ce qu'elle venait de lui dire ... sept ans dans la même classe ? Et il ne l'avait jamais remarquée alors que son regard était vissé sur elle en permanence, lorsqu'elle se penchait sur son livre ! C'était donc bien de cette image qu'il était amoureux.

- Je ... commençait-il à répondre, mais ne sachant que dire, il laissa sa phrase en suspend.

Il la suivit, elle faisait ces petits bruits contre la couverture des livres qui lui permettaient de la localiser à peu près dans la pièce.
Ils arrivaient à la fin du rayonnage et alors qu'il s'attendait à la voir, elle le déconcerta avec une nouvelle question.

Un livre ? Un seul ?

- Mais c'est un choix qui m'est impossible !

Pourtant il avait bien envie de se prêter au jeu.

- Disons ... un livre de Tolstoï - C'est un Moldu. "Résurrection" ... Parce que je suis en train de le lire et que je ne supporte pas d'avoir une lecture inachevée alors, si je ne devais en prendre qu'un, ce serait celui-ci, le dernier. Et puis ...

Le bras de la jeune fille apparut à ce moment-là, elle tenait un livre et lui demandait de l'ouvrir à une certaine page. Le Cerva s'exécuta, se retrouva devant un alphabet qu'il ne connaissait absolument pas. Il eut un rire amusé et s'exclama :

- Je ne peux pas !

Mais elle ne répondait pas. Avait-elle disparu ? Il alla pour contourner l'étagère, quand deux mains se posèrent sur ses yeux, ne s'y attendant pas, il sursauta. Et il arrêta de respirer lorsque "la fille qui lit" glissa dans son oreille la traduction du paragraphe qu'il était incapable de lire. Il n'entendait que sa voix, et son cœur cogner contre ses tempes.

La proposition qu'elle lui fît était parfaitement inattendue et il n'avait aucune raison d'accepter. Mais il avait la nette impression que s'il refusait elle pourrait disparaître et lui gâcher sa chance. Maintenant qu'ils s'étaient trouvés, dans cette bibliothèque déserte, il ne pouvait pas la lâcher.

- Oui, répondit-il sans hésiter. Et son coeur s'emballa encore.


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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Lun 20 Juil - 1:34

L
a nuit tombait lentement et plongeait la bibliothèque dans la pénombre, mais l'endroit où Irmine prévoyait d'emmener Goulven était plus sombre encore.
Quelles étaient les chances pour qu'en venant visiter la bibliothèque une dernière fois, le livre qu'il ait choisi de feuilleter ait porté sur l'épopée préférée de la jeune fille ? Le compte aurait été long au vu du nombre de livres de cette pièce, ce qui était certain c'était qu'elles étaient minces...et pourtant c'était arrivé : la Saga des Völsungar était celle qu'Irmine adorait par-dessus toutes, celle qui avait permis aux anciens Scandinaves de ravir son coeur.

Elle ne connaissait pas le livre que Goulven choisit s'il n'avait le droit d'en garder qu'un, mais cela n'était guère important. Son coeur battant probablement aussi rapidement que celui du jeune homme, elle attendit sa permission, qui ne tarda pas. Elle ne réfléchissait pas vraiment à ce qu'elle était en train de faire, elle se laissait seulement guider par une envie subite de partager quelque chose avec lui.

- Je vais te guider, n'ouvre pas les yeux... Je te fais confiance !, murmura-t-elle en enlevant doucement ses mains des yeux de Goulven pour les poser ses sur épaules.

Le poussant avec douceur, elle le mena à travers la bibliothèque sans autre bruit que celui de leur respiration et des pas du Breton. Par instant, elle se penchait légèrement de côté pour vérifier qu'il fermait toujours les yeux.
Elle finit par s'arrêter et le lâcha un instant pour sortir sa baguette.

- Ne les ouvre pas encore !, lui intima-t-elle en passant devant lui.

Un chuchotement presque inaudible sortit des lèvres de la jeune fille, et alors qu'un léger grincement résonnait dans l'air, de ses deux mains elle prit l'avant-bras de Goulven et le tira en avant à sa suite. Irmine avançait à reculons et, une fois que ses yeux se furent habitués à l'obscurité, elle profita de ces quelques instants où il avait ordre de fermer les siens pour observer son visage plus en détails : elle ne voyait plus le bleu limpide de ses prunelles, mais ce sourire unique au monde était toujours là et la naïade ne pouvait en détacher son regard. Il y avait quelque chose dans ce petit sourire en coin qui l'attirait inexorablement, bien qu'elle n'aurait su dire pourquoi.
Elle se força à détourner son attention des lèvres du Cerva et, d'un coup de baguette, ferma les portes qu'ils venaient de passer pour éviter que leur présence ne soit repérée. Elle le guida encore ainsi sur plusieurs mètres, le faisant contourner certains obstacles dont il n'avait pas conscience et finit par s'arrêter et l'immobilisa soudainement.
La jeune sorcière se plaça à côté de son camarade, lâcha son bras et murmura comme s'ils avait été dans un lieu sacré :

- C'est bon, tu peux regarder.

Irmine et Goulven se trouvaient dans la réserve de la bibliothèque, là où les ouvrages les plus précieux étaient entreposés, une partie absolument interdite aux élèves. La jeune fille avait surpris un jour le sortilège qu'Arsène utilisait pour en barrer l'accès, et elle n'avait pu résister à l'envie de venir découvrir le lieu quelques temps plus tard. Personne n'était au courant qu'elle avait exploré la réserve, pas même le vieux bibliothécaire qui connaissait pourtant tout de sa protégée.

Personne...jusqu'à maintenant. Elle faisait cadeau de ce secret à Goulven. Elle était certaine qu'il saurait l'apprécier à sa juste valeur, peut-être parce qu'il avait été le seul de ses congénères à avoir éprouvé comme elle le besoin de venir faire ses adieux à la bibliothèque.

Irmine avait emmené le jeune homme devant une immense étagère remplie de livres au cuir d'un autre âge, les rayons de la lune perçant à travers une grande vitre non loin d'eux illuminant la tranche de certains ouvrages.

- Que des premières éditions moldues. Peut-être que ton auteur s'y trouve.

La naïade avait lâché l'information dans un souffle, avant que celui-ci ne soit coupé par l'attente de la réaction de Goulven. Elle se tenait debout à côté de lui, ses yeux d'émeraude regardaient droit devant elle, se baladant sur les ouvrages rassemblés dans cette section de la réserve répertoriant des écrits moldus précieux.


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Lun 20 Juil - 23:31

La jeune femme retira doucement ses mains de ses yeux en lui commandant de les garder clos. Elle avait piqué sa curiosité et cela conduisait le Cerva à consentir à se laisser guider. L'idée qu'elle puisse lui tendre un piège ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Cette absence de méfiance le mettait parfois dans des situations délicates, elle lui permettait souvent de vivre des expériences uniques, comme celle-ci. Comment pourrait-il être déçu par une fille qui, comme lui, avait souhaité passer sa dernière soirée dans ce sanctuaire du savoir de l'Académie.

Ils marchèrent quelques mètres. Il lui sembla qu'ils passaient une porte mais il n'avait plus aucun repère, ses sens étaient totalement  brouillés. Ils tournèrent, il avait l'impression d'être arrivé dans une pièce beaucoup exigüe que celle qu'ils venaient de quitter. Se pouvait-il qu'ils soient ... ? Non. Jamais aucun élève n'était autorisé à pénétrer dans la réserve de la bibliothèque de l'Académie, réserve que jusqu'ici, Goulven n'avait fait que supposer l'existence. A l'idée qu'il puisse se trouver dans l'une des pièces les plus secrètes du palais, son coeur s'emballa.

Enfin, elle l'autorisa à regarder. Il s'attendait à ce qu'elle ai disparu à nouveau mais il sentait sa présence à ses côtés. Il se rendit compte alors qu'il retenait sa respiration depuis plusieurs dizaines de secondes.


- D'accord, alors, j'ouvre les yeux.

Ses yeux bleus s'ouvrirent sur la pièce plongée dans l'obscurité, éclairée par un rayon de lune solitaire. Il eut de nouveau le souffle coupé lorsqu'il prit conscience du trésor qui se trouvait là. L'imaginer était une chose, le voir en était une autre. Dans une grande vitrine, des centaines d'ouvrages étaient conservés. Et si les livres de Tolstoï s'y trouvaient ? Et ceux de Tolkien ? D'Hemmingway ? De Verne ? Il n'osait pas bouger. Comme si les toucher ou même les lire était un privilège qu'il n'avait pas le droit de s'accorder. Il ne savait pas quoi dire, mais il tourna lentement son regard vers elle avec l'intention de lui dire "merci".

Une nouvelle fois, il eut le souffle coupé. Bien qu'il ait dirigé vers elle son regard de son pleins gré, il ne s'était pas attendu à la voir. L'entendre peut-être, la sentir et certes l'apercevoir, mais pas à la voir. C'est alors que la réalité de son fantasme le frappa en pleins coeur. Il le sentit s'accélérer encore si c'était possible ...

De surprise, il détourna les yeux et tenta de reporter son attention sur les livres. Il avança de quelques pas, mais en vain, il ne put s'empêcher de la regarder à nouveau. Il ne pouvait que distinguer ses traits dans la pénombre. Il pouvait néanmoins voir à quel point elle était belle, par la finesse de ses traits et l'étincelle de malice qui pétillait dans ses yeux. Il lui sourit et lui dit :


- Merci ...

Il avait la voix chargée de reconnaissance. Scrutant les tranches incrustées de lettres dorées ... Mais ... Non. La présence de la jeune femme l'intriguait beaucoup trop et son regard allait d'elle, aux livres entreposés devant lui.
Avec d'infinies précautions, il en prit un. "Pour qui sonne le glas ?" Il le feuilleta, cherchant un passage en particulier et quand il le trouva, s'avança dans le rai de lumière blanchâtre.


- Vient-voir ...

Il l'invita à le rejoindre et lui montra quelques lignes sur les pages jaunies.


"J'ai horreur de quitter ça, c'est tout. J'ai grande horreur de quitter ça et j'espère que j'y ai fait quelque bien. Je m'y suis essayé avec tout ce que j'avais de dons. Le monde est beau est vaut la peine qu'on se batte pour lui, et j'ai horreur de le quitter. "

Il tourna encore quelques pages et continua à lire :


"Il doit être, je pense, aussi possible de vivre toute une vie en soixante-dix heures qu'en soixante dix ans... à condition que votre vie ait été bien remplie jusqu'au moment où commencent les soixante-dix heures et qu'on ait déjà atteint un certain âge. "

Souriant encore, il sauta à un autre chapitre et récita :

"Nul homme n'est une isle complète en soy-mesme ; tout homme est un morceau de continent, une part du tout ; si une parcelle de terrain est emportée par la mer, l'Europe en est lésée, tout de même que s'il s'agissait d'un promontoire, tout de même que s'il s'agissait du manoir de tes amis ou du tien propre ; la mort de tout homme me diminue, parce que je suis solidaire du genre humain. Ainsi donc, n'envoie jamais demander : pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi."

Je trouve cette prose tellement juste. Les Moldus ... ils ont une autre façon de voir et de dépeindre le monde. Tu lis des romans ?


Ce disant, il leva doucement le regard vers elle pour la découvrir dans la lumière. Mieux préparé cette fois, il chercha même son regard et parvint à garder son petit sourire tranquille.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Mar 21 Juil - 2:09

R
etenant son souffle, Irmine attendait la réaction du jeune homme avec une certaine fébrilité, mais elle la prit de court. "Merci" ? C'était donc tout l'effet que cela lui faisait ? Et dire qu'à sa place elle aurait déjà été en train de le questionner sur la manière dont il avait découvert cette pièce, qui la connaissait en-dehors de lui, s'il l'avait explorée dans son entièreté...
Qu'avait-elle attendu de Goulven en partageant ce secret avec lui ? En vérité, elle ne le savait pas vraiment...mais elle s'était imaginé autre chose de la part de ce camarade aux célèbres envolées lyriques. Cette absence d'éloquence était peut-être justement le signe qu'elle avait touché quelque chose en lui, comme elle l'espérait. Oh et puis zut, elle n'en avait aucune idée, elle ne le connaissait pas vraiment après tout !

La jeune fille hocha lentement de la tête avec un sourire lointain en réponse à son remerciement, et elle l'observa se saisir d'un ouvrage avec précaution. Elle le rejoignit au-dessus de la page qu'il l'invitait à venir voir, et elle lut les lignes en même temps qu'il les lui récitait. En fait, elle les lut même plus vite que le rythme de la voix du jeune homme, et elle se retint de soupirer avec impatience alors qu'il continuait le dernier long paragraphe qu'il lui récitait.
Irmine n'appréciait pas qu'on lui fasse la lecture, ou du moins pas sur des textes longs, trouvant les lecteurs toujours trop lents en comparaison de ses propres yeux. Et puis elle n'était plus une enfant, elle pouvait lire par elle-même. Etait-ce lié au fait que ses grands-parents avaient toujours soupiré avec exaspération lorsqu'ils avaient dû lire pour elle avant qu'elle n'en soit capable toute seule ? C'était fort possible.

La naïade n'avait cependant ni bougé, ni manifesté son empressement à cesser cette lecture un peu trop longue à son goût, et elle croisa enfin le regard de Goulven à nouveau quand celui-ci émit son avis sur le texte tout en lui posant une question sur ses lectures.

- Je ne suis pas certaine que tous les moldus voient le monde de la même manière que celui-là., répondit-elle d'un ton posé.

Le texte n'avait pas touché la jeune fille outre-mesure, parce qu'elle ne partageait absolument pas le point de vue de l'auteur. Savait-il vraiment ce que signifiait vivre à part des autres pour écrire de telles choses ?
Ce n'était pas du désintérêt que la Noctua exprimait, mais plutôt une manière de ne pas toucher à un sujet trop difficile à aborder pour elle. Elle préférait donc l'éviter en ne cherchant pas à développer plus encore la réflexion de cet Hemingway.

- Des romans ? Oui, parfois...mais les romans modernes m'ennuient vite. Je préfère les histoires des anciennes épopées.

Tout en donnant sa réponse, Irmine s'était à nouveau éloignée de quelques pas du jeune homme. Et maintenant, quoi ? Maintenant qu'elle l'avait amené ici. Elle n'avait pas réfléchi plus loin, et la sensation désagréable, d'avoir partagé une chose que lui seul saurait sur elle avec un jeune homme qui ne réalisait pas vraiment ce que cela représentait en réalité, commençait à poindre.

- On ne peut pas rester ici trop longtemps, ou j'aurai des problèmes.

Arsène serait terriblement déçu s'il découvrait qu'elle avait outrepassé ses autorisations, alors qu'il lui en avait donné plus qu'aux autres élèves. Elle ne voulait risquer cela pour rien au monde.

- Tu peux regarder où tu veux, mais ne fais surtout pas de bruit et n’abîme rien.

La jeune fille se doutait qu'il saurait prendre soin de ce qu'il toucherait, mais elle s'était sentie obligée de lui faire cette recommandation malgré tout. Cachant son désarroi derrière le petit sourire qu'elle lui adressa, elle tourna ensuite les talons et se lança dans une dernière ballade tranquille de cette partie interdite aux visiteurs, sans l'inviter à la suivre cette fois.
Irmine se sentait bête...bête de ressentir de la déception face à la réaction de Goulven. Elle ne savait même pas quelle réaction elle aurait aimé le voir avoir ! Tant mieux pour lui, qu'il profite de cette faveur qu'elle venait de lui faire en lui faisant découvrir cet endroit ; tant pis pour elle, si elle s'était attendue à un peu plus d'émerveillement de sa part devant les trésors contenus dans cet endroit.
La jeune sorcière avait interprété le silence et les regards fuyants de son congénère comme le signe d'un intérêt moins grand que celui qu'elle-même éprouvait pour cette pièce, et pour lui. Comment cela, "pour lui" ? Jusqu'à ce soir-là, elle n'en avait rien à faire de ce délégué des Cerva ! C'était ridicule de s'intéresser à lui alors qu'ils ne se reverraient plus, juste parce qu'il avait décidé de venir passer un moment de sa dernière soirée dans la bibliothèque, seulement à cause de son choix de livre...


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Ven 24 Juil - 22:25

Il vit à sa mine qu'elle n'avait guère apprécié sa lecture mais ce ne serait pas cela qui lui ferait perdre son sourire. Elle lui répondit avec clairvoyance, qu'elle n'était pas d'accord avec lui.

- Cette réflexion est valable pour toutes les pensées humaines !

Et puis elle lui dit que ce qu'elle aimait, elle, c'était les romans d'aventures et il n'en fût guère surpris. Elle devait aimer les voyages aussi ... Les voyages dans le temps et dans les différents univers visités par ce genre d'ouvrage. Goulven, lui, lisait de tout. Il avait souvent un livre greffé à la main et pouvait lire aussi bien des anthologies que de la poésies, des romans historiques, des dystopies ... Cela lui conférait une vaste culture littéraire et générale aussi bien Moldue que sorcière. Mais de son point de vue à lui : pourquoi séparer les deux ?

Il flottait comme dans un rêve. Elle s'empressa de le réveiller en lui rappelant qu'ils n'étaient pas censés être ici et qu'elle pourrait avoir des problèmes. Retrouvant son sérieux, le jeune homme remit "Pour qui sonne le Glas" à sa place et referma la vitrine tandis qu'Irmine disparaissait plus loin dans la pièce. Cet éloignement soudain lui redonna un élan : Non, maintenant qu'elle était là, maintenant qu'il l'avait vue, comment la laisser partir ? Le coeur battant, il fît le tour du rayonnage.


"Douce,elle devait être,doux tout son corps;elle se mouvait avec timidité comme si quelque chose en elle et autour d'elle la gênait." Récita t-il.

Elle se trouvait à l'autre bout de la pièce. Il parcouru l'allée pour la rejoindre alors qu'elle lui faisait dos, tout en continuant.


"Quelque chose qui aurait existé dans le monde visible et pas seulement dans son esprit. "

Il arriva près d'elle et déclama à voix basse ...


"De là, de la paume de cette main appuyée contre la paume de la sienne, de leurs doigts entrelacés et du poignet qui touchait le sien, quelque chose émanait, de cette main, de ces doigts et de ce poignet, vers les siens, quelque chose d'aussi frais que le premier souffle qui vient à vous sur la mer en ridant à peine sa surface miroitante ..."

Approchant son sa bouche de son oreille, le son de sa voix baissait à mesure qu'il parlait pour ne devenir qu'un murmure.


"... D'aussi léger qu'une plume qui frôle votre lèvre ou qu'une feuille qui tombe dans l'air immobile; une impression légère née du seul contact de leurs doigts, mais qui s'exaltait, s'intensifiait tellement et devenait si insistant, si aigu et si fort par la pression de leurs doigts, de leurs paumes et de leurs poignets serrés l'un contre l'autre que le jeune homme croyait sentir un courant lui monter le long du bras et lui pénétrer le corps d'un poignant désir."

Puis, il laissa quelques secondes de silence durant lesquelles il respira intensément le parfum qui émanait de sa chevelure ondulée. Il avait le coeur battant. Une furieuse envie de la toucher. De glisser ses doigts dans ses cheveux, de l'embrasser aussi. Il s'était autorisé à jouir de sa vue. La toucher lui était-il permis ? Alors il s'éloigna de quelques pas et dit d'une voix claire, esquissant un sourire en coin :

"C'est toujours Hemingway. Je ne le trouve pas ennuyeux moi ..."

Il lui adressa un nouveau regard, et ne s'éloigna pas plus. Cette attitude lui vaudrait-elle de nouveaux sarcasmes ? Une réplique bien sentie de la part de la Nymphe des eaux ? Elle ne disait rien. Mais cette fois, elle ne fuyait pas. Goulven ne le laissait pas paraître, mais il était profondément troublé par celle qui lui avait donné l'envie de réciter cette prose chargée de sens. Hemingway le touchait parce qu'il avait des mots justes et une écriture sensuelle. Ce qui aurait pu passer pour une manœuvre de séduction ... n'en était pas une. Ou peut-être que si.

L'ambiance dans la pièce était particulière, leur présence ici n'était de toute façon pas autorisée et donc anormale ... Ce qui rajoutait au caractère inhabituel et quelque-part inconfortable de la situation. Oui, ils risquaient de se faire prendre et d'avoir des ennuis. Mais d'un autre côté, demain, ils ne seraient plus étudiants à l'Académie alors que risquaient-ils vraiment ?
Que risquait Goulven sinon de se perdre d'avantage dans les méandres de ses sentiments ? C'est, elle, depuis le début, qui l'avait menée là, qui l'avait perdu dans les rayonnages de la bibliothèque avant de le conduire dans le coeur du lieu qui était le plus important pour eux. Pourquoi ?
Doucement et d'un pas tranquille, il la contourna en faisant mine de vouloir voir les livres qu'il y avait près d'elle.


- Il y a des grimoires très anciens ... Des parchemins qui pourraient tomber en poussière si on les touchait ... Des pièces qui seraient dignes de figurer dans un musée !
Dit-il avec respect. Et peut-être même écrites par des druides ...

Il s'arrêta de parler et rit doucement en secouant la tête pour se reprendre. Il regarda la jeune femme à nouveau et lui dit, armé, comme toujours, de son sourire tranquille.


- Je parle trop.


Il chercha son regard et le capta. Son sourire se renforça. Que ses yeux étaient beaux ...


- Oserais-je te demander par quel prénom je pourrais appeler désormais "la fille qui lit" et comment tu es arrivée ici ... la première fois ?


Il disait cela d'un ton badin, mais ça ne voulait guère dire plus que "parle moi de toi." Le détachement dont il avait fait preuve, quelques minutes avant cela, c'était pour la préserver peut-être encore un peu dans ses pensées les plus douces. Mais maintenant qu'il l'avait embrassée avec ses yeux, il lui semblait qu'il ne pourrait plus se détacher d'elle. Jamais. Oh, comme les amours qu'il avait vécu avant lui semblait fades ... Comme sa présence le touchait autant que la prose qu'il lui avait citée !
Comme il était perdu, maintenant. Il se rapprochait doucement d'elle sans rompre le fil qui était tendu entre leurs yeux.

Perdu. Peut-être l'était-il depuis longtemps, finalement.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Ven 31 Juil - 13:08


I
rmine avait filé près de rayonnages bien particuliers, ceux qui avaient le plus nourris ses songes ensommeillés et ses rêveries diurnes, et elle fut peu surprise d'être suivie. Parce qu'ils n'avaient fait que ça de cette soirée, se suivre, se cacher, se guider.

Si la voix de Goulven était assourdie par la distance qui les séparait, les paroles qu'il prononçait n'en étaient pas moins distinctes, et la jeune fille à qui elles étaient destinées se figea devant les livres qu'elle parcouraient.
Elle l'écouta alors qu'il se rapprochait, et elle sentit bientôt sa présence juste derrière elle, si proche. Il lui sembla que son cœur avait cessé de battre alors qu'il récitait sa prose en un murmure à son oreille. Elle ferma les yeux, laissant son ouïe seule maîtresse de ses sens et retint son souffle en se demandant s'il lui offrait ces mots à dessein, ou s'il faisait simplement écho à la manière qu'elle avait eu de lui déclamer les vers de la Saga des Völsungar.

En cet instant, Irmine ressentit l'envie irrépressible de le frôler, de le toucher, de découvrir si ses mains possédaient la même douceur que son timbre. Mais elle ne fit pas un geste, ne bougea pas, et resta immobile dans cette proximité qui la ravissait autant qu'elle frustrait. Elle n'avait pas besoin de le toucher pour sentir le courant dont Hemingway remonter le long de son échine aux arabesques cachées.

La naïade ouvrit à nouveau les yeux lorsqu'elle le sentit s'éloigner et son regard croisa ce sourire tranquille qui hanterait ses rêves de longs mois après cette nuit. Elle ne put répondre lorsqu'il lui apprit que ces mots étaient nés de la plume du même hauteur qu'elle venait de critiquer, sa fierté la retenant de reconnaître qu'elle s'était trompée sur son compte.
Irmine s'avança en même temps que Goulven tandis qu'il se rapprochait des vieux grimoires et les admirait avec respect, comme liée à lui par un élastique invisible qui accordait leurs gestes pour qu'ils ne s'éloignent plus l'un de l'autre.
Elle ne disait rien et le laissait commenter sa découverte du lieu qu'elle partageait avec lui. Néanmoins, la remarque qu'il fit sur sa loghorrée arracha un rire à la jeune fille, et elle ne put s'empêcher de l'approuver d'un sourire amusé, avant de détourner à nouveau le regard.

Alors qu'elle contemplait les trésors les plus inestimables de la pièce, il osa enfin lui demander son prénom et s'intéressa à la manière dont elle avait découvert la réserve.
Irmine faillit lui donner son prénom par automatisme, mais la manière dont il la dénomma retint son attention et alluma une lueur de surprise dans ses prunelles émeraudes.

- La "fille qui lit" ?

Un peu plus tôt, il lui avait avoué que sa présence à la bibliothèque semblait aller de soi, et cette nouvelle information fit comprendre à Irmine qu'il n'était peut-être pas si aveugle que ce qu'elle avait crû au premier abord, et que son existence n'était pas passé inaperçue.
L'indicible sensation que des papillons voletaient dans son ventre prit Irmine de court, mais la lueur mutine dans ses yeux n'en brilla que plus. Avec un sourire, elle se décida à donner une réponse qui était à l'image qu'elle lui renvoyait ce soir-là : énigmatique.

- Disons que ce soir je m'appelle...Uranie.

Avec un nouveau rire malicieux, elle tira très délicatement de son écrin de bois un rouleau à la taille imposante et l'emporta avec toutes les précautions du monde jusqu'à un grand pupitre non loin d'eux.
Les quelques pas qui l'en séparèrent suffirent à lui raconter comment ceux-ci l'avaient menés jusqu'ici la première fois.

- Un jour où j'avais eu la permission de rester après la fermeture, l'année passée, j'ai surpris le sortilège spécial de verrouillage utilisé par le bibliothécaire, alors que j'allais lui dire au revoir. Il ne l'a jamais su, et je pense qu'il m'en voudrait s'il savait que je me suis introduite ici quelques fois ensuite.

Contrairement à ce que se figurait Irmine, Arsène n'aurait pas été fâché d'apprendre sa découverte, il aurait simplement souri devant la curiosité insatiable de sa protégée, et son ingéniosité à trouver elle-même le sort de déverrouillage tout aussi particulier. Mais Irmine, elle, craignait tellement de décevoir le bibliothécaire de quelque manière que ce soit qu'elle anticipait tout risque que cela puisse arriver.

- En fait, cette pièce est un secret gardé à l'aide d'un enchantement d'invisibilité jeté sur son entrée. Les élèves ne peuvent pas la voir, il faut donc savoir exactement où elle se trouve pour utiliser le sort permettant de l'ouvrir.

La voix d'Irmine s'était faite plus basse, comme si leur présence en ce lieu était épiée. En déroulant le vélin centenaire qu'elle avait posé sur la table, elle ajouta dans un murmure presque inaudible.

- Personne ne sait que je connais cette pièce. C'est mon secret.

La jeune naïade laissa un silence planer alors qu'elle révélait aux yeux de son compagnon inattendu une mappemonde dessinée quelques siècles en arrière. Les bords de la carte s'étaient effrités par endroit, mais grâce à un sortilège de conservation, le reste était intact. Il fallait se pencher pour lire les noms des pays calligraphié à l'encre, et c'était une véritable œuvre d'art qu'elle avait déroulée devant eux.
Irmine la considérait d'un œil tout aussi émerveillé que la première fois qu'elle s'était aventurée à l'ouvrir, ayant choisi ce rouleau précis au hasard.

- Si là, maintenant, je te proposais qu'on aille où tu le souhaites, de partir...sans se soucier des règles, des horaires, du fait que nous sommes attendus à la cérémonie de remise des diplômes demain, et je-ne-sais-où ensuite...quel pays choisirais-tu ?

Les questions qu'elle posait à Goulven n'étaient pas celles attendus d'une conversation commune entre deux jeunes gens à peine sortis de l'adolescence, mais elle avait la sensation que celles-ci lui en apprendrait bien plus sur le jeune homme que savoir où il rentrerait le lendemain ou la note il avait obtenu à leur examen de Magie Défensive. Elle l'interrogeait sur ses rêves, ses désirs, sur ce qu'il n'accomplirait peut-être jamais mais dont le fait qu'il y songe faisait qu'il était...lui.

Attendant sa réponse, elle détacha son regard de la carte pour accrocher celui de Goulven à nouveau. Qu'il choisisse l'Italie, la Patagonie ou le Canada...il était là à cet instant, avec elle, et elle se prit à penser que cela comptait peut-être plus encore que la contrée qu'il nommerait.


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Sam 1 Aoû - 0:20

La fille qui lit avait décidé, pour ce soir, de se faire appeler Uranie.

- Soit. Dit Goulven, qui n'en pensait pas un mot.

Sa curiosité ne serait pas satisfaite tant qu'il n'aurait pas de réponse à sa question, la jeune fille attisait sa curiosité et elle le fascinait d'autant plus qu'elle maintenait une grande part d'elle-même tout en se livrant à lui. Ils ne faisaient que ça de cette soirée : se suivre, se guider, se cacher.

Alors, Uranie la muse de l'astronomie lui allait bien. Mais pour lui encore, elle demeurait "la fille qui lit."
Elle semblait chercher quelque-chose parmi les documents qui se trouvaient devant elle, Goulven se rapprocha d'elle. Se faisant, elle lui racontait comment elle était arrivé ici la première fois et balaya par son récit l'image qui s'était dessinée dans son esprit d'élève trop sage pour oser enfreindre une règle. De plus, si elle avait réussi à comprendre le sort de protection de cette pièce pour le briser sans aide, c'était qu'elle devait être drôlement compétente.

- Alors les sortilèges n'ont aucun secret pour toi, comme les runes et comme cet endroit ...

Il l'aida à étaler la vieille mappemonde, qui, à force d'être restée longtemps dans son rouleau, se tordait. Avec infinie précaution pour ne pas abîmer le précieux document, il le maintint contre le bois. Et c'est là que ses doigts effleurèrent les siens.

Elle disait que personne ne savait qu'elle connaissait cet endroit que c'était son secret. Elle venait de lui dire un secret.
Le jeune homme accrocha de nouveau son regard et son sourire n'en fût que plus brillant. Que dire de plus sinon qu'il était touché ? Son coeur s'emballa doucement à cette déclaration.

- Sache que j'en suis touché, je ne le trahirai pas ... Woaw ... Mais elle est magnifique !

La carte qu'elle lui montrait était ancienne et magnifiquement ouvragée. Très vite, son oeil s'accrocha aux calligraphies, au nom des pays surgis du passé, au monde tel que les homme le connaissait un siècle plus tôt. C'était fascinant. Un véritable voyage ... dans le temps.

En réalité, il n'avait aucune envie de partager cela avec quiconque et garderait longtemps pour lui et au creux de son coeur ces instants passés avec la fille qui lit. Leurs doigts se touchaient toujours, se chevauchant légèrement sur la vieille carte, quand elle lui posa une question qui le prit au dépourvu. Où aimerait-il voyager ... non, où aimeraient-ils voyager ?
Elle accrocha son regard mais cette fois, c'est lui qui tourna les yeux pour regarder les pays dessinés comme s'ils pouvaient lui parler. Il réfléchit quelques instants. Voyager ... Cela ne lui avait jamais effleuré l'esprit.

- Je serais tenté de dire ... les amériques ... comme les hommes qui ont dessiné cette carte devaient avoir l'impression d'aller vers un nouveau monde.

Un peu comme lui ce soir.

- Mais il y a la Scandinavie dont tu me parles et qui semble tant te passionner.

Par sa connaissance poussée des runes et de la saga des Völsungar, il en avait tiré cette conclusion, peut être un peu trop naïvement ?

- J'aurais un bon guide je crois, mais ...

Il désigna le grand continent blanc.

- On pourrait aussi aller ensemble vers l'inconnu.

Disant cela, il laissa flotter quelques secondes de silence durant lesquelles il accrocha de nouveau son regard.

- Ces trois alternatives me séduisent autant l'une que l'autre ... Mais toi, qu'en dis-tu ?

Et puis, comme il n'allait pas s'arrêter là, il l'aida à ranger la carte avec beaucoup de précautions, il la remirent dans son étui en bois en et la rangèrent strictement à sa place. Il avait des questions pour elle, lui aussi.

- A moi ... viens par là ...

Il l'invita à le suivre, il n'avait pas perdu de temps à se repérer dans les lieux. Tout à fait naturellement et sans y réfléchir, il prit sa main et la mena vers un rayonnage où étaient entreposés des vieux livres relatant l'histoire de France et du monde. Certains, édités avant l'invention de l'imprimerie, étaient écrits à la main, il y avait même des oeuvres originales dont les copies avaient été diffusées ensuite dans tous le pays. Ceux-là aussi avaient une valeur inestimable.
Lâchant la main de la jeune fille, repliant ses doigts contre sa paume, il s'en approcha et toucha la tranche des grimoires.

- Maintenant ... Si nous avions la possibilité de prendre un Retourneur de Temps, de lui donner assez d'élan pour faire plusieurs millions de tours, et revenir quelques siècles en arrière ... Quand voudrais-tu aller ? A quelle époque ?

Pour le passionné d'histoire qu'il était, la réponse de la férue de voyage lui parlerait énormément et bien plus que le fait de savoir si elle préférait son jus de citrouille frappé ou juste frais. Bien plus, même, que le fait de connaître son prénom. A son tour, il la regarda, attendant sa réponse. Plus le temps passait et moins la distance entre eux était importante.


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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Sam 1 Aoû - 4:54


C
elui qui ne serait plus son camarade dans quelques heures la complimenta indirectement sur ses capacités de sorcellerie, et elle haussa les épaules. Ce n'était pas une humilité feinte, elle estimait juste qu'il y avait toujours matière à amélioration. Elle ne connaissait pas tous les sorts du monde entier !

- Bien sûr que si, j'ai encore plein de choses à apprendre., répondit-elle simplement en démontrant son perfectionnisme forcené en matière d'études. Et son incapacité à accepter un simple compliment.

Irmine eut un petit sourire à l'exclamation émerveillée de Goulven devant la mappemonde. Elle avait eu la même, bien que silencieuse, la première fois qu'elle l'avait déroulée. Néanmoins, l'esprit de la naïade était concentré ailleurs, alors qu'il lui affirmait qu'il garderait son secret. Leurs doigts se frôlaient timidement, et elle eut toutes les peines à se retenir de couler un regard vers ceux-ci. Elle fit comme si elle n'avait rien remarqué, comme si ce geste était parfaitement naturel, et s'enquit de la destination qu'il choisirait s'ils décidaient de fuir ce soir. La réponse ne la déçut pas.
Et le sourire qu'elle lui renvoya alors qu'il lui demandait son avis exprimait la connivence qui s'installait entre eux.

- Pourquoi choisir ?, répondit-elle le plus naturellement du monde, Nous pourrions visiter les trois.

Et Irmine avait bien l'intention la vie qu'elle allait entamer hors de l'Académie ressemble à ça : des études approfondies, des découvertes, des expéditions, des aventures...tout ce dont elle rêvait lorsqu'elle se plongeait dans ses livres. Elle ne le vivrait plus par procuration désormais, elle en était persuadée !
Une fois qu'ils eurent rangé la carte avec précautions, il s'empara de sa main et l'amena dans un coin qu'il avait apparemment rapidement repéré. Ce contact bien plus franc et direct que le précédent eut le don de la troubler. Cette fois-ci, les battements de son coeur s'accélérèrent au point qu'elle sentait le sang battre dans ses tempes. Toutefois, cela ne dura que quelques secondes, car déjà il la lâchait pour poser une question épineuse. Au tour de la jeune fille d'être testée cette fois-ci !

La future étudiante en Magie Ancienne se mordit la lèvre, hésitant sur la réponse qu'elle allait donner, tout en observant les titres à moitié effacé pour la plupart des livres qui étaient soigneusement classés sous ses yeux.
Finalement, après un court silence, elle se lança.

- La première qui me vient à l'esprit n'est pas précise...j'aimerais découvrir quand les sorciers ont compris qu'ils pouvaient faire de la magie. Observer le premier ou la première à avoir tenté un sortilège...mais en réalité, je crois que ce moment n'a jamais existé. Après tout, même à Beauxbâtons on nous enseigne la "Magie Intuitive.

Evidemment, il ne fallait pas s'attendre à ce que les réponses d'Irmine soient aussi poétiques que celles de Goulven, mais cela ne l'empêcha pas de conclure après une seconde de réflexion :

- Alors je choisirais autour de l'An 1000, pour voir de mes propres yeux comment vivaient les vikings qui peuplent ces sagas que j'aime tant. Nous pourrions ainsi nous embarquer avec ceux qui ont navigué jusqu'au Vinland...et ainsi tu découvrirais les Amériques.

Ô douce rêverie ! Elle savait bien qu'ils ne faisaient que s'amuser à s'imaginer partir à la découverte du monde et de son Histoire ensemble, et que dans quelques heures, ils s'en iraient chacun de leur côté comme si cette soirée n'avait été que le fruit d'un songe. Pourtant, au fond de son âme, elle ne pouvait faire taire une certaine envie que cela fut réalisable.

S'ils leurs deux esprits se rencontraient enfin et tissaient des liens inattendus, la distance entre leurs corps s'amenuisait également. La naïade s'en rendait-elle compte ? Il serait mentir de dire que non...mais sa conscience ignorait volontairement cette information, ne souhaitant pas risquer un réflexe d'éloignement à réaliser trop clairement ce qui se passait.
Elle fit soudainement dos aux livres pour se retrouver face à lui, nouant ses mains dans son dos dans une attitude presque hésitante. Elle n'avait aucune envie de mettre fin à leur badinage moins anodin qu'il n'y paraissait, mais elle sentait également que le moindre faux, la moindre parole de travers briseraient cette bulle invisible qui les entourait et leur avait fait oublié l'existence même d'amis qui les attendaient probablement dans les jardins ou leurs quartiers.

Irmine avait plongé son regard dans les yeux si bleus du jeune homme, tentant d'y déceler la clé de ce qui était en train de se produire entre eux. Elle n'aurait jamais imaginé ressentir une attraction aussi forte pour ce camarade parfois trop bavard, et pourtant elle ne pouvait nier cette sensation qu'il avait planté un crochet invisible dans son coeur ce soir-là, un hameçon dont il tirait la ligne pour la ramener jusqu'à lui.

Selon les règles inexistantes de leur jeu, c'était au tour de la jeune fille de poser une question cryptique à son interlocuteur. Elle ne réfléchit pas aux possibles réponses qu'elle pourrait obtenir, et laissa la joueuse petite naïade qui l'habitait poser au jeune homme un nouveau dilemme.

- Nouvelle règle : tu n'as le droit de répondre qu'à une seule des questions que je vais de te poser.

La belle hybride détacha ses mains qu'elle tenait dans son dos, et entreprit de faire un pas pour la rapprocher de Goulven à chaque interrogation.

- Si moi je suis Uranie en ce moment...toi, tu ne peux rester Goulven. Alors qui es-tu ce soir ?

Elle fit un pas imperceptible en avant, puis posa sa deuxième question.

- Si ta baguette te permettait de modifier un seul événement de ta vie, lequel changerais-tu ?

Encore un pas dans sa direction, ils étaient à nouveau très proche l'un de l'autre, bien plus que ce que la bienséance autorisait. Venait ensuite la dernière question.

- Tu viendrais réellement avec moi ?

Au fur et à mesure qu'elle avançait, Irmine avait baissé la voix.


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Sam 1 Aoû - 11:24

Séduit par son esprit autant que par les ondulations qu'elle faisait lorsqu'elle marchait, le Cerva l'observa tout le temps de sa réflexion, et releva quelques tics adorable. Sa manière de froncer légèrement les sourcils lorsqu'elle réfléchissait, son regard qui déviait lorsqu'elle suivait le fil de ses pensées, cette petite étincelle qui s'allumait lorsqu'elle trouvait une solution.
Elle lui fît face alors et lui donna deux alternatives entre lesquelles elle hésitait. Si la première était complètement inattendue, il était heureux, pour la seconde, qu'elle ait pris en compte le souhait qu'il avait exprimé plus tôt, en s'incluant dedans.

- J'avoue que je n'ai jamais pensé à cela ... je veux dire ... comment les sorciers ont découvert qu'ils pouvaient utiliser la magie. Ca me paraît tellement naturel, comme respirer ... J'ai oublié je crois, comment c'était quand j'étais petit ... enfin bref ! Il y a là matière à étudier, les sorts anciens et les pratiques ancestrales ...

Il s'obligea à s'arrêter de parler et rit en se moquant de lui-même.

- Pardon, s'excusa t-il. Ta deuxième solution me séduit, nous aurions une vie bien remplie.

Ah qu'il était fou alors de s'imaginer un seul instant séparé dans ces vies fictives ! C'était à lui, maintenant, de se retrouver à la place de celui qui était interrogé. La fille qui lit avait décidé de changer légèrement les règles : Trois questions, mais une seule réponse à l'une des trois. C'était à lui de choisir alors ce qu'il livrerait à la fille de la Bibliothèque. Elle se rapprochait inexorablement mais son âme, à son insu, se mêlait déjà à la sienne. C'est alors qu'en se rapprochant encore elle énonça ses trois question.

Si elle était Uranie, lui n'était plus Goulven. Qui était-il ? Quel évènement de sa vie pourrait-il modifier et enfin, la suivrait-il dans le voyage incroyable qu'ils s'étaient amusé à projeter toute la soirée ? Avant de réfléchir à une réponse, il devait choisir à quelle question il répondrait. Mais dans les trois qui lui étaient posées, une seule réponse s'imposait sans qu'il n'ait à y réfléchir et elle franchit la barrière de ses lèvres sans qu'il ne puisse l'en empêcher.

- Oui, sans hésiter.

Il en perdit un instant son sourire, abasourdi par son attitude, mais se ressaisit aussitôt en tournant légèrement les yeux. En temps normal il se serait donné le temps de réfléchir mais l'occasion de lui manifester était si belle que son coeur lui avait commandé de ne pas la laisser passer.
La réponse pourtant était chargée de sens. Oui, il la suivrait dans ces aventures incroyables que leur offrirait un voyage dans le temps et dans l'espace et non ... Il n'imaginait pas une seule seconde pouvoir vivre sa vie normalement après une telle soirée. Le Cerva, soudain, manqua un peu d'assurance. Celle qui se donnait le nom d'une muse était très près de lui.

- Comment ... envisager une vie normale après avoir projeté tout ça ? Ces voyages nous apporteraient tellement, plus encore que tous les livres qui sont réunis ici et si c'était possible, sans hésiter je le ferais.

Il tourna légèrement les yeux mais se raccrocha bien vite au regard de la Nymphe.

- Mais une telle aventure n'aurait aucun sens sans toi.

Le jeune homme avait dit cela tout à fait sérieusement et sentait le fil invisible entre eux se tendre encore. Il se perdit un long moment dans son regard, sans gêne, seuls les battement de son coeur rythmait le temps qui s’égrainait, bien trop vite et sans qu'il ne s'en rende compte. Dans cette pièce cachée du palais ils étaient un peu hors de tout. Pourquoi envisager de sortir un jour ?
Il finit par briser le silence qui s'était installé entre eux. Réduisant la distance qui les séparait, il posa ses mains sur ses épaules et l'incita doucement à se retournée vers une vitrine dans laquelle étaient protégés des pierres gravées. Certaines étaient couvertes de runes, d'autres de hiéroglyphes, certains alphabets ne lui évoquaient rien du tout.

Dans la vitrine, elle pouvait voir en transparence, son reflet léger et celui de jeune homme les mains posées sur ses épaules.

- Je ne sais pas les lire, mais on peut imaginer qu'il y a écrit ici toutes sortes de savoir, de partout.
A moi de poser trois questions.
Toi, fille qui lit, Uranie, tu sais pleins de choses. Mais où se trouvent les limites de tes connaissances, qu'est-ce que tu ignores encore ?
Si tu devais déchiffrer une seule de ces pierres avant de perdre la vue pour toujours, laquelle choisirais-tu ?
Et enfin ... après avoir perdu la vue ...


Il posa doucement sa main sur ses paupières et dit à voix basse dans son oreille.

- Quelle image n'oublierais-tu jamais ?


Il multipliait maintenant les occasions de la toucher. Non seulement il avait une main sur l'une de ses épaules et l'autre posée sur ses yeux, mais le dos de la jeune fille reposait presque contre son corps. Doucement, la main qui tenait son épaule glissa et il la posa, naturellement sur sa taille.

Il fût furieusement tenté d'effleurer son cou avec ses lèvres.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Lun 3 Aoû - 17:53


A
lors qu'elle avait donné deux réponses à la question du jeune Breton, Irmine ne put se retenir de lever les yeux au ciel avec un sourire narquois quand il se lança dans un nouveau discours pour commenter celles-ci. Il s'excusa en riant, provoquant également celui de la naïade, qui en réalité s'amusait grandement de ces bavardages qu'il ne pouvait réprimer. Et puis, ce qu'il disait était intéressant, on pouvait au moins le lui reconnaître !

La réponse qu'il donna sans hésiter à la troisième question qu'elle avait posée adoucit un peu plus le sourire de la jeune fille. L'assurance qu'il avait affichée sans faillir jusque-là sembla fléchir un instant, alors qu'il lui disait ne pouvoir imaginer une telle aventure sans elle. Irmine ne répondit rien, se contentant de se perdre dans ce regard qui ne lâchait plus le sien, mais intérieurement elle se sentait prise d'une fébrilité jamais ressentie auparavant. Oui, comment imaginer reprendre leur vie respective désormais, en faisant à Morphée le cadeau de ces douces rêveries et de ces projets fous.
Le lien qui entremêlait subrepticement leurs âmes commençait à sembler d'une évidence naturelle à la sorcière. Elle avait l'impression de mieux le connaître en une soirée que tous les élèves qu'elle avait côtoyés en sept ans, leurs deux esprits résonnant l'un avec l'autre, leurs deux coeurs ayant trouvé un écho.

Celui de la nymphe des eaux rata un battement quand il prit doucement ses épaules pour la faire se retourner face à la vitrine. Plusieurs réponses défilèrent dans son esprit quasi instantanément lorsqu'il posa ses questions. Qu'ignorait-elle ? Tant de choses ! Choisir une seule de ces pierres ? Impossible !
Mais le geste qui accompagna la troisième question la fit tressaillir et perdre le fil de ses pensées. Son coeur s'emballa à nouveau, et elle aurait juré sentir celui de Goulven battre du même rythme contre son dos. Le souffle léger du jeune homme sur sa nuque dégagée était tiède, mais il n'était rien comparé à la chaleur qui irradia sa taille, à l'endroit exact où il posa sa main.

Irmine ne bougea pas, ne dit rien, le temps suspendit son cours l'espace d'une seconde qui sembla durer une éternité. Il n'y avait plus qu'eux, tout le reste avait disparu. Et dans cette cécité imposée, une image très claire envahit l'esprit de la jeune fille.
Sa fine main vint se poser telle une plume sur celle qui lui masquait les yeux, et elle la fit doucement descendre en gardant ses paupières closes. Elle se retourna pour lui faire face, sentant l'autre main de Goulven glisser dans son dos au fil de son mouvement, et c'est seulement à ce moment-là qu'elle ouvrit les yeux. La vision du visage du jeune homme à seulement quelques centimètres du sien accéléra d'autant plus les battements de son coeur, si cela était humainement possible. Ayant entrelacé leurs doigts, elle leva sa main libre à hauteur des traits de Goulven, mais interrompit son geste avant qu'un doigt ne se pose au coin de ses lèvres.

- Ton sourire.

La réponse s'était échappée dans un souffle. Posant sa main sur le bras du jeune homme, les lèvres vermeilles de la nymphe s'avancèrent jusqu'à frôler délicatement les siennes. Alors que la promesse d'un baiser s'accrochait à ce geste, elle dévia doucement sur sa joue qu'elle suivit en la caressant de sa bouche, jusqu'à ce que celle-ci ait rejoint son oreille.

- Parce que je suis persuadée qu'Ogmios, Bragi ou Hermès eux-mêmes n'en possèdent pas de pareil., murmura-elle d'un ton où perçait la fébrilité.

Sentir le corps de Goulven si proche du sien mettait Irmine dans un état de fièvre qu'elle n'avait jamais connu auparavant ; elle venait de laisser celle-ci l'emporter, au détriment de la raison et de la pudeur.
Incapable de s'éloigner de lui, leurs corps attirés par cette proximité comme s'ils avaient constitué les deux pôles d'un aimant, elle s'autorisa à chuchoter une nouvelle question à son oreille.

- Si un auteur devait écrire l'histoire de la Muse de l'Astronomie et du Maître de l'Éloquence, comment nommerait-il le chapitre racontant cette soirée ?


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Mar 4 Aoû - 0:39

Goulven n'avait absolument aucune idée de la question à laquelle elle choisirait de donner une réponse. Les trois l'intéressaient. En premier, le fait de savoir où elle estimait que ses limites se trouvaient. En second, qu'est-ce qui attirerait d'abord son regard. Et en troisième quel paysage, peinture ou lieu avait retenu son attention au point de ne jamais l'oublier même si elle perdait le sens de la vue ?

La Naïade ôta doucement la main du Cerva de ses yeux et se tourna pour lui faire face. La main de Goulven naturellement glissa sur elle et se plaça au creux de ses reins tandis que ses yeux se fichaient dans les siens et que leurs doigts, à l'instar de leurs âmes, se mêlaient. Ceux de la Noctua se posèrent près de sa bouche.

- Ton sourire.

Il le perdit quelques instants alors que les lèvres de la jeune fille se tendaient vers les siennes en annonçant un baiser aussi sensuel que le moment qu'ils vivaient tous les deux. Il ferma les yeux en se laissant laissant guider par les doux mouvements de la nymphe des eaux, mais elle le perdit encore lorsque glissèrent ces quelques mots à son oreille.

- Parce que je suis persuadée qu'Ogmios, Bragi ou Hermès eux-mêmes n'en possèdent pas de pareil.

Alors il pencha légèrement la tête et caressa de ses lèvres la peau de son cou, il fût frappé tant il la trouva douce. Incapable de s'éloigner d'elle, il pressa légèrement de sa main le dos de la Noctua afin de se rapprocher encore, s'attarda un peu en respirant son parfum pour finalement goûter du bout des lèvres la tendresse des formes de celle qui se qualifiait comme une muse.

D'éloquence il n'en avait plus, et sa question aurait bien pu demeurer sans réponse si Goulven avait pu le concevoir une seule seconde. Alors il cessa de l'embrasser et riva de nouveau ses yeux dans les siens, puis déclara.

"Sensorialité."

Ce mot qui indiquait la caractéristique d'un être vivant à être pourvu d'un système sensoriel, de ses cinq sens, avait, dans la bouche du Cerva une toute autre définition, contraction de "sensoriel" et "sensualité", il traduisait ce qui avait jalonné leur soirée. Il l'avait entendue. Puis sentie, vue, touchée. Et goûtée, puisqu'il avait joint leurs lèvres dans un baiser passionné d'une grande douceur. Ils avaient joué ensemble toute la soirée et avaient perdu, tous les deux, d'une certaine manière. Ils avaient perdu dans la mesure où la séparation, à l'issue de cette soirée, semblait inéluctable et gagné le droit de souffrir d'être séparé dans le vrai monde dehors. Mais emporté par un nuage de douceur, Goulven ne s'en préoccupait guère. Il l'enlaça tout en l'embrassant, ayant le sentiment que rien d'autre ne comptait.
Partir demain et la quitter ? Impensable. Par ce baiser il refaisait le voyage incroyable qu'ils avaient fantasmé ensemble.

Quand enfin leurs lèvres se séparèrent il la regarda avec une lueur nouvelle dans le regard, ce baiser semblait avoir conclu le jeu des questions par quelques points de suspension, commençait un dialogue avec la même sensualité que celle qui avait baigné leur rencontre.

Embrasser une inconnue dont il ne connaissait pas le nom, le Cerva n'avait jamais rien fait de pareil avant et se sentit s'enchaîner définitivement à elle. Elle avait pris possession de tout son être, son corps et son âme, il lui serait désormais impossible d'en revenir.


"Tu es dans mon univers depuis toujours, tu es ... mon monde." lui dit-il avec des trémolos dans la voix.


"Et si demain tu disparais je deviendrai fou.

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Jeu 6 Aoû - 3:53


U
n coup de foudre à 18 ans... Il est aisé de s'en moquer, mais cette expression était la plus adéquate pour décrire ce qui arrivait à Irmine dans cette pièce cachée aux regards des habitants du palais. Emportée par une déferlante de sentiments aussi tendres que passionnés, elle retint un frisson alors qu'il s'aventurait à poser ses lèvres la peau offerte de son cou.
Elle qui avait crû déjà connaître la sensation de s'enticher d'un jeune homme, elle réalisa qu'il n'en était rien : jamais au grand jamais elle n'avait eu avant cet instant l'intime conviction que sa vie dépendait de la présence d'une seule personne à ses côtés, et elle était persuadée que s'il faisait le moindre geste pour s'éloigner d'elle, son corps s'éparpillerait en une myriade de particules dans l'atmosphère environnante.

La réponse qu'il donna à sa question sembla rester en suspend dans l'air, les unissant dans cette même compréhension du moment fort qu'ils étaient en train de vivre, avant qu'ils ne le soient définitivement par le baiser dans lequel il joignit leurs lèvres.
Irmine pressa son corps contre celui du jeune homme, l'enlaçant de tout son être, de toute âme, l'entourant de ce doux sentiment que toute cette soirée avait tendu vers cet instant, passant délicatement ses bras autour de son cou pour resserrer toujours plus leur étreinte.

Le vacarme assourdissant des battements de son coeur la coupait de la réalité qui les attendait au dehors. Il ne se calma que lorsqu'ils mirent fin à leur baiser, pour accélérer de plus belle alors qu'il lui témoignait de la nécessité de ne plus jamais se quitter.
Irmine posa son front contre celui de Goulven, s'accordant une seconde pour reprendre ses esprits. Toutefois, elle comprit vite que cela ne servait à rien : il venait d'enfermer sa raison à double-tour et avait jeté la clé au loin.
A la déclaration du jeune homme, elle eut l'image soudaine qu'il avait toujours été là, caché dans une ombre de sa vie, attendant son heure pour se révéler à elle et lui mettre devant les yeux cette vérité implacable : elle l'aimait. Elle l'aimait avant même de le connaître. Et elle n'en aimerait jamais d'autre.

Mue par cette évidence des sentiments qu'ils partageaient, elle laissa son âme parler pour elle sans prendre la peine de réfléchir ou de raisonner.

- Pars avec moi !, s'exclama-t-elle.

La retenue qui caractérisait la jeune sorcière lui semblait ne plus avoir aucun sens désormais. Bien sûr, son idée était totalement folle, et si elle avait pris quelques instants pour conceptualiser ce qu'elle lui proposait là, elle aurait pu trouver mille raisons de retirer sa proposition.
Irmine dénoua soudainement ses bras du Cerva et fit quelques pas en arrière, en proie à une frénésie toute nouvelle. Se dirigeant vers une étagère, elle revint aussitôt sur ses pas, tournant en rond au rythme des pensées qui se bousculaient dans sa tête.

- Je sais, c'est totalement insensé...inconcevable...impossible ! Et pourtant...

Elle ne put rester une seconde de plus éloignée de lui et revint contre lui, puisant le courage d'aller au bout de sa demande folle dans la douceur de ses lèvres dont elle s'empara le temps d'un battement de coeur.

- Ce qu'on laissera derrière nous m'est totalement égal. Je veux disparaître...avec toi ! Ce soir !

De quoi vivraient-ils ? Qu'importe ! Ils trouveraient, ils s'enfuiraient, ne préviendraient personne, partiraient dans de lointaines contrées vivre cette vie qu'ils venaient de rêver, cette vie rien qu'à eux. Eux, ensemble. Parce que s'ils ne le faisaient pas, s'ils laissaient le cours normal des choses se dérouler, alors le lendemain les séparerait. C'était leur chance, maintenant, il n'y en aurait pas d'autre.  

- Et si un jour tu ne veux plus de moi...

Irmine fut incapable de terminer sa phrase, s'apprêtant à lui dire qu'il n'aurait qu'à la laisser pour reprendre sa vie en France. Il lui était inconcevable de s'imaginer séparée de lui à présent.  


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Jeu 6 Aoû - 10:05

Le plus cartésien des deux n'était pas le Cerva mais c'est pourtant elle qui lança l'idée folle de partir ensemble. Elle se détacha de lui et Goulven, bien qu'abasourdi, tentait de la suivre dans ses cent pas. La raison, pour une fois, tentait de s'imposer dans son esprit et son cerveau tournait à pleins régime en lui donnant toutes les raisons du monde de ne pas aller au bout de cette folie. Ils avaient à peine 18 ans et ne connaissait finalement pas grand-chose du monde extérieur. Sans études ni métiers, ils ne pourraient subvenir à leurs besoins. Mais son coeur, pour battre, avait seulement besoin de la présence de la jeune femme et rien d'autre.
Elle était tellement agitée qu'il ne parvenait plus à la suivre et une cascade de mots tout aussi fous que son idée sortirent de sa bouche tandis qu'elle revenait s'accrocher à lui et qu'il recevait le baiser fatal de la nymphe.
Mais la chose la plus insensée qu'elle put dire fût :

- Et si un jour tu ne veux plus de moi...

Instinctivement, il alla quérir ses lèvres en lui assurant que ce jour ne pourrait jamais arriver. Il se retrouvait acculé. Partir, comme ça, en laissant tout était fou. Mais la laisser était aussi sinon plus insensé. Il secoua vigoureusement la tête par l'affirmative, sans réfléchir, en ponctuant sa phrase de baisers furtifs.

- Oui, on part ce soir, tous les deux.

A aucun moment il n'avait songé fait qu'il ne connaissait pas le nom de la fille qui lit. Qu'est-ce que ça changeait ? Pas grand chose pour ne pas dire rien du tout. Il n'avait même pas l'intention de passer par Cerva, de n'avoir que ce qu'il avait sur le dos tant qu'elle serait là serait bien assez.
Comme ils ne pouvaient pas transplaner dans l'enceinte de l'Académie il leur faudrait rejoindre l'entrée du Palais avant que le monde ne soit définitivement à eux.
Mû par leur seul projet réalisable que celui de ne plus jamais se séparer tout en se faisant oublier, il mêla ses doigts aux siens et quitta la réserve de la Bibliothèque sans même un dernier regard. Ils traversèrent leur pièce chérie d'un pas pressé et une fois dans les couloirs se mirent à courir pour empêcher le bon sens de les rattraper.
En dix minutes, ils avaient traversé le parc du palais et passaient les grilles du portail d'entrée de l'Académie. Ils coururent encore une dizaine de mètres, comme pour laisser tout cela derrière eux et ce fût Goulven qui ralentit leur course en attrapant l'ancienne Noctua par la taille et la serra contre lui. Qu'elle transplane, il la suivrait même dans les contrées les plus hostiles.

- Emmène moi !

Comment voyait-il leur vie maintenant ? Faite de bohème, d'amour et d'eau fraîche, sans aucune autre attaque qu'elle car le reste n'importait pas. Et puis, quand ils en auraient assez de l'endroit où ils se trouveraient, ils pourraient de nouveau partir ensemble pour l'autre bout de la planète et cette fois, ce serait elle qui le prendrait dans ses bras et qui choisirait. Pour signer cette histoire de dingue, il l'embrassa à nouveau.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Jeu 6 Aoû - 19:51


S
i Goulven avait hésité, s'il avait émis la moindre raison de ne pas le faire...que se serait-il passé ?
Heureusement, il accepta sans poser plus de questions, sans réfléchir à l'endroit où ils iraient, ceci importait peu étant donné qu'ils s'y rendraient ensemble. Main dans la main, ils traversèrent en courant l'Académie qu'ils n'étaient pas censés quitter avant le lendemain, conscients qu'ils ne devaient pas laisser à la raison le temps de les rattraper. Ils se faufilaient parmi les ombres du palais et des jardins, évitant les groupes d'étudiants qui ne s'imaginaient pas que le lendemain la directrice lancerait des recherches intensives pour retrouver leurs deux condisciples fugueurs. Tels deux hors-la-loi, ils ne firent pas un bruit, retenant leur souffle et avançant sans hésiter vers leur projet fou. Pouvait-on réellement nommer cette lubie soudaine "projet" néanmoins ?

Une fois à l'extérieur de l'enceinte de Beauxbâtons, le jeune homme l'attrapa par la taille et l'attira à lui en l'enjoignant à les mener là où se porterait son imagination, quelle que soit la destination. Irmine eut une seconde de flottement, incertaine du premier endroit où elle voulait aller, et une idée germa soudainement dans son esprit. Alors qu'il s'appropriait ses lèvres à nouveau, elle s'accrocha fermement à lui et tranplana.

Toujours enlacés, ils atterrirent sur un sol caillouteux, l'obscurité vaincue par les rayons de la même lune qui éclairait la réserve qu'ils avaient quittée. Le chant des grillons résonnait dans l'air chaud d'une nuit du sud. Irmine se détacha lentement de celui qui n'était plus le délégué des Cerva désormais, ressentant un léger étourdissement. C'était fait, ils avaient fui ensemble. Cette réalité tout aussi absurde que merveilleuse lui donnait presque le vertige, mais la présence de Goulven à ses côtés et la sensation de la peau contre la sienne la rassuraient et lui donnaient une clarté toute nouvelle.

- Suis-moi., dit-elle doucement en sortant sa baguette et en chuchotant un Lumos qui illumina le bout de celle-ci d'une petite lueur argentée.

Ne lâchant pas sa main une seule seconde, elle découvrait l'endroit en même temps que lui, bien qu'en ayant étudié les moindres recoins à travers son imagination et les images d'un livre qu'elle avait emprunté un jour à la bibliothèque. Elle les mena à travers les ruines d'anciennes bâtisses et s'arrêta devant une en particulier.

- C'est la première fois que je viens, mais j'avais lu un livre sur cet endroit. Les archéologues l'ont appelé la maison d'Hermès.

La jeune fille savait que le lieu n'avait pas été spécialement consacré au dieu grec, gardien des voyageurs, mais elle avait estimé qu'ils ne pouvaient commencer leurs pérégrinations par un meilleur endroit.
Ils pénétrèrent dans la ruine qui avait autrefois été le domicile de gens comme eux. Peut-être ses murs avaient-ils assisté à la naissance d'un amour pareil au leur, protégé les vies heureuses d'une famille, d'un couple, d'anciens moldus aussi fous qu'eux. Personne ne le saurait jamais, mais Irmine frissonnait de plaisir à l'idée des histoires que les pierres pourraient conter si elles étaient douées de parole.
Les deux amoureux grimpèrent sur les bords d'un étage disparu et découvrirent une vue superbe sur la Mer Égée.

- On est sur l'île de Delos. Elle est inhabitée et est devenue un site historique visité par les moldus le jour. De nuit...il n'y a que nous.

Pourquoi avoir choisi cette île des Cyclades plutôt que la Scandinavie comme première destination ? Ce n'était guère difficile à comprendre : la Grèce, berceau des légendes sur les nymphes, terres sur lesquelles étaient né le culte des muses et d'un dieu voyageur et à la langue agile...une île oubliée du monde moderne, où personne ne viendrait les trouver par cette nuit unique.

Enlaçant celui qui lui avait fait perdre la tête, elle inspira profondément l'odeur de son cou avant d'y déposer un baiser furtif. Comme électrisée par ce contact, les lèvres de la naïade parsemèrent la peau de l'élu de son coeur de baisers en remontant jusqu'à ses lèvres, qu'elle embrassa avec une passion plus impérieuse encore qu'auparavant.
Elle mit fin à leur étreinte et s'élança en riant en direction de la plage, l'entraînant dans son sillage.

Quelques minutes plus tard, Irmine s'était débarrassée de ses chaussures, jouissant de la caresse du sable sur ses pieds nus, le drapé de sa robe soulevé doucement au genou par la brise, alors qu'elle replaçait derrière son oreille une mèche de cheveux échappée de son chignon. Un sourire rêveur illuminait ses traits, alors qu'elle observait le ciel parsemé de milliers d'étoiles brillant de mille feux.
Elle réalisa soudainement une chose qui lui paraissait pourtant bien futile désormais.

- Irmine., glissa-t-elle inopinément à Goulven qui n'était plus jamais loin maintenant, C'est comme ça que je m'appelle.

La naïade eut un sourire amusé à l'idée qu'il avait accepté de fuir avec une personne dont il ne connaissait même pas le nom.


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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Ven 7 Aoû - 0:04

Enlaçant sa belle avec passion, le jeune homme se sentir à peine partir lorsqu'elle opéra un transplanage d'escorte. Dans quel pays allait-il ouvrir les yeux ? Qu'importe, tant qu'il pourrait regarder dans les siens. Ses sens étaient tournés vers elle, et il mit un moment à parvenir à se détacher d'elle, puis à cesser de la regarder pour finalement tourner la tête et découvrir l'endroit où elle les avait emmené.
Rien que la nuit et des silhouettes anguleuses d'édifices antiques, le murmure des vagues au loin qui lui disaient qu'ils étaient sur une île. Il la laissa prendre sa main pour le guider dans les ruines fantomatiques. La voie lactée couvrait les cieux d'un voile scintillant. Il la suivit en calquant ses pas sur les siens sans jamais lâcher sa main et ils pénétrèrent dans une ancienne bâtisse.
Par un sort, il fit apparaître des boules lumineuses qui flottaient dans les airs pour éclairer les lieux qu'il reconnaissait vaguement pour avoir probablement ouvert le même livre qu'Irmine et d'autres sur l'architecture hellénistique En effet, ils étaient tranquilles et il n'y avait aucun risque que quelqu'un, Moldu ou Sorcier, ne vienne troubler leur solitude.

Goulven posa la paume de sa main sur la pierre ancienne, se faisant les même réflexions qu'Irmine.

- Si les pierres pouvaient parler, elles pourraient nous apprendre que ... qu'ici vivaient une famille très heureuse. Un homme et une femme, qui, au départ auraient décidé de tout quitter pour fonder une famille. Peut-être n'étaient-ils pas d'ici au départ ... Ou alors ... un patriarche terrible et redouté, l'aîné de ses fils aurait disparu le jour de sa majorité et il serait revenu plus tard pour sauver ses frères. Peut-être aussi que c'était un théâtre de comédie, ou qu'ils ont eu la vie qu'ils rêvaient d'avoir ... ou pas ...

Il menait à présent la jeune fille dans les différentes pièces, et dans chacune, le jeune homme avait une anecdote toujours plus folle à raconter.

- Dans la cour ils ont sûrement organisé des noces, des grandes cérémonies, regarde toute cette place pour danser !

Aucune remarque sur l'architecture et c'était pourtant un sujet qu'il maîtrisait. Et s'il faisait un anachronisme il s'en sortait par une pirouette fantasque. Mais c'est ainsi qu'ils arrivèrent à l'étage de l'édifice, à ciel ouvert. Le silence s'abattit sur eux tandis que leur regard embrassait le large. Comme ils étaient petits dans ce monde.
Grisé par la douceur de ses lèvres sur sa peau, il lui rendit chacun de ses baisers avec la même passion qui habitait l'inconnue de la bibliothèque.
Puis elle s'élança en courant et l'entraîna jusque sur la plage où la mer venait mourir sur le sable. Comme elle, il retira ses chaussures et les abandonna là pour marcher pied-nu dans le sable. Alors que le regard de sa compagne se perdait dans la nue argentée, le sien scrutait l'horizon et les faibles lueurs qui leur parvenait de l'autre côté de l'eau. C'était bien la seule chose, avec la lumière des étoiles, qui semblait les atteindre.

Sans transition, elle lui apprit son prénom. Goulven n'y était tellement pas qu'il se demanda d'abord de quoi elle parlait si bien qu'elle eut raison de préciser. Il lui sourit et resserra sa prise autour de sa main tout en continuant à marcher sur le sable.

- Je viens de réaliser que je ne connaissais toujours pas ton prénom. C'est fou ... ou bien stupide ? Oh, des fois la frontière entre les deux est bien mince, accusons-nous plutôt de folie.


Il n'aurait pas pu l'appeler éternellement "fille qui lit" ou "de la bibliothèque".

Une vague vint lécher ses pieds et il eut un frisson en sentant la fraîcheur de l'eau. Mais pour le Breton elle était très bonne voire chaude et il laissa sa main glisser de la sienne pour marcher dedans jusqu'aux genoux. Elle ne semblait pas le suivre. Peut-être avait-elle peur de l'eau ou bien la trouvait-elle froide ? Alors il revint doucement vers elle sans toutefois en sortir.


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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: What if...we already met ?   Sam 8 Aoû - 5:15


I
rmine riait à chaque anecdote imaginaire que Goulven avait à raconter sur les pièces qu'ils visitaient. Certaines étaient parfaitement fantaisistes, tandis que d'autres semblaient plus réalistes, mais toutes avaient une fin heureuse.

Tandis qu'il réalisait enfin qu'il ne connaissait pas son prénom, jusqu'à maintenant, elle lui fit un sourire entendu.

- Peut-être aurais-je dû conserver Uranie alors. Changer de prénom, changer d'identité...

Changer de vie. Ou plutôt, commencer sa vie.
Irmine laissa la main du jeune homme lui échapper alors qu'il pénétrait dans l'eau salée de la mer, répondant au vieux réflexe d'éviter tout environnement aquatique en présence d'autres personnes. Ayant remarqué qu'elle ne le suivait pas, il revint vers elle. Le sourire de la naïade se fit timide l'espace d'un instant : elle mourrait d'envie de le suivre dans les vagues sombres, mais elle ne savait si lui apprendre qu'il avait fui avec une hybride ne constituerait pas la goutte de trop.
Cependant, un sentiment profond de liberté accompagnait cette fugue avec lui dans une contrée inconnue. Elle n'avait plus aucune obligation de maintenir un secret imposé par sa famille, plus de règles, plus d'attache autre que cette main qui se tendait vers elle.

Alors, la jeune naïade fit une chose qui lui parut encore plus folle que celle d'avoir fui avec un quasi inconnu. Elle détacha ses cheveux, fit quelques pas en direction de l'eau et s'arrêta une seconde avant que celle-ci ne la touche. Retenant son souffle, une vague vint lui lécher les pieds, et ce contact finit de la décider. La naïade avança d'un pas décidé dans l'eau et s'immergea totalement d'un plongeon gracieux.
De l'extérieur, une lueur argentée émanait de sa silhouette brouillée par les flots, et elle en ressortit transformée : de délicates arabesques s'étiraient sur sa peau, s'enroulant le long de ses bras, de ses mains, de ses jambes, de toute la surface de son corps dont les formes se devinaient sous le tissu blanc trempé, terminant leurs courses sur sa tempe par un fin ornement qui remontait le long de sa joue gauche. Ces marques d'un bleu profond brillaient sous la lumière de la lune, étincelant d'un doux halo opalin dans les eaux sombres.

Bien que libérée par ce geste et par la franchise avec laquelle elle dévoilait son ascendance de nymphe des eaux à Goulven, Irmine attendait avec appréhension la réaction de ce dernier.

- Il y a certaines choses que je ne pourrai jamais changer en revanche., dit-elle doucement.


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