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 Surprise !

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: Surprise !    Jeu 8 Oct - 0:40

Ce n'était pas la fraîcheur du mois d'octobre ni l'heure tardive qui faisaient se hâter la silhouette encapuchonnée dans les rues de Bois-Doré. C'était l'impatience qui guidait les pas d'Irmine, et la peur de croiser une tête connue parmi les badauds. Un mercredi à 22h il y avait peu de risque, mais on n'était jamais trop prudent !
Un petit détour s'imposait, et une fois qu'elle eut récupéré le paquet qui l'attendait dans l'une des échoppes, elle transplana directement dans un couloir qu'elle connaissait bien désormais. Toquant trois coups nets, elle attendit que le maître des lieux vienne lui ouvrir, ce qui ne tarda guère.

Face à la surprise de Goulven, qui n’était pas censé la voir avant le samedi suivant, Irmine eut un sourire amusé, mais elle ne lui laissa pas le temps de dire un mot et s'empressa d'aller déposer un baiser sur ses lèvres. La jeune femme ne l'éternisa toutefois pas et se détacha rapidement de l'élu de son coeur pour passer le seuil et entrer dans son appartement. Une fois à l'intérieur, elle abaissa la capuche de sa cape mais laissa celle-ci fermée, et elle fila dans la cuisine pour glisser le paquet caché dans son dos dans un placard réfrigéré par quelque sortilège.
Pressée par le temps, elle revint vers Goulven et avec un immense sourire lui annonça :

- Je n'ai pas le temps de t'expliquer, mais tu vas devoir me laisser accéder à ton armoire.

N'attendant pas son accord, elle joignit le geste à la parole, et après avoir rapidement jeté un coup d'oeil à la penderie, elle en sortit une tenue de soirée de sorcier et la lui tendit d'un geste autoritaire, soulagée qu'il en possède une.

- Arrête de poser des questions et mets ça. On part dans 5 minutes !

Le sourire énigmatique qu'elle lui adressa l'invitait à suivre ses ordres. Plus nymphe que sorcière ce soir-là, elle avait décidé de donner libre cours à sa fantaisie pour une fois. Si elle ne se le permettait pas avec lui, avec qui le ferait-elle autrement ?
Après un dernier coup d'oeil à l'horloge qui lui confirma qu'ils n'avaient pas une minute à perdre, elle eut un regard appréciateur sur le sorcier qui lui faisait face : très classe dans sa tenue de soirée, elle sentit son coeur s'emballer légèrement à cette vision, mais ne se s'attarda pas sur cette délicieuse sensation car il était l'heure !

- Parfait, cela te va très bien. Allons-y !

La bibliothécaire prit la main de son amant et transplana aussitôt à leur destination finale. Les deux sorciers atterrirent dans des jardins plongés dans l'obscurité de la nuit, et Irmine guida Goulven hors du bosquet dans lequel elle les avait menés pour ne pas être vus des moldus. Gardant sa main dans la sienne, ils traversèrent un parc mondialement connu jusqu'aux portes du Palais de Versailles. Les fenêtres de celui-ci laissaient filtrer une musique d'un autre temps et la vive lumière des lustres éclairés pour l'occasion.

N'ayant toujours pas soufflé un mot sur l'événement auquel ils se rendaient, elle tendit les deux cartons d'invitation au moldu qui surveillait l'entrée et ils pénétrèrent dans un autre monde : une foule bigarrée se baladait d'une pièce à l'autre du Palais, admirant les lieux qui avaient été d'autant plus mis en valeur pour l'occasion. Ici l'on dégustait un petit four, là l'on sirotait une coupe de champagne, ailleurs l'on agitait un éventail en riant, tout n'était que faste, ravissement et plaisirs. Les gens avaient revêtu des atours somptueux et les claquements des talons sur le parquet de la Galerie des Glaces laissaient entendre qu’une nouvelle danse était entamée.

- Joyeux anniversaire, souffla Irmine à l’oreille de Goulven en glissant un loup dans sa main.

Elle-même avait dans la sienne un masque en métal doré qu’elle attacha à l’aide d’un ruban [HJ : http://i2.cdscdn.com/pdt2/8/1/1/1/700x700/auc2009982842811/rw/masque-venitien-dore-en-dentelle-de-metal.jpg ]. Elle se défit également de sa cape et révéla sous celle-ci l’une des pièces les plus éblouissantes de sa garde-robe personnelle : une cascade de voile et de tulle délicats, réhaussée d’une myriade de pierres minuscules et scintillantes, elle avait sorti le grand jeu pour cet événement particulier [HJ : https://www.pinterest.com/pin/473440979549833350/ ]. Au milieu d’une assistance ayant fait preuve d’une grande originalité vestimentaire, les deux sorciers ne dépareillaient aucunement.

Pour une soirée unique, les moldus avaient décidé d’organiser un bal masqué à Versailles et d’offrir, aux chanceux ayant obtenu l’une des deux-cents invitations, la magie d’une nuit de fête qu’ils ne seraient pas près d’oublier.
Irmine avait crû rêver en découvrant que cet événement avait lieu le soir-même de l’anniversaire de Goulven, et elle avait déployé toutes les ressources à sa disposition – pécuniaire, de persuasion et même d’un soupçon de charme – pour obtenir deux précieux sésames pour elle et celui à qui elle destinait ce cadeau.

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Les Boisseuil

Le mensonge et le silence arrangent bien des drames de famille
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: Re: Surprise !    Jeu 8 Oct - 10:38

La date de son anniversaire, comme bien d'autres choses, c'était une information qu'il n'avait pas donnée à Irmine. Le souvenir cuisant de celui de la Bibliothécaire était bien trop vif au moment où il aurait pu en avoir l'occasion et, s'éloignant de plus en plus de conventions sociales sans avoir l'intention de le fêter, l'avocat avait omis qu'en ce jeudi 8 octobre, il allait avoir 28 ans.
Les anniversaires de Goulven n'avaient jamais été très heureux. D'abord, ils commençaient par l'arrivée échelonnée de hiboux et autres animaux à plumes tout au long de la mâtinée. Parents, amis, collègues, tantes, cousins éloignés, les gens jouaient le jeu même quand son existence ne les préoccupait pas beaucoup les 364 autres jours de l'année.
Le soir, un grand dîner était donné à la maison familiale pour la famille plus ou moins proche et, depuis qu'on avait décidé pour lui qu'il était préférable qu'il reçoive de l'argent plutôt qu'un cadeau, on lui donnait toujours une somme rondelette pour un projet qui n'était pas le sien.
Les apparences chaleureuses masquaient la froideur de la mécanique dans laquelle était inscrite comme tant d'autres la tradition de fêter son anniversaire. Le mois suivant, on célébrerait celui d'Annaëlle, ensuite viendrait celui d'Elaine et lorsque venait celui de Gael, on savait qu'il se passerait plusieurs mois sans que l'on ne se revoit.

Cette année, alors qu'il avait perdu presque toute notion des dates tant la fatigue l'écrasait, il allait louper la fête organisée en son honneur parce qu'il ne verrait pas la farandole de hiboux et de chouette du matin qui lui rappellerait pas la particularité de ce jour.
Il était plongé dans la lecture de la jurisprudence de l'année passée lorsque trois coups nets se firent entendre à sa porte. L'avocat se redressa, électrisé. Ces temps et depuis le passage du jeune Dupuis dans son cabinet, il craignait de plus en plus d'être appréhendé par les miliciens du grand conseil. Obligé de jouer avec la rhétorique du droit, il commençait à se faire une réputation qui pourrait lui porter préjudice. D'un coup de baguette, il dissimula les dossiers compromettants étalés dans la pièce et alla ouvrir avec prudence.

Il ne put rien dire parce que les lèvres tant aimées de la femme de sa vie lui coupèrent la parole. Elle entra précipitamment et le premier réflexe de Goulven fût de se demander si elle n'avait pas un problème. Elle savait que Bénédicte de Beauregard lui menait la vie dure à l'Académie et espérait qu'elle n'en ai pas été exclue, même s'il savait qu'elle ne devrait rien faire pour cela. Avant même qu'il ne la pose, elle répondit à sa question.

- Je n'ai pas le temps de t'expliquer, mais tu vas devoir me laisser accéder à ton armoire.

Elle n'attendit pas son autorisation et ouvrit sa penderie pour en choisir l'une des pièces les plus sophistiquée - celle qu'il portait le moins souvent - et la lui tendit.

- Pourquoi ? Que fais-tu ? Qu'est-ce que ...

- Arrête de poser des questions et mets ça. On part dans 5 minutes !

Goulven, qui était assez peu habitué à des fantaisies et des écarts de ce genre dans son emploi du temps la regarda d'un air sceptique, mais c'est le sourire énigmatique d'Irmine qui le convainquit. Il s'exécuta, revêtant sa tenue de sorcier bleu nuit et l'ajusta soigneusement, un peu trop lentement pour la jeune femme qui coupa court à sa séance d'habillage.

- Parfait, cela te va très bien. Allons-y !

Avant même qu'il ne puisse boutonner ses manches, elle lui prit la main et ils transplanèrent. Ils arrivèrent au milieu d'un bosquet et il se demanda pourquoi elle lui avait fait mettre ses chaussures cirées s'ils devaient marcher dans la pelouse, dut-elle être impeccablement coupée, les brins d'herbe redressés à la main et les trèfles retirés un par un. Il était presque criminel de la fouler du pied.

Ils traversèrent un parc que Goulven reconnut bien vite.

- Ine ! S'exclama t-il.

Aux portes du Château de Versailles, des Moldus costumés se rassemblaient pour entrer. Il dissimula sa baguette à l'intérieur de sa manche et resserra la prise de ses doigts autour de la fine main de la bibliothécaire. Il avait beau savoir où ils étaient, il n'était guère plus avancé.

A l'intérieur, les deux sorciers plongèrent dans une autre époque et le Breton dut se concentrer pour ne pas garder la bouche bée. Irmine fît glisser un loup dans sa main qu'il regarda un moment, sans parvenir à faire le lien entre le lieu, la fête, l'objet qu'il tenait, la visite inopinée de la jeune femme et ce qu'elle disait dans son oreille.

- Joyeux anniversaire

Jo ... Oh, mais oui ! Après deux secondes de réflexion, tout se débloqua enfin et prit d'un rire sincère, il étreignit sa belle d'une manière peu conventionnelle pour l'époque dans laquelle il venait d'arriver.

- C'est vrai que c'est aujourd'hui, dit-il au bord de l'hilarité. Merci ...

Il déposa un baiser sur ses lèvres qui ne fût pas aussi long qu'il l'aurait souhaité et regarda autour de lui. Tous les gens présent portaient de fastueuses tenues mais celle qui brillait plus que les autres était bien Irmine aux yeux de Goulven. La musique et les claquements de souliers contre le sol indiquait qu'un bal était donné. Alors qu'il venait de se féliciter de ne pas porter de collants, l'avocat fût soudain saisi d'une vive inquiétude.

- Dis-moi, tu comptes me faire danser ?
dit-il emprunt d'une angoisse palpable.

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Surprise !    Ven 9 Oct - 15:38

Selon les nouvelles directives de la direction de Beauxbâtons, la bibliothécaire n'était pas sensée quitter l'enceinte de l'Académie en semaine, ou du moins que lors d'urgences et pour un temps très limité. Certainement pas pour la nuit en tout cas....mais qu'importe ! Si en apparence Irmine se pliait à son nouveau cahier des charges, en réalité elle n'avait que du dédain pour celui-ci, et l'expression de Goulven lorsqu'ils montèrent les escaliers menant aux salles principales du Palais valait tous les blâmes du monde.
L'effet de surprise recherché était au rendez-vous, néanmoins Irmine ne pensait pas qu'il était surmené au point d'en oublier son propre anniversaire. Elle avait d'ailleurs eu peur qu'il ne soit dans sa famille pour le fêter, mais le fait que cette soirée soit celle de la veille l'avait convaincue de tenter sa chance. Elle aurait été bien embêtée si elle avait débarqué au milieu d'un repas de famille !
La date de naissance de son amant ne lui avait pas été transmise par celui-ci, mais la curiosité l'avait poussée à aller en prendre connaissance dans les archives des registres des élèves, qui étaient conservés sur des centenaires entiers.

- J'ai deux heures d'avance, mais passons ce genre de détails.

Riant avec lui et accueillant un chaste baiser, elle en profita également pour cacher sa baguette dans une poche dissimulée habilement dans un pli de sa robe. Puis elle reprit le masque des mains de Goulven, qui semblait encore trop abasourdi pour réaliser qu'il ne l'avait toujours pas mis, et elle le lui attacha comme elle venait de faire pour le sien.

- Ce soir tu n'es pas avocat ni moi bibliothécaire. Nous pouvons être ce que nous voulons, alors profitons de cette entracte de nos vies.

La naïade revint faire face au jeune homme en lui adressant le plus doux des sourires. Il lui manquait, tous les jours, toutes les nuits. Leurs emplois du temps et devoirs respectifs les empêchaient de se voir plus que quelques heures volées ici et là, comme celles qu'ils s'apprêtaient à vivre. Elle était bien décidée à en profiter et à célébrer cette soirée qui était la sienne !
La jeune femme alla déposer sa cape au vestiaire, revenant avec deux coupes de champagnes qu'ils firent tinter en trinquer. Il lui posa alors une question trahissant une inquiétude qui tira un éclat de rire d'Irmine.

- Je ne vais quand même pas t'imposer ça pour ton anniversaire. Je prendrai sur moi.

Heureusement, la danse n'était pas la seule activité au programme de la soirée ! Traversant les enfilades de salons et d'antichambres, les deux sorciers purent voir que les organisateurs avaient redoublé de créativité en proposant des jeux, des spectacles, et même des concerts courts dans la chapelle royale. Le code vestimentaire rappelait le thème du bal masqué, mais les participants avaient eu la liberté de choisir leur tenue selon leur envie, sans restriction d'époque, du moment qu'ils avaient revêtu une tenue de fête sophistiquée.
Déambulant au bras de son cavalier, la belle Irmine rayonnait. Elle observait avec curiosité les décorations et mises en scène, commentant gaiement avec Goulven tout ce sur quoi leur regard se portait.

- Par quoi veux-tu commencer ? Un aria à la chapelle, un ballet du temps de Louis XIV, une visite des appartements privés de la reine ?

Ne résistant au désir de quérir ses lèvres si proches, elle lui vola un nouveau baiser avant de le laisser faire son choix. La sensation caractéristique de bonheur qui l'envahissait était redoublée par l'excitation des festivités. Il lui arrivait, parfois, de laisser sa sagesse et sa tempérance au placard ; cette soirée était l'un des ces moments.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: Re: Surprise !    Mar 13 Oct - 15:55

Après avoir perdu la notion du temps, Goulven perdait celle de l’espace car il avait du mal à réaliser qu’il était réellement à Versailles et qu’il allait passer une soirée dans le fastueux château à l’occasion de son anniversaire. Il pardonnait à Versailles les dorures et les boiseries précieuses qu’il détestait au Grand Conseil et son œil d’historien amateur allait d’une pièce à une autre. Il réussit à se retenir de parler de ce qu’il voyait pour ne pas barber la Bibliothécaire grâce à qui il se trouvait là ce soir, mais certaines anecdotes lui brûlaient la gorge. Elle parvint néanmoins à détourner son attention.

- Ce soir tu n'es pas avocat ni moi bibliothécaire. Nous pouvons être ce que nous voulons, alors profitons de cet entracte de nos vies.

Il répondit à son sourire et reprit ses lèvres. Le temps qu’elle lui offrait ce soir était un cadeau aussi précieux à ses yeux que l’entrée pour cette soirée.

- Très bien, Princesse, lui dit-il avec une étincelle de malice dans le regard.  Après avoir ajusté son masque, il embrassa ses doigts.

Ils trinquèrent à ses 28 ans, la soirée, leur amour et tout ce qui était digne d’être fêté lorsque la jeune femme dissipa ses inquiétudes. Ne pas savoir danser l’ennuyait dans des occasions comme celle-ci. C’est-à-dire qu’il n’avait jamais persévéré dans cet apprentissage, volontairement, par opposition plus ou moins consciente à ce que sa famille exigeait de lui au même titre que la musique.

- Allons à la chapelle, tant qu’il y a de la musique et nous pourrons ensuite visiter les appartements de la reine. Pourquoi ne pas faire un tour dans les jardins un peu plus tard ?

Ils devaient être somptueux la nuit et l’avocat voulait en profiter. Une telle occasion ne se représenterait pas tout de suite. Certes, il était sorcier, mais bêtement discipliné, ce qui l’empêchait d’aller visiter les monuments Moldus en dehors des heures d’ouverture. Imaginez qu’un gardien Moldu surprenne un sorcier venu de nul-part ? C’était beaucoup trop imprudent et Goulven n’avait pas tellement le goût de l’aventure. Mieux valait éviter de provoquer le Grand Conseil pour des choses aussi futiles. Il entoura ses doigts des siens et ils fendirent la foule pour aller vers la chapelle d’où la musique s’élevait. A cotoyer Irmine, Goulven avait quelque-peu étendu sa culture musicale et commençait même à l’apprécier alors qu’il n’y connaissait rien, il y avait seulement une année. Une année qu’Irmine était entrée dans sa vie maintenant et six mois qu’ils vivaient en partageant leur amour, les six mois les plus denses de sa vie.

Il se plaisait, parfois, à détacher son regard de la cantatrice et le poser sur la jeune femme absorbée par ce qu’elle voyait et entendait. Goulven n’avait jamais eu l’occasion d’entendre Irmine jouer, que ce soit sur scène ou non. Ce n’était pas pendant les quelques heures qu’ils arrivaient à voler ici et là qu’elle répétait.
Il se joignit à la huée d’applaudissement générée par la performance de la jeune femme et commenta.

- Quelle voix ! Tu penses que c’est une Nymphe ? Il paraît qu’elles ont des voix magnifiques.

Suivant la foule, ils sortirent et allèrent vers les appartements de la reine, comme ils l’avaient prévu. Constitué de plusieurs cabinets, ils donnaient sur la cours de marbre et ici, tout n'était que luxe. Un Moldu qui semblait spécialiste en Histoire racontait à qui voulait l'entendre quelques anecdotes sur celle qui avait occupé les lieux. Goulven eut un sourire.

- Il s'agit de la version Moldue ... chuchota t-il, amusé.

Les deux sorciers tâchaient de rester discrets pour ne pas trahir leur secret mais parfois quelques réflexes sont difficiles à Goulven dut lutter contre le tic qu'il avait, celui de faire tourner sa baguette entre ses doigts lorsque ceux-ci n'étaient pas occupés. Il avait du aussi se retenir d'envoyer son verre sur le plâteau d'un Moldu costumé en domestique à perruque poudrée et, à la place, était allé le déposer en disant :

- J'ai la même à la maison !

D'humeur joyeuse, il se deplaçait dans les lieux en prenant une photographie mentale de l'endroit, puis, sans prevenir, poussa légèrement Irmine en ouvrant une porte qui se trouvait près d'elle. Cette petite antichambre, fermée au public et plongée dans l'obscurité leur offrait un peu de solitude, il l'enlaça et prit ses lèvres en manifestant l'impatience qui le rongeait tout le temps où ils étaient séparés. Riant et débordant de bonheur, l'avocat rayonnait.

- J'embrasse ma belle dans les appartements de Marie-Antoinette ... C'est pas commun ! Jamais une soirée avec toi n'est monotone. Je t'aime tellement ...

Il l'embrassa à nouveau avec une douceur infinie.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: Re: Surprise !    Ven 23 Oct - 12:59

Ne pas se mêler à la foule de danseurs de la Galerie des Glaces aurait pu décevoir Irmine, mais celle-ci était trop accaparée par le désir de faire plaisir à l'homme de ses pensées. C'était sa soirée après tout ! Et puis il y avait tant à voir à cette fête qu'elle n'aurait pas le temps de regretter ce qu'ils ne feraient pas.
Néanmoins, Elyon avait raison sur un point : Goulven allait devoir combler ses lacunes dans l'apprentissage de la danse un jour ou l'autre, car elle n'avait aucunement l'intention de se chercher un autre cavalier. Elle saurait bien le convaincre d'y mettre quelques efforts...

En contrepartie, Goulven proposa de commencer par la chapelle royale, décrivant même la suite du programme. Irmine ne dit rien, mais un sourire mutin s'étira sur ses lèvres : la soirée réserverait probablement des surprises à son amant !

- Ca me va., répondit-elle donc simplement en lui emboîtant le pas en direction de leur première destination.

Admirative du lieu dans lequel ils pénétraient, la naïade prit garde de ne faire aucune bruit en prenant place près de l'orgue. Les voix de deux soprani résonnaient, dont l'une au timbre particulièrement magnifique, qui subjugua Irmine jusqu'à la fin de l'aria.
La jeune femme applaudit avec ferveur, comme tout le public du reste. Ce fut la question de Goulven qui ramena l'esprit de la musicienne à l'instant présent.

- Non., répondit-elle automatiquement, et ne pouvant laisser cette affirmation en suspens sans un minimum d'argument, elle ajouta : Si c'était une nymphe, cela se verrait à son physique. Mais peut-être une hybride.

En réalité, Irmine en doutait, mais elle ne pouvait trop s'avancer sans se retrouver coincée à devoir expliquer la raison de son avis. Heureusement pour le secret de la demi-naïade, il était de notoriété publique parmi les sorciers que ces créatures enchanteresses portaient des marques physiques rappelant leur milieu naturel, stigmates qu'elles léguaient parfois à leur descendance hybride. Les "tatouages" en arabesques d'Irmine en était un exemple.
Elle avait pris soin de chuchoter afin de ne pas être entendue des moldus qui les entouraient, mais tous étaient bien trop occupés à commenter la performance eux aussi.

- Et si on passait à la suite ?

La bibliothécaire savait que l'attention de son passionné d'architecture serait facilement détournée par la perspective d'aller voir de plus près les chefs-d'œuvre artistiques qu'étaient les pièces du palais.
Ils bénéficièrent des histoires racontées par un historien moldu, qui firent sourire autant Irmine que Goulven lorsque ce dernier rappela que les sorciers connaissaient certains détails cachés aux personnes non-dotées de pouvoir magique ; comme le fait qu'un philtre d'amour avait aidé la jeune reine à convaincre le roi d'enfin consommer leur mariage après 7 ans d'une union chaste.

Irmine trouvait cette soirée au milieu des moldus amusante, car cela ne lui arrivait que rarement. Même à Paris, elle avait principalement vécu dans le quartier sorcier, n'ayant que peu le temps de flâner en ville généralement. Ne pas utiliser sa baguette demandait un certain effort, ne pas recourir à la Magie Intuitive plus encore ! Toutefois, elle se prêtait de bonne grâce au jeu, ayant elle-même annoncé qu'ils changeaient d'identité pour une soirée.

Laissant Goulven guider leurs pérégrinations, elle lui lança un regard surpris lorsqu'il la poussa dans une antichambre à l'accès interdit, refermant prestement la porte sur eux.
Dans la pénombre, quelques pièces de mobilier et tentures firent penser à Irmine qu'ils venaient de pénétrer dans le Cabinet de la Méridienne, mais elle n'eut pas le temps de demander son avis au jeune homme car celui-ci en profitait déjà pour enflammer ses sens d'un baiser passionné.

- J'embrasse ma belle dans les appartements de Marie-Antoinette... C'est pas commun ! Jamais une soirée avec toi n'est monotone. Je t'aime tellement...

La jeune femme laissa échapper un rire qu'elle étouffa bien vite en posant sa main sur sa bouche, entendant les pas et les discussions de moldus passant devant la porte. Une fois le calme revenu, elle laissa Goulven joindre à nouveau leurs lèvres pendant de longues minutes.
Voir l'élu de son cœur dans cet état d'allégresse faisait oublier à Irmine tout ce qui n'allait pas dans son quotidien, compensait toutes ces heures qu'ils vivaient séparés. Un sourire de Goulven valait mille crasses de Bénédicte.
La naïade finit par le repousser doucement avec un sourire espiègle.

- Vous voilà bien audacieux pour oser m'entretenir ainsi en privé, sans même en avoir demandé la permission, mon cher Vicomte...ou devrais-je vous appeler Duc ?

Irmine exagérait volontairement le ton, s'amusant à endosser le rôle jusqu'au bout. Elle glissa hors des bras de son compagnon en tournoyant sur elle-même et entreprit de faire le tour de la pièce. Celle-ci consistait en un boudoir raffiné, décoré de soieries bleues, meublé de canapés savamment arrangés, dont l'un aux allures de lit qui faisait face à une fenêtre. Plongée dans une pénombre relative, éclairée faiblement par la lune et les lumières extérieures du château, cette pièce dégageait une impression d'intimité et de secret.

- Nous sommes dans le Cabinet de la Méridienne, n'est-ce pas ?

Elle était quasiment certaine de ce qu'elle avançait, mais préférait vérifier auprès de l'expert malgré tout. Depuis qu'elle connaissait Goulven, la jeune femme avait étendu ses connaissances en architecture, sans n'avoir rien demandé parfois, et elle l'écoutait volontiers bavarder des heures sur son sujet de prédilection.
Lorsqu'il confirma le lieu dans lequel ils se trouvaient, le visage d'Irmine s'illumina et elle bénit mentalement les dieux d'avoir poussé Goulven à les faire entrer ici. Détachant le masque doré de son visage, elle s'allongea à moitié sur le canapé près des miroirs, adoptant une position langoureuse avec un regard non moins caressant en direction du sorcier.

- J'ai beau vivre dans un palais, mes appartements manquent cruellement de dorures en comparaison de ceux-ci., commenta-t-elle en riant.

Au temps des rois et des courtisans, le boudoir devait avoir accueilli de nombreux instants libertins, et l'imagination d'Irmine ne manquait pas d'idées pour faire honneur à cette pièce... mais elle ne laissa pas au jeune homme le temps de la rejoindre sur le canapé, quelle que soit son intention, et se releva promptement en sortant sa baguette de sa poche.
Reprenant son expression mystérieuse, la belle sorcière s'avança jusqu'à la cheminée en marbre de Campan rouge et tapota du bout de sa baguette trois fois sur trois des feuilles qui la décoraient. Avec un bruit de pierres frottées, celle-ci s'ouvrit pour faire place à un escalier dérobé plongeant dans l'obscurité la plus complète.
Irmine se retourna vers le Breton et lui lança sur un ton amusé :

- Tu ne croyais quand même pas que je t'avais amené ici sans avoir fait quelques recherches préalables à la bibliothèque ?

En effet, une fois les billets pour la soirée obtenus, la bibliothécaire s'était affairée à parcourir les différents ouvrages traitant du Versailles de Marie-Antoinette, sorcière reconnue, et elle avait découvert que cette dernière avait doté ses appartements de nombreux passages secrets que même les architectes modernes ignoraient. L'esprit aventureux d'Irmine avait aussitôt brûlé d'envie de les explorer, et elle comptait bien entraîner Goulven avec elle !

- Allons voir jusqu'où cela mène !, proposa-t-elle en tendant la main à son amant, après avoir allumé le bout de sa baguette d'un Lumos informulé.

Et ils s'engouffrèrent dans l'escalier, ne laissant aucune trace de leur passage tandis que la cheminée se refermait derrière eux.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Surprise !    Ven 23 Oct - 23:16

Il n'y avait guère que dans ses bras et en sa compagnie que Goulven se sentait entier. Ils ne pouvaient pas se voir autant qu'ils le désiraient en raison des mesures prises par Bénédicte de Beauregard à l'Académie et l'avocat ne saurait charger la bibliothécaire d'une peine supplémentaire en se plaignant d'être séparé d'elle, mais le manque d'elle, parfois douloureux, toujours pénible, lui donnait l'impression d'être privé d'air.
Elle eut un rire charmant qu'elle étouffa dans sa main, tandis que Goulven retirait son masque et déposait des baisers dans son cou. Il était hors de question de perdre ne serait-ce qu'une seule seconde. Lorsque les Moldus de l'autre côté de la porte s'éloignèrent, il reprit ses lèvres avec tendresse et l'embrassa pendant un long moment, ne s'arrêtant que pour lui dire qu'il l'aimait. Quand elle le repoussa, il embrassa ses doigts et vit naître sur ses lèvres un sourire mutin.

- Vous voilà bien audacieux pour oser m'entretenir ainsi en privé, sans même en avoir demandé la permission, mon cher Vicomte...ou devrais-je vous appeler Duc ?

A son tour de rire et de s'amuser des propos d'Irmine.

- Seriez-vous agacée, Altesse ? Je peux mettre de côté cette audace et tenter de redevenir sage. Il suffit, pour cela, d'un seul mot de vous.

Il la rejoignit au centre de la pièce et reprit sa main, se joignant à elle pour observer les lieux.

- Nous sommes dans le Cabinet de la Méridienne, n'est-ce pas ?

- Oui, tout à fait. Elle est fermée au public parce qu'elle va bientôt être restaurée. Nous ne devrions pas nous trouver ici. En principe.

Il sourit et la laissa glisser jusqu'au sofa tandis qu'il continuait à observer les boiseries sans l'épargner de ses commentaires de connaisseurs. Il n'hésitait jamais à lâcher ou une deux anecdotes, il savait que cela intéressait son auditrice. Quand ce n'était pas le cas, elle ne se gardait pas de lui faire comprendre.

- Tout est extrêmement précieux ici. Tu as vu ces huisseries ? Et ces serrures ? Un vrai travail d'orfèvre, digne du plus talentueux des bijoutier de la cours …

- J'ai beau vivre dans un palais, mes appartements manquent cruellement de dorures en comparaison de ceux-ci.

Il tourna son regard vers elle et la découvrit allongée lascivement face à la fenêtre.

- … A l'époque.

Il se tut ensuite et la regarda intensément. Dieu qu'elle était belle et qu'il aimait ses grands yeux verts ainsi que l'ourlet rosé de sa bouche. Ses longs membres et sa silhouette élancée. Cette manière, ce talent unique qu'elle avait, de pouvoir l'attirer à elle sans même le toucher. Mais plus que tout, son esprit éclairé. Le sourire qui flottait sur son visage depuis le début de la soirée s'élargit encore. La vision qu'elle lui offrait était sublime, le boudoir préféré de la Reine était l'écrin parfait pour le bijoux qu'elle était.

- Les miens manquent de votre présence, lâcha t-il.

Il voulu la rejoindre et l'enlacer encore mais déjà la nymphe des eaux quittait la place qu'elle avait occupé, reprenant l'air mystérieux qu'elle avait adopté en venant chez lui au début de la soirée. Goulven sentit son cœur s'emballer. Quelle surprise lui réservait-elle encore ? Elle sortit sa baguette et tapota les décorations de la cheminée qui s'ouvrit sur un passage secret insoupçonné par les Moldus, tout comme le fait que leur Reine eut été une sorcière.

- Tu ne croyais quand même pas que je t'avais amené ici sans avoir fait quelques recherches préalables à la bibliothèque ?

- Ce serait tellement mal te connaître, dit-il en souriant tendrement.

Et il saisit sa main pour la suivre dans le passage secret.

N'importe qui se serait attendu à un couloir étroit, froid, uniquement cassé par des escaliers aux marches raides mais il n'en était rien. Il traversèrent un long corridor décoré des boiseries aussi précieuses et plus travaillées encore que celles que l'ont trouvait dans le boudoir qu'ils venaient de quitter. Aux murs étaient accrochés plusieurs portraits dont les sujets interrompaient ça et là une partie de carte, un cocktail, pour les regarder surpris. Il était clair que cette partie du château n'était pas la plus fréquentée. Tous ces gens étaient les ancêtres de la reine. A intervalles réguliers se trouvaient quelques consoles sur lesquelles étaient exposés quelques objets sous cloches de verre. Bijoux probablement magiques, sceaux, bourses de cuir, plumes et rouleaux de parchemin, des traités et des accord avec la communauté magique que la Reine représentait à l'Epoque, faisant office dirigeante avant le renversement de la Monarchie et l'intauration du consulat à la fin du XVIII siècle … Les deux sorciers, fascinés, observaient dans les détails tout ce qui se trouvaient autour d'eux, un morceau de leur histoire. Dans des endroits comme celui-ci, Goulven se sentait petit, jeune. Tous ces éléments étaient les symboles d'un tournant radical. Resserrant ses doigts autour de ceux d'Irmine, il s'était gardé, cette fois, de faire des commentaires.

Une porte se trouvait au bout du couloir, d'un commun accord, ils la poussèrent et pénétrèrent dans les lieux qui leur était inconnu. Une enfilade de pièces, plus ou moins grandes, s'offrait à eux. Trois pièces : la première ressemblait à un bureau ou à un cabinet d'écriture. On y trouvait un secrétaire aux multiples tiroirs secrets, des encriers remplis avec différentes encres qui luisaient étrangement. Il y avait aussi plus de plumes qu'il ne semblait être nécessaire. Rien ne se trouvait sous cloche et tout laissait croire que l'endroit était utilisé régulièrement. Sur un mur était accroché un portrait de la reine, vêtue d'une robe somptueuse. Ce portrait, inconnu des Moldus et du grand public, bougeait et avait l'air étrangement mélancolique. Goulven regarda sa belle, pour une fois réduit au silence. Cette pièce, ou plutôt cet endroit, était pour lui un mystère. Si les livres d'histoire, d'art et d'architecture ne tarissaient pas d'informations sur les passages secrets du Château de Versailles, l'existence de pièces secrètes dans les appartements de la Reine était à peine évoquée, ou du moins sommairement.

- Ce que je vais dire est étrange, mais j'ai l'impression d'avoir pénétré chez quelqu'un sans son autorisation …

Etait-ce la mine du portrait qui lui donnait cette impression ? Ce n'est pas cela qui empêcha Goulven de pousser la porte suivant, qui s'ouvrait sur la plus grande et la plus somptueuse des gardes-robe du pays. Et peut-être du continent.
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Surprise !    Dim 6 Déc - 18:11

Être sage ? Quelle idée ! C'était bien la dernière chose que désirait Irmine à cet instant. Avec un regard qui en disait long, elle ne prit même pas la peine de décliner la proposition de Goulven, ayant l'intention de continuer à profiter de cette soirée sur le chemin fripon sur lequel elle s'était engagée.
Le jeune avocat et la bibliothécaire se voyaient trop peu souvent et grapillaient chaque instant qui s'offrait à eux. Cela se traduisait par leur besoin intense de proximité, par mille gestes et regards, autant de façon de maintenir le lien qui les unissait. La distance géographique qui les séparait était compensée par des étreintes et baisers dès que l'occasion se présentait.
Irmine ne mettait que rarement des mots sur cet éloignement forcé, non pas qu'elle en souffrait moins, mais le verbaliser ne faisait qu'accentuer le manque à ses yeux. Alors, lorsque Goulven l'exprima, elle ne lui en voulut pas, mais ne répondit que par un regard où se lisait le même sentiment.

Ayant bien des plans pour cette soirée, la naïade ne s'attarda pas dans le boudoir et mena son amant dans le passage secret qu'elle avait ouvert dans la cheminée.
Main dans la main, ils longèrent le couloir aux allures de musée, et Irmine dut se retenir de ne pas soulever toutes les cloches pour observer de plus près les trésors historiques qu'elles contenaient. Passant d'un guéridon à l'autre, elle prenait à chaque fois quelques secondes pour détailler les objets, et plus d'une hypothèses chatouillèrent le bout de sa langue, mais elle ne souffla pas un mot. La quiétude qui régnait en ces lieux lui rappelait celle d'un mausolée en l'honneur de la monarchie, et prononcer le moindre mot aurait paru blasphématoire.
Poussant la porte d'un même mouvement, ils pénétrèrent dans ce qui semblait être un bureau encore utilisé à ce jour. Des lampes à huile aux chandelles noircies étaient réparties dans la pièce et Irmine en alluma une qu'elle prit en main pour observer le tableau de Marie-Antoinette de plus près. Celui-ci dépeignait la reine avec sa baguette la main, jetant un sortilège faisant apparaître des fleurs de lys sur les jupons de sa robe. L'artiste ne devait pas être connu, car la bibliothécaire n'avait jamais vu ce tableau auparavant, dans aucun livre d'Histoire sorcière ni moldue, mais après tout elle n'était pas spécialiste en Histoire de l'Art.
S'arrachant à sa contemplation, Irmine fit un nouveau tour de la pièce et ne put qu'acquiescer à la remarque de son amant. En effet, cet endroit ne semblait pas pour le moins du monde abandonné et Irmine avait même la sensation qu'ils étaient observés.

- Tu penses qu'il y a un historien qui travaille ici ? Pourtant cela serait mentionné dans les livres...

Alors que Goulven ouvrait la porte donnant sur la salle suivante, Irmine entendit un chuchotement venant du coin de la pièce où le tableau était accroché. Elle se retourna, mais il n'y avait personne, hormis la reine peinte qui lui lançait un regard triste. Pragmatique comme son habitude, elle se convainquit que cela n'était rien d'autre qu'un personnage d'un autre tableau qui avait dû passer commenter leur intrusion auprès de celui-ci.
Le spectacle qui s'offrit à sa vue lorsqu'elle rejoignit Goulven suffit à lui faire oublier son doute et ses yeux s'agrandirent littéralement de surprise. Un nombre incalculable de robes, toutes plus magnifiques les unes que les autres, était rangées sur des ceintres, donnant l'impression de pénétrer dans un nuage de tissus.
La naïade dépassa son amant et avança dans ce temple de la mode de la cour au XVIIIe, avec le regard admiratif d'une femme qui cachait une certaine coquetterie derrière ses atours sobres et discrets. Irmine avait le goût des belles toilettes, bien que seule la qualité des tissus de ses robes l'ai laissé supposer, et c'était en ouvrant son armoire que l'on remarquait que la sorcière d'apparence discrète possédait nombre de vêtements bien plus osés. Vêtements qu'elle sortait bien plus souvent de sa penderie depuis que Goulven faisait partie de sa vie.
Les robes bruissaient légèrement sur son passage et elle s'aventura même à caresser du bout des doigts quelques roses d'or brodées, puis laissa sa main se perdre dans un nuage de taffetas blanc. Un motif attira son oeil, et elle le désigna à Goulven en l'accompagnant d'une exclamation :

- Regarde ! C'est la robe du tableau !

Elle ne se permit néanmoins pas de sortir la robe et se contenta de la désigner à son compagnon.

- Et dire que les moldus croient tout cela perdu. Tu penses que c'était vraiment la garde-robe originale de la reine ? Un simple sort de conservation a pu le permettre...

Le cerveau d'Irmine tournait à toute allure, se demandant comment il était possible que même les sorciers n'ait rien su de cet endroit, alors que l'escalier secret les ayant mené là était connu.
Le fil de ses pensées fut interrompu par le bruit d'une porte que l'on refermait et, dans un réflexe hérité de ses ancêtres nymphes, Irmine attira vivement Goulven à elle, pour les cacher tous deux à la vue du nouvel arrivant derrière une forêt de robes. L'inconnu - était-il sorcier, moldu, esprit frappeur ? - passa près d'eux sans les voir malgré qu'il ait tourné la tête de tous côtés. De lui, la jeune femme ne vit qu'une toison de boucles blondes rassemblées à l'aide d'un ruban noir, et elle retint son souffle pour ne pas être découverte.
Échangeant un regard avec le Breton, ses lèvres formèrent les mots "qui c'est ?" sans les prononcer, mais il n'y avait guère de chances que Goulven en sache plus qu'elle. La situation était cocasse, et n'était pas sans rappeler les événements du nouvel-an précédent, mais Irmine avait un peu honte de se comporter comme une adolescente...pire ! Comme les membres du Lily...

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Les Boisseuil

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Dernière édition par Irmine Boisseuil le Dim 10 Jan - 13:46, édité 1 fois
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Surprise !    Dim 6 Déc - 23:28

Bien souvent, il parlait pour eux et elle se taisait pour deux. Ils se retrouvaient dans des baisers et des étreintes chargées d’affection, les mots et les regards étaient symptomatiques, d’un manque évident. Depuis le début de la soirée, leurs doigts ne s’étaient quasiment pas déliés et ils ne s’éloignaient pas l’un de l’autre, même pour contempler l’endroit où ils se trouvaient. Goulven n’avait aucune idée de qui pouvait vivre ici, car quelqu’un vivait là, c’était évident. Les chandelles étaient tièdes, le lieu vierge de toute trace de poussière, avait l’air d’être entretenu régulièrement.

- Un historien, un conservateur, un ermite un peu loufoque … Un sorcier à coup sûr … dit-il en visant le tableau, représentant la dernière reine de France et sa baguette magique. Une baguette qui avait été perdue au cours du temps, mais dont on connaissait la composition grâce aux registres de Pelissier. - Du bois de rose, 27,2 cm, très souple, une plume de pégase … il me semble. Fort utile pour les métamorphoses …

Est-il nécessaire de préciser que notre ami rendait des copies kilométriques aux interrogations d’Histoire de la Magie ? Il perdait des points à cause de cela, il arriva même que le professeur ne lisait pas son parchemin jusqu’au bout.

Il fît un dernier tour dans la pièce, sans entendre les murmures qui retinrent sa belle. Lorsqu’elle le rejoignit, elle ouvrit des yeux aussi ronds que les siens ? Avaient-ils le droit d’entrer ? Il semblait qu’ils avaient allègrement franchi les limites ce soir, alors un peu plus ? Il suivit Irmine dans les rayonnages d’étoffes de tissus légers, d’organza, de plumes, de dentelles et de jupons opulents mais il la perdit vite de vue, attiré lui-même par un chapeau agrémenté de fleurs de pomme de terre qu’il avait vu représenté sur un tableau. Alors qu’il tentait d’empêcher cette énième anecdote historique de franchir la barrière de ses lèvres, Irmine l’interpella :

- Regarde ! C'est la robe du tableau !

Elle avait raison, et elle se trouvait dans un parfait état de conservation. Il se mit soudain à sourire, un peu bêtement … Alors qu’Irmine réfléchissait à l’explication d’un phénomène tout à fait sérieux, lui, se plaisait à l’imaginer dans une telle toilette. Ils furent tous les deux interrompus dans leurs réflexions par le bruit de l’ouverture d’une porte. La Bibliothécaire attrapa le bras de l’avocat et ils disparurent dans le décor en une seconde. Il était temps, car l’inconnu passait à l’endroit où ils se trouvaient quelques secondes après, armé d’une simple chandelle – quelle imprudence quand on connaissait la valeur d’une telle garde-robe ! – et d’une baguette. Goulven remarqua qu’il était vêtu à la mode du XVIII siècle et ne put s’empêcher de penser qu’il était sorti tout droit d’une autre époque. Avaient-ils fait un bond dans le temps ? Il ne pensa pas une seule seconde soumettre cette hypothèse à sa rationnelle douce et belle amie, qui l’interrogeait du regard. Mais il ne savait pas plus qu’elle. L’explication la plus plausible, c’était qu’il s’agissait du gardien des lieux, qui veillait sur les biens personnels de la reine. Depuis des siècles …

"Je ne sais pas … ", dit-il dans un murmure à peine audible.

La pièce était immense. Pour échapper au gardien, s’il était bien cela, il s’enfonça encore plus vers le fond de la pièce, entraînant la jeune femme, se retenant de rire. Il avait l’impression d’avoir perdu quinze ans en l’espace de quelques secondes et cela l’amusait beaucoup. Ça lui rappelait même une certaine soirée de Nouvel-An, lorsqu’ils s’étaient offert le privilège d’une visite de Beauxbâtons by night, ils avaient eu le droit à une partie de cache-cache avec le régisseur. Avant de se faire découvrir par deux élèves et un professeur dans la Bibliothèque, certes …

Les pas s’étaient arrêtés vers le centre de la pièce alors qu’ils atteignirent le mur du fond. De là où ils étaient, ils pouvaient apercevoir l’inconnu déposer sa chandelle à même le sol et prendre, dans l’un des rayonnages, une robe de mousseline légère, bleu-nuit et cousue de fils d’argent. Il détourna pudiquement les yeux lorsque l’inconnu qui était une inconnue, quitta son vêtement d’homme pour se vêtir de cette toilette. Elle partit, laissant sa précédente tenue sur le sol en un petit tas.

Goulven et Irmine attendirent quelques minutes avant d’oser bouger à nouveau, de ne plus rien entendre. La chandelle était toujours sur le sol, les privant de l'obscurité protectrice. Mais ils ne pouvaient pas rester là indéfiniment. Il s'écoula donc quelques instants avant que l'un d'eux n'ose bouger.

Goulven fît quelques pas, à découvert, vers le tas de vêtements laissé à l'abandon.

- Je pense qu'on a plus rien à craindre ... dit-il, sans trop hausser la voix cependant.

A peine eut-il dit cela, que des chuchotements s'élevèrent de part et d'autre. Le jeune homme sursauta et recula de quelques pas, espérant se cacher. Mais la jeune femme qu'ils avaient aperçu réapparut, flanquée d'un homme très grand et très mince.

- Eh bien, c'est parfait ! Il est parfait ... Vous êtes parfait s'exclama t-elle. Je me disais bien que j'avais entendu quelqu'un.

Goulven recula de quelques pas et se cogna dans un jeune sorcier, qui était plus petit que lui d'une tête. Des gens en costumes d'époques sortaient des rayonnages, ce qui laissait penser qu'ils se trouvaient là depuis longtemps. C'était curieux pourtant, car Irmine et Goulven n'avaient vu personne d'autre que la jeune femme blonde. Il était pris au piège, entouré par 6 personnes, et ne pouvait revenir vers Irmine, sans prendre le risque de révéler sa présence aux autres. Et il ne savait pas ce qu'ils allaient lui faire !

- Il nous manquait quelqu'un ! Votre présence est providentielle !

Goulven, abasourdi, ne trouva rien à répondre. Il n'en eut d'ailleurs pas le temps puisque son interlocutrice enchaînait.

- Savez-vous que la Reine écrivait ? Des pièces de théâtre, qui étaient jouées dans le théâtre du petit Trianon. Notre ami Abélard est malade. Horrible. Une dysenterie foudroyante. Dois-je vous faire un dessin ? Non. Bon.
Figurez-vous mon cher ...


- Heu ...

- C'est pas grave. Ton nom de scène sera Béatrice. Donc, figures-toi, Béatrice, que nous avons retrouvé, pas plus tard que cet après-midi, dans les archives royales de mes aïeux, une pièce inédite, écrite par Sa Majesté. Nous comptons la jouer ce soir, à l'occasion de cette somptueuse fête, dans le théâtre du Petit Trianon. Audacieux, non ? Il y a un rôle non distribué. Béatrice, François, de son vrai nom en fait. C'est l'histoire d'un homme qui aimait secrètement la reine et pour l'approcher, il se travestit en dame de compagnie. Tu es parfait. Petit pour un homme à l'allure peu masculine. Dans l'histoire, l'homme prend du Polynectar, mais nous l'adaptons pour les Moldus.

Elle tapa des mains.

- Allons, aidez-le vous autres, pressons ! Pressons !

Goulven protestait.

- Le texte ? Ne t'en fait pas. Ce rôle est muet, tu n'auras qu'à te laisser guider.

Il voulu renchérir, mais déjà, un des hommes lui avait ôté sa veste et commençait à déboutonner sa chemise tandis que la blonde l'entraînait, poussant certaines robes sans ménagement.

- Celle-ci, non. Celle-la ... Ah, voilà. Tu seras superbe. Voilà la robe d'un courtisan près à tout pour séduire la femme de ses pensées. Passe la ...

- Non mais je ne peux pas ! Je ne peux pas faire ça. Je ne suis pas comédien, je ne connais pas votre pièce, je ... je ne devrais pas être là ...

- Je ne te le fais pas dire Béatrice.

- Met là, résonna une voix grave.

C'était celui qui était plus grand que les autres qui lui ordonna cela à Goulven qui se sentit obligé de s'exécuter lorsqu'il tapa son poing droit dans la paume de sa main gauche. Et que c'était compliqué de se vêtir avec un vêtement aussi fastueux ! Il s'écoula plus de dix minutes, avant que la blonde demande à ce qu'on ne serre pas trop le corset.

- Allons, ne tardons pas. En scène.

Goulven n'était pas un Moldu. Il n'était d'aucune confession mais pour la première fois de sa vie il pria ... il pria que quelqu'un vienne le sauver et qu'un événement quelconque fasse qu'il ne sorte pas, surtout dans cette tenue dans laquelle on ne pouvait à peine respirer ...

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
I don't want to close my eyes, I don't want to fall asleep,
Cause I miss you baby and I don't want to miss a thing”
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Surprise !    Dim 10 Jan - 18:26

S'il y avait une chose dont Goulven n'était pas avare, parmi tant d'autres en réalité, c'était d'anecdotes historiques à l'intérêt discutable. Aussi, quand il énonça la composition de la baguette de la reine déchue, Irmine ne fut pas surprise mais ne se priva pas pour lui jeter un regard moqueur.

- Et de quelle couleur était l'étui de sa baguette ?, lui lança-t-elle pour le narguer gentiment.

Seulement, si la passion de Goulven pour des détails insignifiants aux yeux du commun des mortels n'était pas une surprise, celle de la présence d'une femme costumée en ces lieux en était une. Changeant de cachette pour ne pas se faire repérer, Irmine ne tenait pas à se faire attraper et avoir des problèmes, bien que Goulven ait semblé s'amuser comme un petit fou. Pour la jeune femme, le plus vite ils atteindraient la sortie, le mieux cela serait. Malgré tout, derrière cette raison terriblement adulte, la nymphe joueuse était ravie de la tournure qu'avait pris la soirée, et le sourire amusé qui s'attardait sur les lèvres de la belle trahissait ses sentiments profonds.

Ils s'approchaient de la sortie mais ne pouvaient l'emprunter au risque que le bruit de la porte ne les dénonce. C'est à ce moment qu'ils découvrirent que la personne qui évoluaient dans les rayonnages de vêtements avec une aisance familière aux lieux était en réalité une femme. Si Goulven détourna automatiquement les yeux, Irmine, elle, ne se gêna pour laisser son regard flotter sur la sorcière qui se changeait, admirant la toilette qu'elle avait choisie et la facilité avec laquelle elle l'enfilait.
Une fois changée, la jeune femme rebroussa chemin mais Irmine ne bougea pas d'un pouce, craignant qu'elle ne revienne rapidement chercher ses vêtements abandonnés. Goulven ne sembla pas être aussi patient et elle tenta de le retenir alors qu'il se levait à découvert, mais c'était déjà trop tard !

Toute une compagnie sortit de l'ombre, et Irmine se demanda comment ils avaient fait pour suivre la sorcière, qui faisait désormais face à Goulven, sans qu'aucun des deux intrus ne les aient remarqués. Par réflexe bien égoïste, la naïade se terra un peu plus dans sa cachette, ne se précipitant pas pour rejoindre son amant qui se trouvait encerclé. A quoi cela servirait-il de se précipiter à ses côtés ? Mieux valait trouver un plan pour le sortir de là et filer sans encombres...et rapidement ! Heureusement les "assaillants" ne semblaient pas belliqueux. Au contraire, ils firent un peu de lumière sur le mystère de cet endroit...tout en apprenant à l'avocat qu'il allait jouer un autre rôle ce soir.

- Donc, figures-toi, Béatrice, que nous avons retrouvé, pas plus tard que cet après-midi, dans les archives royales de mes aïeux, une pièce inédite, écrite par Sa Majesté.

Ses aïeux...la jeune femme venait-elle de sous-entendre qu'elle était une descendante de la lignée royale présumée éteinte ?! C'était tout bonnement incroyable, était-ce une nièce, une cousine, une arrière-arrière-etc.-petite-fille ? Evidemment Irmine mourrait d'envie d'en savoir plus, mais il n'était pas question de sortir de sa cachette pour demander à cette inconnue son lien de parenté avec Marie-Antoinette. En attendant, il semblait donc que ces souterrains contenaient des archives insoupçonnées du grand public, et donc on avait bien affaire à un petit musée qui...euh attendez, la meneuse de la troupe venait bien de désigner Goulven comme acteur remplaçant ?! Avec un commentaire sur sa virilité qui n'était pas sans rappeler les moqueries habituelles d'une certaine dryade.

La bibliothécaire se mordit violemment la lèvre pour ne pas éclater de rire à l'idée de l'homme de son coeur travesti et évoluant sur une scène de théâtre. Il fut encore plus compliqué de garder le silence le plus complet alors qu'il revêtait une des magnifiques robes - Irmine l'aurait presque envié ! - et elle dut écraser sa main sur sa bouche pour étouffer le son d'une hilarité difficilement contenue.

- Allons, ne tardons pas. En scène.

Ah non, elle n'allait pas se faire voler son cavalier comme ça ! A la guerre comme à la guerre, l'experte en Magie Ancienne eut soudain l'idée de recourir à un vieux sortilège qui avait sauvé la vie de bien des combattants du passé. Au préalable, elle s'approcha subrepticement du groupe en se glissant entre les vêtements, et elle attendit qu'ils soient tous tournés vers la porte du bureau par lequel ils étaient passés pour sortir sa baguette. Elle exécuta alors un ensemble compliqué de geste avec celle-ci, le plus rapidement possible, et murmura des paroles dans un langage oublié. Le résultat attendu se produisit : une brume grise et épaisse sortit du bout de la baguette de la sorcière et encercla le groupe en un instant, empêchant quiconque de voir à plus de 20 centimètres.

- Eudes, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je ne sais pas, il y a quelqu'un avec nous !

- Trouve-le, on doit se dépêcher !

Grâce à sa diversion, Irmine put attraper la main de Goulven et le tirer de côté, à l'écart de ses ravisseurs alors que ceux-ci ne savaient plus dans quel sens se tourner. Elle ne perdit pas une minute et l'entraîna à l'autre bout de la pièce, vers la porte donnant sur l'inconnu, tentant de rester la plus silencieuse pour ne pas se faire repérer et de ne pas s'empêtrer dans les pans de propre robe. Malheureusement le problème de se faire suivre subsistait, mais c'était sans compter les capacités stratégiques de l'ex-Noctua, qui usa de Magie Intuitive pour ferme la porte du bureau d'un geste la main.

- Vite ! Ils s'enfuient !, s'exclama l'autre sorcière qui se précipita pour suivre la fausse piste, accompagnée au pas de course par sa bande de comédiens.

Au moment où ils claquaient la porte du dressing derrière eux, Irmine et Goulven ouvraient celle donnant sur la troisième pièce qu'ils n'avaient pas encore visitée. Une fois qu'ils s'y furent engouffrés, la jeune femme la verrouilla aussitôt et se retourna, essoufflée par leur petite aventure, pour observer où ils se trouvaient désormais.
Pouvait-on qualifier cela de pièce ? Pas réellement. Celle-ci avaient plus l'apparence d'un bocal, plus précisément d'une bulle sous un bocal. La tête levée en direction plafond de verre qui était obstrué par un immense objet de l'autre côté, Irmine observait d'un regard brillant l'eau qui clapotait selon la danse de jets calculés, laissant filtrer une lumière couleur aigue-marine.

- Je rêve ! On est sous le Bassin de Latone, dans les jardins !

L'image tordue d'une tortue dorée avait mis la jeune femme sur la piste, et la logique voulait qu'ils ne se soient guère éloignés du château. Le plafond qui semblait fait de verre pour eux ne permettait de voir que dans un sens, car les visiteurs admirant la fontaine ne voyaient, eux, que le fond de pierre du bassin.
Cet environnement aquatique réveilla aussitôt une sensation singulière sous la peau de la naïade, qui frissonna légèrement et dut s'arracher à sa contemplation pour poser à nouveau ses yeux sur son compagnon. La proximité de l'eau exerçait toujours la même attraction sur Irmine, bien que celle-ci ait appris à la dominer et la masquer, mais en cet instant elle avait bien du mal à ne pas se laisser hypnotiser par les ondulations de l'eau.
La vue de l'accoutrement de Goulven lui permit de se concentrer et la fit éclater franchement de rire cette fois, et elle se rapprocha de lui.

- Dans la précipitation je n'ai pas pensé à tes vêtements...je suis désolée.

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Surprise !    Dim 17 Jan - 3:22

Ensuite, tout alla très vite. Sauf lui. Une brume les enveloppa, semant la pagaille dans la salle, puis la main salvatrice d’Irmine l’attrapa. Ils coururent ensemble vers la porte qui se trouvait au fond de la pièce, ou plutôt, elle courut en le traînant, car empêtré dans sa robe à étage et handicapé par son corset, Goulven était incapable d’avancer. Il ne vit pas qu’elle usa de magie intuitive pour ouvrir l’autre porte, mais il entendit la petite troupe quitter la salle au moment où ils arrivaient dans la troisième pièce. Le jeune homme tomba sur les genoux, filant ses bas du même coup, proprement essoufflé. Il n’avait aucune idée de l’endroit où ils venaient d’arriver, il n’était préoccupé que par une seule chose : respirer. Par une espèce de contorsion, il essaya de desserrer les liens de sa robe, mais il n’y parvint pas. Mais comment faisaient les femmes qui portaient ce genre de tenue ?

Et donc, c’est à ce moment-là qu’elle posa les yeux sur lui, et éclata de rire. Goulven aurait bien ri lui aussi si cela ne risquait pas de lui briser trois côtes. Il eut toutes les peines du monde à se faire entendre pour lui demander la chose la plus humiliante qu’il ait eu à lui demander depuis le début de leur relation. Plus humiliante encore que la fois où il lui avait demandé de lui montrer quelques pas de danse.

-J’aurais jamais cru avoir à te demander ça un jour, mais … Est-ce que tu peux m’aider à défaire les lacets de cette robe ?

Mais il la perdit pendant quelques minutes.

- Je ne sens plus mes jambes … dit-il avec humour mais un fond de vérité quand même.

Elle s’employa à desserrer le laçage qu’il avait dans le dos, tout en étant tordue de rire, et c’est avec soulagement qu’il laissa l’air pénétrer au cœur de ses poumons, faisant gonfler sa cage thoracique et réprimant quelques points de côtés. Il retira sans tarder l’ensemble de la robe, avant de se souvenir que ses vêtements étaient toujours dans la pièce d’à côté, mais se risqua à entrouvrir la porte afin de récupérer ses vêtements en s’aidant d’un sortilège d’attraction. Fort heureusement pour lui, les comédiens n’étaient pas revenus dans la pièce, il put donc récupérer son costume d’homme qu’il enfila immédiatement. Il croisa le regard amusé d’Irmine l’espace de quelques secondes et partit dans un fou rire lui aussi ! Heureusement qu’il ne se prenait pas au sérieux.
Il garda le nœud de sa cravate légèrement lâche et prit sa belle par la taille.

- Tu sais, c’était une expérience pas si inintéressante que ça. Un poil humiliante, certes … mais intéressante. Tu souffres autant quand tu mets tes robes … tu sais, celles que j’adore … avec les laçages et les bustiers ? Parce que si c’est le cas, mon amour, une vie entière ne suffira pas pour m’amender. Quoi ? J’ai un peu de maquillage ?

Comme elle riait encore en le regardant, il attrapa sa main et la leva par-dessus sa tête, afin de la faire tourner pour qu’elle lui fasse dos et l’enlaça à nouveau.

Enfin, il s’intéressa à l’endroit où ils se trouvaient et le silence s’abattit sur eux. La lumière qui leur parvenait à travers l’étendue d’eau qui se trouvait au-dessus de leur tête ondulait, ils apercevaient quelques images déformées de l’extérieur, mais dans la pièce qui formait comme une bulle, il avait l’impression qu’ils étaient seuls au monde. Tout ce qu’ils venaient de voir était impensable …

- A ton avis … qu’est-ce qui explique la présence de cette pièce dans les appartements très privés de la reine ?

Il arracha ses yeux du plafond et porta toute son attention sur Irmine. On n’entendait que le clapotis étouffé des jets sur la surface de l’eau.

- On se sent ici comme … coupé du monde … fît-il remarquer.

Voulant plaisanter encore, il fît le tour de la pièce avec elle, et prenant des airs royaux, déclara.

- Je suis convaincu ! J’achète ! Et ici, je ferai ma chambre à coucher. Qu’en pensez-vous Ma Dame ?

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
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Cause I miss you baby and I don't want to miss a thing”
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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Surprise !    Mar 22 Mar - 0:39

[HJ soudntrack : https://www.youtube.com/watch?v=YVpl-RNzdE4 ]

Irmine dut prendre sur elle pour cesser de rire, mais l'idée de laisser son amant souffrir plus longtemps ne lui plaisait pas, aussi elle calma son hilarité...qui reprit de plus belle sa demande, qui aurait saugrenue dans un tout autre contexte. Finalement elle inspira un grand coup et essuya les larmes qui perlaient au coin de ses yeux, puis elle s'approcha de "Béatrice" pour en faire à nouveau Goulven.

- Viens là, ça demande juste un peu d'entraînement...hihihihihi...tu verras avec le temps....hahahaha...si tu décides de te travestir à nouveau.

Habituée aux robes de sorcières aux laçages sophistiqués, la belle ne mit pas plus de quelques dizaines de secondes à le débarrasser de son carcan. Riant encore, elle le laissa récupérer ses vêtements masculins tandis qu'elle pliait la magnifique toilette dont il osait se plaindre.

- Allons, ne fais pas le martyr., lui répondit-elle alors qu'il l'enlaçait en s'excusant d'aimer la voir porter des corsets, Quand on sait lacer ça correctement, c'est parfaitement supportable, et ça donne un bon maintien.

Pour le coup, les comédiens n'avaient pas hésité à serrer le bustier au maximum afin de donner la silhouette en sablier que le jeune homme ne pouvait naturellement posséder. Quelle première expérience traumatisante !

- Par contre je commence à me demander si tu ne prends pas goût...c'est la deuxième fois que tu te retrouves dans des habits de femme cette année, non ? Je vais devoir surveiller ma garde-robe si ça continue.

Les plaisanteries dont elle le gratifiait cessèrent enfin quand il la fit tourner sur elle-même et la rejoignit dans sa contemplation du plafond aquatique.
La naïade fut à nouveau hypnotisée l'espace d'un instant par l'eau qui ondulait au-dessus de leur tête. C'était un sentiment si particulier ! Elle se sentait comme séparée en deux, et une partie d'elle n'écoutait pas vraiment ce que le sorcier lui disait, toute accaparée qu'elle était par les mouvements du liquide, suivant ceux-ci comme les battements d'un coeur, un souffle qui animait la source d'une vie. L'eau avait une âme, dont la douceur résonnait au creux de celle d'Irmine.

- A ton avis … qu’est-ce qui explique la présence de cette pièce dans les appartements très privés de la reine ?

Le regard rêveur, Irmine ne réalisa pas immédiatement que le bourdonnement à son oreille était en réalité la voix de Goulven qui lui posait une question. Ce n'est qu'aux mots "coupés du monde" qu'elle recouvra l'entier de ses esprits et arracha son regard des clapotis pour croiser à nouveau celui du jeune homme.

- Hum ? Excuse-moi j'étais ailleurs., dit-elle en se faisant violence pour paraître naturelle.

Soundtrack:
 

Elle se laissa entraîner par le bras, le laissant la guider et babiller avec un sourire simple et qui lui permettait de se recomposer. Elle rit doucement à son idée et aurait bien été tentée de répondre par la positive, mais sur tout autre sujet Irmine aurait eu l'habitude de répondre par une remarque cartésienne brisant le romantisme rêveur de l'élu de son coeur. Alors elle dit ce qui paraîtrait le plus "irminien".

- Je pense que tu attraperais bien vite un rhume avec cette humidité.

Irmine enlaça Goulven et, pour ne pas lui laisser le loisir de répondre à son rationalisme forcené, scella ses lèvres d'un baiser d'une grande douceur. Tendre au premier abord, celui-ci se mua progressivement en une étreinte bien plus ardente. Car la proximité de son élément naturel n'avait pas que pour unique effet de fasciner la nymphe...il attisait également sa sensualité.

- Ecoute...tu l'entends toi aussi ?, chuchota-t-elle en détachant délicatement ses lèvres de celles du jeune homme, ne s'en éloignant pas néanmoins, les yeux clos.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Surprise !    Mer 23 Mar - 23:11

Irmine qui n’était pas avare en moqueries l’aida à se débarrasser de la fastueuse mais oppressante robe.

- Grand prince que je suis, je t’en fais cadeau. Mais ne te sens surtout pas obligée de la porter pour moi …

Mais alors qu’elle insinuait qu’il devait prendre goût à se travestir, l’idée de feindre qu’il ne voyait pas de quoi elle parlait lui traversa l’esprit. Mais cette histoire étant aussi encore un peu douloureuse, il ne se sentit pas de plaisanter sur le sujet.

- Ne t’inquiète pas, ce n’est arrivé que deux fois, et à chaque fois bien malgré moi. dit-il, la mine légèrement plus sombre en reboutonnant sa chemise.

Voulant à tout prix passer un bon moment en compagnie de sa belle, parce qu’ils étaient bien trop rares, parce qu’elle lui manquait tous les jours et parce que c’était son anniversaire aussi un peu quand même, il engagea la conversation sur un ton plus léger tandis qu’Irmine semblait ailleurs, mais il ne le remarqua pas tout de suite. La Nymphe des eaux était attirée par le liquide qui ondulait au-dessus de leur tête.
Elle lui répondit avec le temps de latence caractéristique de ces moments où elle était perdue dans ses pensées. Il ne lui en voulu pas, étant lui-même absorbé par l’ambiance des lieux, même s’il n’était pas aussi fasciné qu’elle. Mille hypothèses se tissaient dans sa tête. Alors comme elle lui dit qu’elle était ailleurs il ne lui en voulu pas parce qu’il l’était lui-même un peu aussi. Et puis, tant qu’elle était avec lui, c’était tout ce qui comptait.

N’est-ce pas ?

Il retrouva son côté terre-à-terre lorsqu’elle exprima des doutes sur ses capacités à survivre en milieu humide.
Et il voulut lui répondre que l’humidité ne lui faisait pas peur, puisqu’il était né dans le Finistère et qu’aucun Breton ne supportait mieux la pluie que lui, la Bibliothécaire lui coupa toutes possibilités de réponse en lui donnant un baiser qui lui fît perdre pied.
Goulven et Irmine avaient un lien extrêmement fort et ne perdaient pas une seule occasion de se montrer leur affection, lui par des mots, elle par des gestes, mais toujours avec tendresse. Quand bien même, des baisers comme celui-ci, aussi intenses, étaient déjà plus exceptionnels et signes précurseurs d’un grand moment.
Goulven eut beaucoup de mal à réfréner ses ardeurs, alors que ses doigts s’aventuraient à travers les volutes de sa robes et que ses lèvres en demandaient plus, elle le coupa dans son élan.

- Ecoute...tu l'entends toi aussi ?

Dérouté par cette question, l’avocat échoua à reprendre ses lèvres une nouvelle fois, et prêta attention aux bruits qu’il y avait autour d’eux, pensant tout d’abord que des intrus venaient les déranger et  prêt à transplaner si c’était le cas. Mais il n’entendait rien qui soit inhabituel ou du moins inquiétant.
Il voulut questionner Irmine sur la nature de ce qu’elle avait entendu, il ouvrit alors les yeux mais la mine de sa belle le dissuada de parler.
C'était comme lorsqu'elle était plongée dans un livre, ses yeux était clos. Comme quand elle était absorbée par un morceau de musique classique
qui l'aborbait complètement. Alors par reflexe, il essaya d’écouter encore, tout en l’observant attentivement. Il n’avait pas l’oreille musicale, aucune sensibilité à cet art, ni les sens assez aiguisés pour percevoir la musique de l’eau au-dessus de leur tête.
En revanche, l'ambiance lumineuse des lieux conférés par l'eau filtrant les lumières au dehors l'appelait d'avantage à ressentir cette atmosphère particulière et propre à cette pièce. Il avait fini par cesser de spéculer sur son utilité quand ses yeux caressèrent à nouveau le visage d'Irmine, faisant naître un sourire sur ses lèvres. Sa beauté, comme toujours, le frappait, en toutes circonstances, même quand elle n'était pas à son avantage, son cœur amoureux gâtait l'objectivité de ses yeux.

Doucement, il l'entoura plus chastement et se mit à osciller de manière de plus en plus perceptible.
Irmine semblait apprécier la musique qu'elle entendait.
Qui disait musique, disait danse, et Goulven n'en connaissait qu'une à laquelle il donna un rythme lent en prenant garde de ne pas marcher sur ses pieds, tout en embrassant son cou.

- J'ai une très mauvaise oreille musicale. Tu pourrais fredonner l'air que tu entends ? Lui demanda t'il.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Surprise !    Sam 20 Aoû - 12:29

L'ambiance aquatique du lieu avait eu raison d'une partie de la retenue d'Irmine, abaissant sa garde l'espace de quelques minutes, juste assez de temps pour qu'une question à laquelle Goulven ne pouvait répondre s'échappe de ses lèvres.
La réponse physique du jeune homme ne parvint pas immédiatement aux sens de la naïade, qui accéda cependant à sa requête et se mit à fredonner d'une voix douce et feutrée l'air que la fontaine lui chantait [cf : "Aquarium" de Camille de Saint-Saëns].
Elle finit par remarquer le rythme de balancier dans lequel il les avait entraînés mais ne fit aucun commentaire, trop heureuse qu'il prenne l'initiative d'une danse, aussi simple soit-elle. Un baiser amoureux sur sa joue fut la marque de son appréciation, et elle laissa ses lèvres s'y attarder, se rapprochant de celles de Goulven sans néanmoins les rejoindre complètement. Les bras d'Irmine s'enroulèrent instinctivement autour du cou de son amant, et son corps se colla un peu plus au sien.

- Je ne fais pas honneur à la mélodie., commenta-t-elle humblement après avoir interrompu son chant.

Revenant à la réalité, la musique s'estompait pour les oreilles de l'hybride qui échangeait maintenant un regard tendre avec le sorcier. Toutefois, la salle semblait avoir été conçue pour enchanter de plus d'une façon, et le couple ne descendit pas pour autant de leur nuage, aidés par la lumière et les reflets qui dansaient aux murs comme pour les accompagner.

- Mais j'ai finalement réussi à te faire danser., plaisanta Irmine en faisant référence à une inquiétude qu'il avait exprimé dès leur arrivée à Versailles.

Des moments pareils ne se reproduiraient certainement pas de sitôt, alors la bibliothécaire se laissait aller à en profiter le plus possible. Elle redoubla de caresses et unit leurs lèvres d'un nouveau baiser, plus ardent encore que le précédent. Naturellement ils se dirigèrent vers une rotonde creusée dans la pierre où ils furent accueillis par de gros coussins moelleux, du même bleu aigue-marine que la lueur éclairant la pièce. Ces poufs étaient-ils apparus par magie ou avaient été là depuis le début, Irmine n'y réfléchit même pas. Elle s'abandonna à son désir entre les bras de Goulven et lui témoigna une nouvelle fois son amour par un langage charnel délicieux.

Le temps suspendu reprit son cours bien plus tard, tandis qu'elle arrangeait sa tenue après s'être arrachée à grande peine de l'étreinte de son amant. Sa chevelure avait été libérée de son chignon et elle la laissa flotter dans son dos, vestige des instants langoureux qu'ils venaient de passer. Ses yeux scintillaient et un doux sourire s'était définitivement accroché à sa bouche vermeille alors qu'elle regardait Goulven défroisser sa robe de sorcier de soirée, mais un son de pétards et des lumières de différentes couleurs finirent par attirer son attention sur le bassin. A travers celui-ci elle put distinguer vaguement qu'un feu d'artifice était tiré, auquel répondait des chorégraphies de jets d'eau, alors sans perdre une seconde elle s'empara de la main du Breton et transplana dans un recoin caché des jardins, de là où ils pouvaient admirer le spectacle sans être vus.
Irmine se lova contre l'élu de son coeur, le visage levé vers les étoiles artificielles, et elle ne reparla qu'une fois les feux terminés. Le public était désormais invité à rejoindre la sortie par les grandes grilles dorées.

- Je crois que la soirée est terminée, bien que j'aurais souhaité qu'elle dure encore. Mais il reste une dernière surprise à ton appartement.

Irmine avait tout prévu, bien que la soirée se soit ponctuée de surprises dont elle se souviendrait toute sa vie.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Surprise !    Dim 4 Sep - 15:58

La voix de la nymphe des eaux résonnait de manière particulière contre les parois de la pièce. Où bien était-ce sa voix qui était particulière ? Goulven guida leur danse en se laissant conduire par la mélodie fredonnée par Irmine, tandis que ses lèvres caressait sa peau. Elle exerçait une forte attraction sur lui et il sentait presque son corps hors de contrôle. C'était pourtant bien ses bras qui enlaçaient la jeune femme, ses mains qui caressaient la chute de ses reins, c'était pour elle que son cœur cognait contre sa cage thoracique.

- Je ne fais pas honneur à la mélodie. Mais j'ai finalement réussi à te faire danser.

- Quel mystérieux pouvoir exercez-vous sur moi, Irmine Boisseuil? demanda t-il d'une voix sensuelle avant de reprendre ses lèvres avec vigueur et de se laisser entraîner dans une toute autre forme d'étourdissement.

Comme souvent dans l'intimité avec Irmine, Goulven perdait la notion du temps et de l'espace. Seuls comptaient la présence de la bibliothécaire et l'instant T. Pas une seule parcelle de sa peau de reçut pas la caresse de ses mains ou de ses lèvres et il se consuma d'amour avant de renaître tel un Phénix de ses cendres entre ses bras. Il lui fallu un moment pour remettre exactement l'endroit où ils se trouvaient et dans quels circonstances il y étaient arrivé. Il fût tiré de sa torpeur par des bruits d'explosion et fût entraîné par Irmine au moment où elle transplana, loin des regards indiscrets. Ce n'était pas le moment de se faire attraper par des Moldus, heureusement qu'elle était vigilante pour eux deux.

Il ne regretta pas d'être sorti de leur bulle de sous la fontaine car le spectacle qui s'offrait à eux était magnifique. Se tenant derrière Irmine, il l'enlaçait et tressaillait parfois quand il était surpris par une détonation. A la fin, il applaudit chaleureusement avec le reste du public avant de reprendre sa belle par la taille. Il se demandait quelle était la suite du programme !
Apparemment, ils en avaient fini avec Versailles et une dernière surprise l'attendait chez lui. Comme il avait été cueilli en début de soirée, il ne savait pas du tout ce qui l'attendait et elle piqua sa curiosité.

- D'accord ... murmura t-il. - Je t'emmène.

Il transplana vers Nantes, mais plutôt que d'arriver dans son appartement il leur offrit le luxe de passer par les toits de Pommeraye. La rumeur de la rue leur parvenait à peine, sous eux l'animation battait son plein. Le quartier sorcier de Nantes était toujours vivant la nuit.
Il les guida et ils passèrent par une lucarne afin de rentrer chez lui.

- Alors, quel sort me réserves-tu ? lui demanda t'il en l'accueillant dans ses bras une fois qu'elle fût entrée à son tour.
Cette soirée était magique, il aurait voulu qu'elle ne finisse jamais.

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Irmine Boisseuil Emploi : Bibliothécaire de Beauxbâtons

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MessageSujet: Re: Surprise !    Lun 12 Sep - 23:52

La soirée d'anniversaire de Goulven était loin d'être terminée. Irmine avait toute la nuit devant elle pour en profiter, et tant pis si elle ouvrait la bibliothécaire avec des valises sous les yeux le matin qui suivrait.
Ils ne passèrent pas les grandes grilles du palais, à la place il l'emmena vers un coin de Pommeraye qu'elle ne connaissait pas encore : les toits. De là-haut, la vue en plongée sur le centre commercial mi-sorcier mi-moldu à travers les grandes verrières avait de quoi donner le vertige. L'image brouillée de la foule confirmait le bruit qui leur parvenait, et ils ne seraient probablement pas les seuls à veiller tard ce soir-là.

Il la devança pour se faufiler dans l'appartement à travers la lucarne, et elle glissa dans ses bras qu'il avait tendus pour l'aider à descendre sans déchirer sa belle robe. Elle lui sourit en guise de remerciement et en profita pour frôler ses lèvres avant de s'écarter de lui.

- Quelle impatience, attends donc une minute.

Avec un rire, elle s'échappa en cuisine et ressortit le paquet solidement ficelé qu'elle avait laissé dans une armoire réfrigérée, dont elle défit les liens avec un couteau. Elle ne tarda pas à revenir avec un magnifique Paris-Brest de 30 centimètres de diamètre, sur lequel elle avait disposé 28 bougies. Avec précaution elle rejoignit son amant sur le canapé et déposa la victuaille pour la nuit sur la table basse devant eux.

- Joyeux anniversaire, pour de vrai cette fois-ci., lui souhaita-t-elle, puis elle ajouta afin de contrer tout commentaire : Si jamais, ne t'inquiète pas : ce n'est pas moi qui l'ai fait. Il est donc comestible.

Irmine avait de nombreux talents, la cuisine n'en faisait pas partie néanmoins. Aussi incroyable que cela paraisse, elle avait déjà été capable de brûler des pâtes pourtant plongées dans une grande casserole d'eau brûlante. La jeune femme n'avait toujours pas compris comment elles avaient pu se coller au fond et attacher au point que le récipient avait dû être jeté.

Les yeux brillants encore de l'excitation de leurs petites aventures et du plaisir qu'elle avait eu à partager cette soirée avec l'homme de sa vie, la naïade adressa un sourire d'une infinie tendresse à Goulven.

- Je t'aime.

Elle le lui montrait bien plus souvent qu'elle ne le lui disait, mais cela ne changeait rien à la profondeur de ses sentiments.

Ils ne dormirent pas de la nuit, profitant l'un de l'autre jusqu'à la dernière minute où la bibliothécaire dut s'éclipser pour prendre une douche et se changer avant de reprendre ses fonctions à l'Académie.

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Les Boisseuil

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: Surprise !    Lun 31 Oct - 19:16

Goulven n'aurait pu rêver d'une plus belle soirée d'anniversaire. Versailles, sa belle, son dessert préféré ... Même si en dehors d'Irmine rien d'autre ne comptait. Cela faisait une coupure dans son quotidien grignoté par le travail. Ils avaient tellement peu de temps à consacrer l'un à l'autre !
L'avocat se perdit à nouveau dans ses bras, pour le reste de la nuit, et il profita de chaque secondes avec elle.
Ils se caressèrent, s'embrassèrent, s'enlacèrent, parlèrent un peu, rirent beaucoup et s'aimèrent de tout leur soul jusqu'à ce que le soleil d'Automne se lève sur la métropole Nantaise.
La rumeur Moldue lui parvint et le tira du sommeil alors qu'Irmine était déjà sous la douche. Depuis qu'ils étaient ensemble et cela n'avait pas changé, elle se levait toujours avant lui et il se réveillait en sursaut, surpris de son absence alors que sa place était encore chaude.

Il ouvrit les yeux alors qu'elle sortait de la salle d'eau, déjà propre et sèche, lui laissant la place. Lorsque vint le moment de se séparer, il la garda longtemps contre lui et la respira. Il ne savait pas quand il allait la revoir, même si cette soirée avec elle avait été une véritable bouffée d'air, il ne voulait pas la voir partir. Il lui dit qu'il l'aimait, qu'il penserait à elle. Il lui recommanda de prendre soin d'elle, lui demanda de lui écrire le plus souvent possible et retint ses doigts jusqu'à la toute fin, jusqu'au moment où elle transplana loin de lui.

Il resta quelques minutes dans un état de profonde mélancolie. Il visa les reliefs de leur dessert de la veille, le lit défait et les tasses de thé encore tièdes. Le manque quotidien d'Irmine déjà présent était déjà pesant, il devenait insupportable.
Goulven en avait assez ... Il voulait vivre avec elle.

D'un coup de baguette, il remit l'appartement en état et le quitta à son tour pour se replonger dans la grisaille du quotidien.

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Surprise !

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