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 La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Sam 15 Aoû - 3:56

L'île de Vermeil offrait un panorama varié et riche en beautés naturelles. Forêt, rivière, plage de sable fin, promontoires escarpés... Il semblait que tout était rassemblé sur ce petit archipel pour offrir un spectacle époustouflant au détour de chaque chemin. Certains recoins étaient assez bien cachés pour n'être connus que de rares chanceux, comme cette falaise donnant sur l'océan, auquel on accédait après avoir traversé les bois en sortant du sentier.
Par un beau dimanche de juin, une jeune femme était justement assise au bord du vide, les jambes pendant au-dessus de celui-ci. Elle était belle, cette femme dont les grands yeux émeraudes se perdaient à l'horizon, immobile comme si le moindre mouvement risquait de la faire chuter mortellement au bas de la paroi rocheuse. Les mains rassemblées sur ses cuisses, tenant une lettre fermée, son corps était figé dans cette posture de statue vivante. Son esprit, lui, n'était pas au repos.

Irmine avait tourné et retourné la soirée du vendredi dans sa tête, se repassant le film des événements en boucle. Le lendemain avait été particulièrement terrible, ayant dû composer avec une petite gueule de bois, le regret de devoir demander à Elyon de rentrer chez elle le matin car elle devait ouvrir la bibliothèque, une journée de travail éprouvante en raison du nombre d'élèves venus réviser leurs examens, et Bénédicte qui lui avait annoncé qu'elle allait se coltiner Lysandre comme assistant pour faire son inventaire. La bibliothécaire avait attendu avec impatience le dimanche, son sacro-saint jour de congé, pour s'échapper enfin. Ses pas l'avaient menée inconsciemment sur cette falaise qui l'avait vue révéler un amour dont elle comprenait enfin qu'elle ne s'en déferait jamais, alors qu'elle l'avait furieusement évitée depuis trois semaine, sachant qu'elle risquait d'y rencontrer Goulven. Elle n'avait réalisé l'endroit où elle se trouvait qu'en apercevant l'arbre à l'ombre duquel ils s'étaient laissés emporter par la frénésie de leurs sentiments pour la première fois. Incapable de faire marche-arrière et d'aller ailleurs, elle s'était assise au bord du promontoire, à la place même qu'elle occupait quand il avait confessé désirer l'embrasser, aveu qui avait fait s'effondrer les dernières barrières d'Irmine.

Ces mêmes barrières qu'elle s'était efforcée d'ériger à nouveau après sa déception, et qui étaient une fois de plus tombées quand il l'avait prise dans ses bras l'avant-veille.
Plus encore que son étreinte impérieuse, c'était les lèvres du jeune homme dont la sensation semblait imprimée sur les siennes. A quoi avait-elle pensé en lui donnant ce baiser ? A rien, justement. La séparation physique entre eux avait fini par lui être insupportable, et son instinct avait dirigé son comportement. Presque comme une question de survie.
Et puis il y avait les mots douloureux qu'il avait eus, l'aveu de son incompréhension face aux réactions de défense de la naïade. Le désespoir qu'elle avait lu dans son regard à ce moment-là avait déchiré le coeur d'Irmine. Elle se faisait du mal, mais pire encore, elle lui en faisait également. La jeune femme avait l'impression d'être en train de briser cet homme qu'elle aimait plus que sa propre vie, et de lui infliger le même sort que sa génitrice avait jeté sur son père. Cette image d'elle-même était tout simplement insupportable.

Depuis une semaine, une lettre attendait au fond de son tiroir que la sorcière trouve le courage de l'ouvrir, et Irmine se risqua enfin à la ressortir et l'emporta avec elle tandis qu'elle sortait, dans l'espoir que l'air lui remettrait les idées en place. Seulement, une fois assise et prête à la lire, elle avait hésité, et cela devait faire une bonne heure qu'elle fixait l'étendue miroitante en repoussant l'instant de se confronter aux conséquences de ses décisions...ou indécisions, en l'occurrence.

Finalement, Irmine prit une grande inspiration et ouvrir la lettre, qu'elle lut d'une traite. La peine de Goulven lui sauta à nouveau à la figure et elle sentit se gorge se nouer. Elle se passa doucement un doigt sur les lèvres, pensive, tandis qu'elle reportait son regard devant elle en serrant la lettre ouverte dans son autre main.

Pourquoi devait-elle toujours tout foutre en l'air ?

[HJ vêtements d'Irmine : https://www.pinterest.com/pin/375698793892105490/ ]

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Sam 15 Aoû - 5:05

Une absence peut rendre l'attente insupportable. Mais c'était le baiser qu'Irmine lui avait donné qui le tuait lentement. Durant la journée qui avait suivi, l'avocat avait traîné sa carcasse selon ses habitudes, ou plutôt ses semblants d'habitude parce que depuis qu'Irmine était entrée dans sa vie, absente ou présente, ses repères étaient complètement chamboulés.
L'avocat se trouvait au marché des bouquinistes et regardait vaguement quelques vieux romans.

- 6 Pavois pour ceux-ci ... Monsieur ... Monsieur ?
- Pardon ?
- La Saga des Völsungar ... c'est 6 Pavois ...

Il baissa les yeux vers ce qu'il tenait entre ses mains et secoua la tête comme s'il recouvrait ses esprits.

- 5 ... elle est un peu cornée.
- Va pour 5 !

Peu attentif à ce qu'il faisait, il glissa une pièce de 10 pavois dans la main du vendeur et partit avec sa nouvelle acquisition sous le bras, qu'il passa déposer chez lui.
Avec les trois autres achetés les semaines précédentes ... par habitude. Ou par besoin. Ou désespoir. Incapable de ne pas acheter le livre préféré d'Irmine, il en disposait maintenant de plusieurs versions et traductions, il y en avait même une illustrée.

Il se posa à son bureau et cacha sa tête dans ses mains. Epuisé. Fatigué. Il ne parvenait pas à se remettre de leur séparation et c'était encore pire depuis qu'elle l'avait embrassé. Ca avait été leur baiser le plus court, mais celui qui l'avait le plus marqué ...
Relevant la tête, il se leva brusquement. Il se sentait étouffer et avait besoin d'air.
Il transplana sans réfléchir à l'endroit où il pourrait prendre le plus d'oxygène, être un peu avec elle, de manière détournée ... Se figurer que se trouver là pourrait atténuer la douleur de son absence.

Quelle ne fût pas sa surprise lorsqu'il aperçut Irmine, assise au bord du vide, à l'endroit même où il lui avait fait une grande confession. Elle tenait une lettre dans sa main mais ce n'était pas ce qu'il visait. Il avait du mal à réaliser qu'elle était là et resta coi à la regarder pendant un temps qui lui parut une éternité, mais qui ne dura guère plus de quelques secondes.
La brûlure causée par son baiser n'en fût que plus vive. Lorsque son coeur recommença à battre, il s'avança doucement, avec beaucoup de précautions, comme si d'un faux mouvement il pouvait la faire fuir.

A quelques centimètres d'elle, il profita d'une brise en sa faveur pour sentir son odeur. Sans oser d'avantage ... et flûte.

Sans attendre plus longtemps, il l'enlaça alors qu'elle lui faisait toujours dos.

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
I don't want to close my eyes, I don't want to fall asleep,
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Sam 15 Aoû - 5:40

La petite détonation provoquée par un transplanage était un son bien connu de tous les sorciers, aussi Irmine sut immédiatement qu'elle n'était plus seule. Elle n'avait même pas besoin de se retourner pour savoir qui l'avait rejointe, car au fond elle était venue en ce lieu dans l'espoir qu'il y serait également. S'il avait tenté de la retrouver à Bois-Doré, il était forcément passé sur cette falaise lourde de sens pour eux d'eux, et probablement pas qu'une fois.

La naïade ne dit rien, ne bougea pas, continuant de fixer un point dans le vide devant elle, mais ses yeux ne regardaient plus. Sa prise se resserra légèrement sur la lettre et elle ferma les yeux, comme pour mieux entendre le bruit de ses pas qui s'approchaient d'elle. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il la prenne dans ses bras, mais elle ne le repoussa pas. Les yeux encore clos, elle sentait son corps se détendre à ce contact qui lui manquait tant et savait qu'elle n'avait plus la force de le fuir. Ni l'envie.

Avec un soupir inaudible, elle rouvrit les yeux et les baissa sur la lettre qu'elle tenait encore.

- Je ne l'avais pas lue.

La bibliothécaire laissa planer un silence après cette information, tentant de rassembler ses idées, celles qu'elle tentait de débrouiller depuis deux jours, depuis trois semaines. Cependant, les bras de Goulven autour de ses épaules l'empêchaient de se concentrer sur ce qu'elle voulait dire, sur ce dont elle s'était rendue compte devant l'entrée de ce pub où elle ne mettrait plus jamais les pieds. Elle ne pouvait ressentir qu'une chose en cet instant : qu'il lui manquait ! Oh oui, il lui manquait à tel point que cela en était devenu insoutenable.

Le souffle chaud du Breton sur sa nuque était le même que lorsqu'ils dormaient ensemble, l'un contre l'autre, du temps où ils avaient réussi à éviter les problèmes et confrontations ouvertes.

- Combien de fois es-tu venu ici ?, demanda-t-elle d'un ton si bas qu'il était presque couvert par le bruit des vagues s'écrasant au bas des rochers.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Dim 16 Aoû - 22:31

Il y avait plusieurs raisons à son geste. Le manque d'elle et également de la voir disparaître. Ainsi, si elle transplanait elle serait obligée de l'emmener avec elle. Alors Goulven aurait du se sentir soulagé de tenir sa nymphe dans ses bras mais ce ne fût pas le cas. Si elle ne le repoussait pas, elle ne se laissait pas aller contre lui non plus, bien qu'il put sentir que sa raideur s'atténuait un peu.

- Je ne l'avais pas lue.

Il dirigea son regard sur la lettre ouverte dans sa main et lu malgré lui les quelques mots qu'il pouvait lire.

"Je ne viens pas quémander ton pardon, j'estime que celui-ci devrait être accordé uniquement si tu m'en juges digne. Je ne viens pas non plus tenter de te démontrer ma sincérité parce que cela ne s'explique pas mais se voit et se vit."


Avait-il vraiment pu écrire cela ? Incapable d'en lire plus, il ferma les yeux, posa son front contre sa nuque et resserra légèrement ses bras autour d'elle. Il avait évolué, depuis qu'il avait écrit ces mots. Il avait imploré son pardon plusieurs fois et avait même pleuré devant elle. Il se dégoûtait, de nouveau, d'avoir été un homme capable de blesser l'amour de sa vie et de lui dire après qu'il ne ferait rien pour se faire pardonner.

- C'est .. ce n'est pas ...

Ce n'était pas quoi ? Ce qu'il voulait dire ? Ce qu'il avait voulu faire ?

- Je ne pourrais plus ...

Incapable de finir une phrase, les mots se bousculaient dans sa gorge. Il prit une grande inspiration et dit :

- Je ne pourrais plus t'écrire cela aujourd'hui. Je ferais n'importe quoi pour que tu me pardonnes.

Il resserra encore légèrement ses bras et posa son front, cette fois, dans le creux de son cou.

- Combien de fois es-tu venu ici ?

Goulven ne su que répondre. Il etait venu tous les jours ou presque depuis qu'Irmine l'y avait laissé il y avait de cela trois semaines. Trois semaines durant lesquelles il avait eu l'impression de sombrer dans la folie.

-Je n'en suis jamais réellement parti. dit-il d'une voix fébrile.

L'avocat ne dit plus rien l'espace d'un instant, Il devinait sans peine qu'elle, elle n'était pas revenue sur la falaise depuis ce jour. Il l'avait cherchée parfois même sans le savoir, jusque dans son lit et dans ses reves où il se mettait en quête de la chaleur de ses bras. Sa souffrance ne lui avait guère laissé de repos, et c'était encore pire depuis cette fameuse soirée au pub, où il afait l'l'impression d'avoir compris sans pour autant en être sûr.

- Ton absence m'est insupportable Ine ... Comprendre que pour toi, rester avec moi était plus douloureux que d'être séparé m'a fait prendre la pleine mesure de la peine que je t'ai faite et ... Je ferai tout pour m'amender ... Si un jour tu ... Veux ... Oh ... Tu m'as perdu avec ce baiser ...

Il colla ses lèvres contre sa nuque, sentant son coeur exploser dans sa poitrine. Cette sensation n'avait rien à voir avec le feu d'artifice qui avait retentit dans tout son coeur lorsqu'ils s'étaient embrassé pour la première fois, elle s'apparentait d'avantage à la détonation destructrice d'une bombe.

Mais si elle se trouvait là c'était peut être parce qu'elle avait cessé de fuir ... Toujours était il qu'il ne savait pas comment l'interpréter ... Et il ne voulait pas s'y risquer.

- Ine ... Que dois-je comprendre ?

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Dim 30 Aoû - 13:42

[HJ soundtrack : https://www.youtube.com/watch?v=1JagN5Oj0v8 ]

La lettre avait grandement perturbé Irmine, bien qu'elle ne l'ait lue que quelques minutes auparavant. Ce qu'elle y lisait lui faisait mal, autant par le fait que Goulven y affirmait qu'il ne ferait rien pour obtenir son pardon que par la peine qu'il y exprimait. Et pourtant, il avait explicitement démenti ses propos au pub irlandais l'avant-veille, en la suppliant presque de cesser de le fuir.
Apparemment, le jeune homme était tout aussi troublé de revoir cette missive, car il bégaya deux fois avant de finalement affirmer qu'il ne pourrait plus écrire de tels mots.

L'étreinte dans laquelle il enserrait Irmine faisait remonter chez la jeune femme tous les sentiments qu'elle avait tenté d'étouffer en 3 semaines. Elle s'était menti à elle-même en croyant qu'elle finirait par s'en passer, qu'il lui fallait juste du temps pour se détacher, pour ré-apprivoiser sa solitude sécurisante. La jeune femme n'avait jamais été autant dans l'erreur de toute sa vie. "Personne ne peut être heureux dans une solitude éternelle." Cette vérité, Arsène la lui avait énoncée il y avait bien des années de cela et elle ne l'avait pas cru. Ou du moins s'était-elle convaincue que sans être heureux, on pouvait être contenté dans la solitude. Sans Goulven, peut-être n'aurait-elle jamais compris les mots de son vieux mentor. Aujourd'hui, tout était différent, mais une certitude s'imposait à son coeur : elle ne pourrait être heureuse sans lui. Pourrait-elle l'être avec lui pourtant ?

Les bras de l'avocat tremblaient légèrement lorsqu'il répondit qu'il n'avait jamais réellement quitté ce promontoire depuis qu'elle l'y avait laissé trois semaines auparavant, néanmoins sa prise restait ferme. Il l'entourait de sa présence, de sa chaleur, et les muscles de la naïade se détendaient un à un, l'amenant à se laisser aller imperceptiblement contre lui.
Elle n'était pas revenue jusqu'à ce jour, ayant sciemment évité ce promontoire où elle risquait à coup sûr de le croiser. Et finalement, c'était ses pas qui l'y avaient menée de manière automatique au moment où elle avait plus que jamais eu besoin de s'apaiser. "Où vas-tu alors quand tu as besoin de quiétude ? Où est ton St-Malo ?" lui avait-il demandé un jour. Elle n'avait pas su lui répondre à l'époque, elle le pouvait désormais.

- Ton absence m'est insupportable Ine... Comprendre que pour toi, rester avec moi était plus douloureux que d'être séparé m'a fait prendre la pleine mesure de la peine que je t'ai faite et... Je ferai tout pour m'amender... Si un jour tu... Veux... Oh... Tu m'as perdu avec ce baiser...

Goulven ne pouvait le voir, mais les sourcils d'Irmine se haussèrent d'inquiétude à ses paroles, et elle se tendit à nouveau, alertée et déstabilisée parce qu'elle entendait et croyait comprendre. Lui n'avait pas compris. Et elle ne savait pas comment interpréter sa dernière phrase.

- Non ! Je... Je n'ai pas dit ça. Ce n'était pas ce que je voulais..., commença-t-elle d'une voix hachée, n'ayant jamais été la plus éloquente des deux de toute manière.

- Ine ... Que dois-je comprendre ?

Le baiser sur sa nuque lui fit l'effet d'un véritable embrasement, qui jeta aux orties ce qu'il lui restait de raisons de le fuir.

- C'est de moi que j'ai essayé de te libérer, de me libérer, de... Mais si tu me dis que...

Le regard perdu sur l'étendue bleue, Irmine tentait de ne pas saisir la tournure ambiguë de la phrase du jeune homme de la pire des manières. Sa main se serra un peu plus sur la lettre qui se chiffonna, cette lettre où lui-même avait écrit qu'il ne pouvait croire que ce qui les liait soit fini.

- Et moi, que dois-je comprendre alors ? Que veux-tu dire...je t'ai perdu ?

Impensable ! C'était tout bonnement impensable ! Quelle égoïste elle était, à lui demander de la laisser tranquille, et lorsqu'il sous-entendait qu'il n'était peut-être plus capable de supporter tout ça, elle s'affolait qu'il ne soit plus là quand enfin elle cessait de le repousser. En cet instant, elle eut la soudaine envie de se donner une bonne claque, mais comme il lui enserrait les bras, elle se contenta de se mordre violemment la lèvre avant de lâcher d'une voix tremblante :

- Je t'en veux encore, de m'infantiliser tout en disparaissant quand j'avais besoin de toi. Et je ne supporte pas l'idée d'être dépendante de quelqu'un...mais à l'hôpital je me suis sentie trahie, abandonnée…et j'ai...j'ai besoin de toi !

Irmine sentit sa respiration se raccourcir et son coeur sur le point d'exploser. Bien maladroitement, elle tentait de lui faire comprendre le sens de ses pensées, alors qu'elle-même peinait encore à les démêler. Cependant, maintenant qu'elle avait commencé, elle était obligée d'aller au bout.

- Et quand tu m'as dit l'autre soir que tu étais démuni, j'ai compris...que tu ne peux pas comprendre, parce que je ne te laisse pas comprendre. Quelles que soient mes intentions, je n'arrive qu'à nous faire du mal.

Réaliser cela avait été difficile, l'accepter bien plus, l'avouer était pire encore. Mais si elle était en train de perdre Goulven, alors autant laisser sortir ce qui la bouffait littéralement depuis deux jours.

- J'ai voulu t'écarter de ma vie en pensant que cela serait plus facile comme cela. Mais j'avais tort. Sans toi, je suis malheureuse. Et je ne peux plus.

Les jointures de ses doigts avaient blanchi, ses mains serrées à l'extrême sur ses cuisses. Son rythme cardiaque s'affolait à nouveau, et elle avait peur que s'il la lâchait, elle pourrait bien tomber de cette falaise.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Dim 30 Aoû - 18:20

Alors que les propos de la Naïade auraient dû éclaircir ses intentions et ses sentiments, il n’en fût rien. Goulven ne se trouva que plus embrouillé lorsqu’elle parla de le libérer, puis de se libérer.

- C’est ça … c’est ça que je ne comprends pas …

Il n’avait jamais eu l’impression d’être près d’elle contre son gré, tout comme il ne vivait pas sa relation avec elle comme un enchaînement. Et pourtant, c’était lui qui venait de dire que sans elle il ne pouvait vivre et qu’il était inenvisageable pour lui de rompre tout lien avec elle. Il avait du mal à saisir la pleine mesure de ce qui les reliait.
Il ne songeait cependant pas un seul instant qu’il n’était pas heureux avec elle et c’était le bonheur d’être à ses côtés qui rendait ses absences supportables. Mais sans la garantie de la revoir, Goulven s’était senti sombrer dans la folie.

- Je … je suis heureux lorsque je suis avec toi … je ne souffre pas … je …

Lui, lui c’était une chose. Mais elle ? C’était bien cela qui l’effrayait : d’apprendre que pour elle, être avec lui était source de souffrance. Mais ce n’était pas ce qu’elle semblait vouloir dire, et elle finit par lui préciser ce qu’il avait plus ou moins compris. Elle lui renvoyait combien son comportement avec elle avait été illogique et, d’une certaine manière, injuste. Le discours de la jeune femme, empli de contradictions, ne lui avait guère laissé le temps de répondre quand elle lui avait demandé en quoi elle l’avait perdu.

Pour la seconde fois depuis qu’il l’avait rencontré, il ne sut quoi dire pour la réconforter. A l’hôpital, il n’avait pas osé aller près d’elle, ne sachant pas quoi lui dire pour la soutenir. Mais elle venait de lui faire comprendre qu’elle n’attendait pas que des paroles et encore moins des promesses d’alléger des peines dont il n’était pas le responsable.

Elle lui dit alors combien elle avait souffert de leur séparation en dépit de sa décision et combien elle était malheureuse alors qu’ils avaient été séparés. Comme elle, il ne pouvait plus tolérer son absence, mais contrairement à elle, il ne doutait pas d’être pleinement heureux avec elle.

Sentant la tension qui s’emparait d’elle, il prit appui sur ses talons et la tira en arrière avant de l’inciter à se relever et la prit dans ses bras en les éloignant de quelques pas du vide. Inconsciemment, il se mit entre elle et le bord de la falaise en l’enveloppant comme il pouvait. Il était hors de question pour lui, de cesser de la toucher par quelques manières que ce soit. Cela le rassurait. Elle ne pourrait partir nul-part sans lui bien qu’un seul mot hostile de sa part finirait de l’anéantir.

[color=darkred]- Tu te trompes ! Lui garantit-il. [b]Ne pense pas cela, une seule seconde. Ne pense pas que tu nous fais du mal, je n’ai jamais été aussi heureux que depuis que tu es dans ma vie, mais je n’ai jamais autant souffert que depuis que je suis séparé de toi. J’ai besoin de toi Ine …

La serrant d’avantage, ses mains s’accrochèrent à la robe de la jeune femme et comme elle ne disait rien, il continua en répondant à sa question.

- Tu m’as perdu, tu as anéanti ma volonté à vouloir vivre, coûte que coûte, sans toi. Je suis incapable d’admettre que nous soyons séparé encore … Je ne peux plus Ine. Je m’accroche à toi pour cesser de dériver. Parce que je sais que de cette manière tu ne pourras pas partir sans moi, parce que … j’ai …

Sa gorge se noua et son corps se tendit à nouveau.

- … Peur de te perdre. Peur que tu disparaisses. Je t’ai cherchée. Je n’ai jamais pu cesser d’essayer de te retrouver. C’est avec toi que je veux être. Mais … si …

Il laissa sa phrase en suspend un court instant avant de reprendre.

- Si … toi tu … ne … peux … veux plus … de … Si je ne peux pas … prendre soin de toi alors je crois … je ne vois pas pourquoi …

Il n’arrivait pas à finir sa phrase, loin de lui était l’envie de lui faire un tel chantage affectif, néanmoins les choses étaient telles. Si elle ne voulait plus de lui, il n’aurait plus qu’à se laisser mourir, ou sombrer dans la folie pour rendre son existence moins insupportable.

- Parce que je souffre trop d’être sans toi.

Il passa ses doigts dans la longue chevelure de la Naïade dont il emplissait l’odeur de ses poumons jusque-là obstrués par la douleur. Ses lèvres commencèrent à caresser sa peau et il déposa un baiser non loin de son oreille.

- Mais aussi parce que j’ai peur de ne pas être celui qu’il te faut.

Voilà, Goulven venait de lâcher sa plus grande crainte. Bien plus présente que celle de la voir partir, celle de ne pas être pour elle ce qu’elle était pour lui. Son oxygène.
Il avait aussi peur de la blesser à nouveau, peur de ne jamais parvenir à la comprendre … Ah, qu’elles étaient nombreuses ces peurs, et il ne savait tout simplement plus comment se comporter.

Les lèvres toujours près de son oreille, il lui dit :

- Cependant … Si … Tu me laisses t’embrasser, je ne pourrai pas m’arrêter. Ce sera au-dessus de mes forces. Je n’en ai plus.

Dans un dernier élan, il alla quérir les lèvres de la Nymphe des Eaux.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Mar 1 Sep - 1:57

Le discours de l'hybride manquait cruellement de clarté, mais elle-même était incapable de mettre de l'ordre dans ses idées avant qu'elles ne jaillissent de sa bouche. Goulven dut sentir la fébrilité qui s'était emparée la naïade, car il l'attira doucement loin du précipice, évitant ainsi tout accident fâcheux.
Pas un seul instant il ne la lâcha, la serrant immédiatement dans ses bras une fois qu'ils se furent relevés. Le coeur d'Irmine eut un soubresaut en retrouvant l'odeur caractéristique du jeune homme, l'écrin de ses bras et le murmure de sa voix à son oreille lui assurant qu'il ne pouvait être heureux qu'avec elle.

Les tripes de la jeune femme lui donnèrent l'impression de se nouer alors que le corps de Goulven se tendait en lui avouant ses peurs.

- Si…toi tu…ne…peux…veux plus…de… Si je ne peux pas…prendre soin de toi alors je crois…je ne vois pas pourquoi…

Le silence qui suivit sembla durer une éternité et la naïade fut prise de tremblements incontrôlables. Ce qu'il lui disait était pire que tout, la situation était pire que tout ! C'était de cela qu'elle avait tenté de le libérer, de cette folie qui guettait tout homme ayant le malheur de s'éprendre d'une nymphe. De ça...mais aussi de la tendance qu'elle avait à réduire en miettes ses chances d'être heureuse. Elle était pathétique, voilà le mot. Pathétique !

- Parce que je souffre trop d’être sans toi.

Les bras d'Irmine, qui étaient restés appuyés contre le torse du Breton jusque-là, l'enlacèrent, et elle le serra avec la même force à laquelle qu'il s'accrochait au voilage de sa robe. Silencieusement, elle expirait longuement, comme pour évacuer l'implacable culpabilité qui s'était insinuée en elle. Malheureusement celle-ci n'allait pas la quitter de sitôt. Elle avait l'impression d'avoir eu un aperçu de ce qui était arrivé à son père lorsque sa génitrice avait disparu en ne laissant qu'un bébé derrière elle, et cela l'effrayait au plus haut point. Elle ne supporterait pas que son âme soeur termine dans le même état que Léonce Boisseuil, elle ferait tout pour empêcher cela. Et soudain cela la frappa : il n'était pas le seul à souffrir le martyr lorsqu'ils étaient séparés, elle-même avait eu l'impression de perdre les pédales à force de rêver de lui, d'avoir le souvenir de son sourire comme imprimé sur sa rétine, à tel point que même l'eau de source n'avait su l'apaiser.

La solution était donc évidente : ils ne pouvaient purement et simplement pas vivre l'un sans l'autre, et Irmine avait beau penser qu'il aurait mieux valu pour lui qu'il passe son chemin dans les jardins du Grand Conseil, cela ne changerait jamais cet état de fait. Pourtant, la puissance de ses propres sentiments était terrifiante.

- Mais aussi parce que j’ai peur de ne pas être celui qu’il te faut.

Ce fut probablement le plus terrible à entendre pour Irmine. Comment pouvait-il en douter une seule seconde ? Comment pouvait-il ne pas savoir qu'elle lui avait appartenu dès l'instant où s'étaient unis, corps et âmes, pour la première fois sur cette même falaise ?
Elle aurait été incapable de lui formuler ce qu'il lui fallait car elle-même ne le savait pas, mais elle n'en était désormais plus là. La colère et la rancoeur, au fond, avaient été alimentées par sa propre peur qu'il ne soit pas entièrement sien, par ce besoin intolérable de lui, par cette impossibilité de se lier à lui sans crainte. Irmine avait mille raisons de fuir cet homme, et aucune à la fois.

Alors elle se laissa embrasser, et répondit même instinctivement à ce baiser. La passion qu'elle déversa dans celui-ci était renversante et s'accrocha plus fermement encore au dos du sorcier. Ce fut peut-être la première fois de sa vie qu'Irmine fut incapable de ne plus penser à rien, le fonctionnement de son brillant cerveau ayant apparemment décidé de se concentrer sur les sensations que lui procurait ces retrouvailles charnelles. Restèrent-ils des minutes, des heures ainsi ? Impossible à dire ! La jeune femme aurait même probablement été incapable de donner son prénom si quelqu'un le lui avait demandé à cet instant.
N'ayant cure de savoir si le manque d'oxygène pourrait finir par la tuer, du moment que c'était dans ses bras, la nymphe ne lâchait plus les lèvres de son amant et elle retrouva cet oubli caractéristique du monde qui les entourait.

Ils furent bien obligés de cesser leurs baisers, malgré la promesse de Goulven, mais les battements du coeur d'Irmine ne ralentirent pas pour autant.

- Je t'aime, Venn ! Je t'aime...je t'aime...plus que je n'ai jamais...je suis désolée...je ne peux admettre l'idée de te faire du mal...même si je t'en veux...mais je n'ai jamais...pardon, je n'ai pas tenu ma promesse ! Mais je ne peux plus fuir ! Alors ne me lâche plus...ne me lâche plus.

Incapable d'articuler un mot de plus, Irmine pressa à nouveau ses lèvres contre celles de celui à qui elle venait d'exprimer le désarroi tout comme l'intime conviction de son amour.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Mar 1 Sep - 7:55

Le soulagement de Goulven fût perceptible lorsqu'Irmine passa ses bras autour des siens et toutes les tensions le quittèrent d'un coup pour que son corps épouse les formes du sien. Alors que c'était la culpabilité qui se nichait au creux de leurs coeurs, un questionnement torturait l'avocat. Son cerveau se remplissait de doutes : était-il vraiment capable de prendre soin d'elle ? Les derniers événements lui avaient démontré qu'il ne l'avait peut-être jamais comprise, et l'idée de la sentir s'éloigner de lui de nouveau l'empoisonnait littéralement.

L'embrasser, sentir à nouveau son âme se lier à la sienne, retrouver ce sentiment de plénitude qui apparaissait lorsqu'ils étaient ensemble le réconforta, mais la blessure de la séparation encore ouverte rendait la tâche de se séparer bien ardue. Même s'il n'avait pas senti qu'elle en avait besoin autant que lui, il aurait eu du mal à cesser. Pourtant, il fallut bien à un moment.

- Je t'aime, Venn ! Je t'aime...je t'aime...plus que je n'ai jamais...je suis désolée...je ne peux admettre l'idée de te faire du mal...même si je t'en veux...mais je n'ai jamais...pardon, je n'ai pas tenu ma promesse ! Mais je ne peux plus fuir ! Alors ne me lâche plus...ne me lâche plus.

L'avocat secoua vigoureusement la tête lorsqu'elle lui dit qu'elle était désolée et la serra contre lui encore.

- Je sais Ine. Le seul à qui j'en veux, ici, c'est moi.

Il se passerait un certain temps d'ici à ce qu'il se sente pardonné et pendant longtemps cette culpabilité le rongerait encore longtemps.

- Je ne l'ai pas tenue non plus, tu ne pouvais par conséquent pas tenir la tienne. Je me tiens pour seul responsable de ça. Ine, je ne t'en veux pas. Je ne t'en veux vraiment pas.

Il renforça sa prise et posa son front contre le sien en fermant ses yeux fatigués par de longues nuits de torture mentale.

- Où que tu ailles, emmène-moi.

Il aurait dû se sentir heureux de la retrouver entre ses bras, il n'y arrivait pas. La douleur de leur séparation était encore trop présente. Néanmoins, il sentit ses épaules se décharger d'un fardeau dont il avait sous-estimé le poids. Mordant ses lèvres encore humides des siennes, il ouvrit les yeux tandis qu'elle l'embrassait.

Parce que c'était elle qui lui donnait sans doute, et aussi sans doute parce qu'elle lui avait dit combien elle était désolée, même s'il ne l'admettrait jamais, ce baiser pansa un peu sa blessure. Quand leurs lèvres se séparèrent, il se redressa et la regarda de longues secondes, avant de l'embrasser de nouveau, capable désormais d'avoir de nouveau des gestes tendres pour elle, sans toutefois relâcher l'étreinte de ses bras. Il cacha la tête dans le creux de son épaule.

- J'ai rêvé de toi. Sans arrêt. Je te sentais partout et nul-part à la fois, je t'entendais tout le temps. J'ai même cru te voir au fond d'une rivière une fois. Confessa t-il.

Il se rendit compte alors combien ... il était idiot. Cette constatation lui arracha un rire plus nerveux que franc, avec douceur il caressa son dos, commençant à réaliser seulement qu'elle était de retour à ses côtés ... Et pour de bon, parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement. Il leur appartenait désormais de prendre soin l'un de l'autre. Peut-être que parfois, il y aurait des loupés. Ils ne se connaissaient pas depuis un an et ils avaient tendance à l'oublier. Il ignorait beaucoup encore sur elle.

La fatigue lui tomba dessus. Enfin ! Alors que, quelques temps auparavant, il aurait tellement voulu être capable de se laisser glisser dans le sommeil pour endormir sa douleur, il lui semblait qu'il pourrait désormais dormir un mois entier pour se réparer. A condition d'être dans ses bras. Il se retint à elle comme pour éviter de tomber d'avantage.

Résolu à tout faire, coûte que coûte, pour la garder près d'elle, il accepta ce qui lui semblait inacceptable il y avait quelques heures encore : qu'il y avait une part obscure d'elle qu'il ne saisirait jamais. Elle ne le voulait pas et il n'avait aucun droit de la forcer, en rien. Que pouvait-il faire, sinon lui faire confiance, croire en sa volonté de ne pas la blesser ? Et lui, en dépit de ses doutes, se devait de lui rendre cela possible.
Il ne disait rien. Il avait trop parlé par le passé. Trop ... infligé de paroles, seule comptait l'action, et non l'intention dans laquelle elle était faîte.

- Restons ensemble ... La suppliait-il.

Rester ensemble jusqu'à ce qu'il sente son coeur arrêter de saigner, même si cela prendrait des jours, des mois, des années.

Désormais, tout lui paraissait moins important que de l'avoir avec lui. Le travail ? Les obligations ? Une révolution ? Quoi d'autre ?
Il s'écarta d'elle et embrassa une nouvelle fois ses lèvres puis ses mains. Il avait besoin de rester près d'elle et se figurer que cela l'aiderait à cicatriser.

- Où ... Où tu veux ... J'ai besoin de rester avec toi.

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
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I don't want to close my eyes, I don't want to fall asleep,
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Mer 9 Sep - 3:43

Irmine, comme Goulven, s'estimait bien plus coupable qu'elle ne l'était probablement en réalité. Oui il l'avait blessée, oui il avait eu un comportement loin d'être irréprochable...néanmoins, elle ne lui facilitait pas la tâche. Elle le savait bien, néanmoins les vieilles habitudes relationnelles étaient très difficiles à changer.
Il lui affirmait qu'elle n'avait pu que réagir de la manière de la manière qui avait été la sienne, étant donné que lui-même n'avait pas tenu sa promesse, mais elle n'en serait jamais convaincue. Il restait un grand nombre de choses qu'il ne savait pas sur elle et qui pourtant influençaient encore la jeune femme aussi fortement que lorsqu'elle était enfant.
Alors qu'il lui demandait de l'emmener s'il lui prenait le désir de partir à nouveau, la naïade vint quérir ses lèvres, autant dans le désir de le faire taire que le besoin de le retrouver à travers ces baisers.

- J'ai rêvé de toi. Sans arrêt. Je te sentais partout et nul part à la fois, je t'entendais tout le temps. J'ai même cru te voir au fond d'une rivière une fois.

L'aveu de Goulven glaça le sang d'Irmine : elle n'avait donc pas rêvé en entendant sa voix l'appeler lors d'une de ses baignades dans l'Argentine. Cette idée folle qui le faisait rire venait de la plonger dans un trouble qu'elle dissimula tant bien que mal, aidée par la fébrilité dans laquelle les situation et leurs retrouvailles les avaient plongés. L'hybride réalisa à quel point sa douleur l'avait rendue imprudente, et bien que le moment se prêta aux confidences à coeur ouvert, il lui était absolument inenvisageable de lui confirmer qu'il n'avait pas halluciné en croyant la voir. C'était impossible à dire, cela faisait trop pour le moment. Elle prit donc le parti de ne rien répondre et se contenta de resserrer la prise de ses bras autour du sorcier.

Irmine avait l'impression de s'être mise à nue durant ce week-end, de leur discussion alcoolisée devant le pub irlandais jusqu'aux aveux qu'ils se faisaient sur cette falaise en cet instant. C'était une sensation terriblement désagréable pour la jeune femme, et malgré qu'elle ait retrouvé son étreinte et ses caresses, elle ne se sentait pas rassurée. La douleur s'apaisait, mais la méfiance s'éternisait. La bibliothécaire ne savait pas qu'elle allait rester sur ses gardes pendant encore longtemps : pardonner n'était pas si simple, accorder sa confiance à nouveau encore moins.
Cependant, en cet instant, elle tentait de se donner toute entière au soulagement de le sentir à nouveau contre elle, et ne cherchait pas à savoir ce qui était brisé et ce qui se réparerait de soi-même. Avant tout, elle avait besoin de retrouver ce lien entre leurs deux âmes, de le sentir les unir à nouveau, de se sentir à nouveau vivante.

Les yeux de la nymphe des eaux cherchaient instinctivement ceux de Goulven, comme pour compenser toutes ces fois où ils l'avaient évité, lorsque leurs lèvres daignaient se séparer. Le Breton ne parlait, contrairement à son habitude, et Irmine s'en serait inquiétée si les circonstances avaient été autres. Ce n'étaient plus de paroles dont ils avaient besoin, mais de la présence de l'autre.
Elle le sentit s'affaisser légèrement contre elle et eut l'impression qu'il pourrait s'effondrer d'un moment à l'autre. Apparemment, il était épuisé et elle n'aurait su dire comment il tenait sur ses jambes. Elle-même accusait la fatigue de ces nuits sans sommeil, mais l'agitation qui animait son esprit et son coeur rendaient la fatigue de moindre importance.

- Il est peut-être temps de..., chuchota-t-elle dans l'idée de le laisser rentrer se reposer, mais il la coupa : Restons ensemble...

Entendant la supplique dans sa voix, elle caressa doucement la joue de Goulven, puis déposa un baiser d'une grande douceur sur cette dernière.

- Tu es mort de fatigue...on ferait mieux d'y aller.

- Où ... Où tu veux ... J'ai besoin de rester avec toi.

Il garda ses mains dans les siennes après les avoir embrassés et elle n'eut pas le coeur de lui dire de rentrer chez lui cette fois. En réalité, elle non plus ne parvenait pas à le quitter, ayant la sensation que leur lien était bien trop fragilisé pour qu'ils puissent se laisser et se retrouver sans dommages. Elle avait besoin de lui et de ses bras pour tenter de se rassurer. Malheureusement, elle avait des obligations peut-être plus contraignantes que celles de l'avocat.

- Venn...je ne peux pas...

Irmine ne termina pas sa phrase. Qu'est-ce qu'elle en avait à faire de cette école et de sa directrice qui faisait de sa vie un enfer de toute manière ? Au dernières nouvelles, elle faisait ce qu'elle voulait de ses journées de libre. Ce n'était pas ce qui important le plus en cet instant.
Alors elle transplana dans l'appartement nantais du jeune homme, fermement accrochée à lui pour qu'il la suive sans avoir à fournir le moindre effort.

- Je reste avec toi., dit-elle simplement en l'embrassant une énième fois.

- Ne me lâche pas. J'ai besoin de toi.

Pour retrouver ce qu'ils avaient failli perdre, pour soigner des blessures encore à vif.

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.   Jeu 10 Sep - 21:53

Goulven n'avait pas vu comme ses propos avaient pu perturber la jeune femme, autrement peut-être qu'il aurait pu saisir une occasion unique de connaître la vérité. Mais peut-être aussi que cela aurait eu raison de la Naïade qui, avec le temps, avait érigé autour d'elle des remparts infranchissables.
Ressentir son corps chaud contre le sien lui procurait un soulagement immense, mais l'imaginer en être à nouveau privé lui donnait des frissons.
Alors il insista. Encore et encore, pour rester près d'elle. Peu lui importait qu'ils restent ici ou qu'ils partent, tant qu'elle lui permettait d'être avec lui. Sous la neige ou bien un soleil de plomb.
Mais ils étaient dans les bois, et elle lui suggérait sans grande conviction de se séparer à nouveau. Pour se reposer. Il n'aurait de repos qu'avec elle, entre ses bras. Elle parut le comprendre car elle transplana et par réflexe il s'accrocha à elle.

Où étaient-ils ? Ils étaient revenus dans son appartement de Nantes qu'il reconnu vaguement avant de l'étreindre et de l'embrasser comme un fou qu'il était d'elle, la presser contre lui pour la ressentir, fusionner avec elle, annihiler la douleur vive de leur récente séparation, apaiser la brûlure des retrouvaille, l'embrasser et écraser ses lèvres contre les sienne comme pour écraser les pensées malvenues. Elle était là. Tout irait bien. Elle était là. Il se répétait inlassablement qu'elle était là, tandis qu'elle lui demandait de ne pas la lâcher. Non, jamais. Comment envisager une seule seconde de desserrer son étreinte ?
A force d'embrassades, de supplications et de mots d'amour, ils parvinrent jusqu'à son lit et s'y laissèrent tomber d'une seule masse.

Goulven éloigna légèrement sa tête de celle d'Irmine pour regarder ses beaux yeux verts, qui lui faisaient oublier tous les problèmes du monde et y plongea un regard fatigué, exténué. Il n'avait plus la force de parler, toutes les fibres de son corps s'emmêlaient au sien et il paraissait invraisemblable de songer une seule seconde à les séparer. Elle était là et tout irait bien, parce qu'ils étaient ensemble.

Endormie par le soulagement immense de la retrouver, l'angoisse dormait pour le moment. Mais elle était là, sourde, lancinante et douloureuse, elle l'empêchait de se sentir pleinement avec elle, comme si une gêne s'était mise entre eux.

Alors que la fatigue tentait de corrompre son corps tendu, il luttait de toutes ses forces pour la regarder, encore et encore, emplir ses sens et se départir du manque d'elle mais toute lutte était vaine et il sombra sitôt qu'il eut cligné des yeux, dans un profond sommeil.
Pendant plus de dix heures, il dormit, réparant les blessures physiques infligées par la fatigue et endormant sa douleur.

L'aube ne le réveilla pas, ni la chaleur étouffante de l'été, ni les piaillements stridents des oiseaux.

Ni son départ.

Alors que ses doigts se refermaient sur un oreiller, il se leva dans un sursaut, pris de panique et ne sachant pas s'il avait rêvé. Il n'y avait pas de trace d'elle dans son logement, rien que le désordre ambiant et le lit était un peu plus défait qu'à l'accoutumée mais sans doute avait-il eu le sommeil agité. Pourtant, il n'avait pas effectué le moindre mouvement, son corps avait été trop lourd.

Il était prêt à céder à la folie, c'est juste à temps qu'il trouva son mot, dans lequel elle lui disait qu'elle avait du partir. Elle le rassurait. Il plia la feuille en quatre et la garda contre lui un moment. Se répétant encore et toujours ces quelques mots qui le rassuraient.

Elle était là et tout irait bien. Rien ne les séparerait plus parce qu'ils en avaient fait la douloureuse expérience.

Elle était là et tout irait bien.

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La hâte engendre en tout l'erreur, et de l'erreur sort bien souvent le désastre.

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