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 [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

Date de création : 07/01/2015
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MessageSujet: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mer 22 Mar - 23:09

Juillet 2013

C'était au crépuscule que le rendez-vous avait été donné à tous les sorciers pro-hybride de France. Un jeune juriste du Grand Conseil avait décidé de prendre un vrai risque et de s'y rendre. Goulven avait conscience à l'époque qu'il risquait sa carrière et compromettait son avenir si jamais il venait à se faire remarquer dans un tel événement, mais il n'en avait pas grand chose à faire car il était guidé par ses convictions, persuadé qu'il pouvait aider à changer le monde.

- Et tu penses vraiment que tu peux changer le monde à toi tout seul ? Lui avait demandé la jeune sirène qui l'accompagnait.

- Je ne suis pas tout seul, lui avait répondu le jeune juriste. Nous sommes simplement dispersés. Mais regarde, nous avons déjà commencé à nous réunir !

L'optimisme du Breton ne pouvait rivaliser avec le scepticisme de Lucila, qui était pourtant la principale concernée par la cause hybride de par sa condition. Réticente à s'inscrire publiquement dans les mouvements de contestation du pouvoir, la jeune femme suivait le juriste, la mine renfrognée. Goulven était comme un poisson dans l'eau, serrant des mains tous les trois mètres à des sorciers qu'il connaissait, ces idéalistes, rêveurs et un peu naïfs comme lui.
Il cherchait des yeux Jared sans trop y croire. Cela faisait quelques mois que son ami disparaissait dans la nature, loin du tapage et des actions publiques dites pacifistes prônées par les sorciers engagés.

Lucila était vraiment très mal à l'aise. Goulven l'avait fortement incitée à venir, mais elle ne se sentait pas à sa place et elle avait peur. Elle sollicita son compagnon au bout d'un quart d'heure et l'informa qu'elle ne resterait pas plus longtemps.
Le sorcier était déçu, une fois de plus. Au delà du fait qu'il trouvait dommage que Lucila se désintéresse de ce genre d'événements, il avait de plus en plus souvent l'impression qu'ils ne partageaient plus grand chose.
Il essayait de ne pas y penser et s'habilla avec un sourire confiant, décidé à trouver un groupe de sorcier avec qui passer le reste de la soirée, ce qui ne lui prit pas beaucoup de temps. Il s'incrusta dans un groupe d'anciens camarades de Cerva et décida d'attendre avec eux le début des actions.

- Ca ne devrait pas tarder à commencer, dit l'un d'eux. Sophie est arrivée.
- Sophie ? Demanda Goulven

Il tourna la tête vers la sorcière sus-nommée le hasard fît plonger son regard dans des beaux yeux bruns.

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“I could spend my life in this sweet surrender,
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Sophie de Châteauvert Emploi : Sénatrice au Département du Contrôle des Objets et Trafics illicites

Date de création : 26/02/2017
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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mer 29 Mar - 22:45

- Mademoiselle de Châteauvert ? Votre père a fait parvenir cette missive urgente.

La jeune femme de 26 ans, entourée de trois conseillers de son Département, fit signe à son assistante Nathalie, qui venait d'entrer dans son bureau, d'approcher et de la lui remettre.
- Merci, Nathalie, fit-elle tandis que la sorcière brune d'une vingtaine d'années s'éclipsait. Excusez-moi, messieurs, dit-elle à l'adresse de ses collègues, il faut que je la lise.

- Allez-y, l'encouragea Hubert, un petit homme replet de 50 ans aux cheveux d'un blanc éclatant.

Sophie décacheta la missive et la parcourut rapidement. Ce qu'elle y lut ne lui plut guère, ainsi que ses confrères purent le remarquer. Elle fronça les sourcils et redressa la tête.
- Evidemment... Le Département de la Défense a encore changé l'heure d'autorisation pour notre manifestation !

- Encore ?! s'offusqua Pascal, un conseiller d'une quarantaine d'années, blond et élancé.

- Cela t'étonne-t-il ? fit Hubert d'un air désabusé. Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher cette manifestation.

- Pourquoi ne l'ont-il pas interdite dès le début alors ?

- Parce qu'ils savent que cela serait mal vu, intervint Sophie. En outre, ils n'avaient aucun motif valable pour nous refuser cette autorisation : nous avons rempli la demande en bonne et due forme, nous avons respecté les délais. Ils savaient qu'en nous la refusant, nous allions dénoncer une atteinte aux principes démocratiques.

- Tss, tu penses vraiment que cela aurait fait peur à Courtois ?

Pour les conseillers, il ne faisait aucun doute que le Consul était derrière cette tentative de déstabilisation, bien que, la décision finale appartenant au Département de la Défense, il ne fût pas censé intervenir dans cette affaire.
- Il ne faut pas croire ça, répondit Hubert. Il est attaché aux apparences et veut faire encore croire que les décisions prises par le Gouvernement le sont de manière totalement démocratique. C'est la meilleure façon d'endormir la méfiance du peuple et de parvenir à ses fins de la façon la moins douloureuse possible pour lui.

- Du coup, enchaîna Julien, un sorcier à la peau d'ébène approchant doucement les 40 ans, il essaie de nous déstabiliser en ordonnant au Département de la Défense de changer sans arrêt  l'heure de la manifestation.

- Oui, je pense qu'il essaie de décourager les gens de venir.

- Ou pire ! Si les gens manifestent à la mauvaise heure, ils pourraient être arrêtés, remarqua Hubert.

- Dans ce cas-là, il n'y a pas une minute à perdre : nous devons envoyer des hiboux pour prévenir du changement d'horaire, trancha Sophie.

- Quelle poisse ! s'agaça Pascal. En plus, faire ça au crépuscule, mais quelle idée !

- Ce n'est pas grave... Au contraire, ça sera romantique, s'en amusa Sophie. Ce sera un peu comme... une descente aux flambeaux.

Les conseillers sortirent du bureau de Sophie peu de temps après et la jeune femme convoqua Nathalie dans son bureau. Lui expliquant la situation, elles travaillèrent de concert afin de prévenir les médias et participants que la manifestation n'aurait plus lieu à midi, mais en fin de journée.

Une fois cela fait, Sophie envoya son assistante vérifier qu'un nouveau changement n'allait pas encore survenir et elle s'enferma dans son bureau. Cette manifestation, cela faisait des mois que Sophie l'attendait. Elle savait qu'elle risquait gros en l'organisant, mais cela ne lui faisait pas peur. Plusieurs conseillers de son département avaient bien tenté de l'en dissuader, arguant que cela lui serait préjudiciable, elle qui briguait un poste de Sénatrice, mais elle les avait renvoyés dans leur but, bien décidée à rester fidèle à ses convictions. Il ne serait pas dit qu'une de Châteauvert avait soldé ses principes et idéaux pour obtenir un poste politique ! Elle préférait encore ne pas être élue plutôt que de l'être en renonçant à défendre ses valeurs et celles de sa famille.

Elle ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit un sac magiquement réfrigéré dans lequel elle trouva de quoi se faire un déjeuner digne de ce nom. Il n'était pas question de mourir de faim ! Elle eut une pensée pour son amie Gudule qui l'aurait vivement approuvée, et elle se prépara un copieux burger avec des frites.

Elle savoura son déjeuner ainsi que son moment de tranquillité et prit même le temps de jouer quelques minutes avec Bulle, son boursouflet. Sa pause ne fut cependant pas longue car déjà Nathalie revenait avec des nouvelles inquiétantes : une nouvelle décision serait sur le point d'être adoptée. Scandalisée, Sophie se rendit en personne au Département de la Défense et les menaça de poursuites judiciaires et de dénonciation dans la presse si une nouvelle décision devait être adoptée. Elle usa d'arguments suffisamment convaincants pour les dissuader d'adopter un nouveau texte, mais cela lui prit toute l'après-midi, manquant de la mettre en retard à sa propre manifestation.
*Ce serait le bouquet !* s'énerva-t-elle.

Elle transplana chez elle, troqua son chemisier et sa jupe stricts pour une robe d'été élégante, blanche à col mao et imprimé de délicats motifs floraux (ladite robe). Relevant ses cheveux en un chignon lâche, elle fourra un paquet de gâteaux dans son sac avant de transplaner au lieu de rassemblement. Dès son arrivée sur place, Hubert vint l'accueillir et la félicita pour son succès. Jetant un regard autour d'elle, la jeune conseillère eut un sourire : la foule était nombreuse et bigarrée. Pressant le bras de son collègue et ami, elle s'avança vers les gens, les saluant et les remerciant d'être venus.

Alors qu'elle s'approchait d'un groupe de personnes de son âge parmi lesquels elle reconnu un camarade de l'Académie, son regard rencontra celui d'un jeune homme qu'elle ne connaissait pas et s'y accrocha bien malgré elle.
- Bonjour Sophie ! fit Tristan.

La jeune femme se reprit aussitôt et salua le jeune homme.
- Bonjour Tristan et merci d'être venu !

- Oh, mais de rien ! Merci à toi pour l'organisation ! Ca n'a pas dû être facile avec tous ces changements d'horaires.

- Non, effectivement... J'avais peur que cela dissuade bon nombre de personnes de venir, mais je suis soulagée et ravie de constater que ce n'est pas le cas.

- Bah, si on est vraiment motivé, on ne s'arrête pas à ça ! remarqua-t-il avant de se tourner vers Goulven qu'il attrapa par l'épaule. Est-ce que tu connais Goulven ?

- Non, pas encore, reconnut-elle. Encore que votre prénom ne m'est pas étranger, dit-elle à son adresse. Enchantée, je suis Sophie de Châteauvert.

Goulven eut à peine le temps de se présenter que Sophie était attrapée par Julien.
- Sophie, nous t'attendons.

- Oui, bien sûr, je viens tout de suite. Excusez-moi, fit-elle en le suivant, un peu à contrecoeur.

Montant à une tribune installée provisoirement, Sophie fit son discours, remerciant tout le monde d'être présent et se félicita de voir autant de sorciers venant de différents horizons être réunis afin de faire savoir qu'ils ne partageaient pas la même vision que leur Consul, mais qu'ils pensaient que les hybrides et les non-hybrides étaient égaux et que cela devait se refléter dans les droits accordés à chacun. Elle invita enfin la foule à déambuler pacifiquement dans les rues afin de faire entendre leur voix.

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La probité et la justice font la sûreté de la société ; la bonté et la bienfaisance en font l’utilité ; la douceur et la politesse en font l’agrément.
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mer 31 Mai - 1:41

Goulven se sentit happé par le regard sombre et profond de la jeune femme qu'on venait de lui présenter de manière informelle. Il ne fut pas introduit tout de suite dans la conversation entre la sorcière et son ami Tristan, mais il observait chacun de ses faits et geste et se concentrait sur des détails de son physique, ça et là, une mèche moins bien rangée que les autres … Si bien que lorsque son prénom fût enfin énoncé, il réagit avec un certain temps de retard, ce qui condamna tout espoir de conversation imminente avec elle.
La déception fût néanmoins vite effacée par le début des festivités et il put la contempler à sa guise alors qu'elle s'adressait aux autres.
Il pouvait juger qu'elle était belle et elle dégageait une énergie qui lui plaisait mais le trouble était encore imperceptible. Il détourna rapidement son attention d'elle pour se concentrer sur la conversation de son groupe d'amis et les suivi, scandant des revendications pacifique et bon enfant, s'abstenant quand le ton devenait plus agressif. Tout se déroulait très bien, dans une ambiance festive et bon enfant. Le mot d'ordre était la tolérance.

Quelques heures plus tard, la manifestation était terminée et les groupes se dispersaient. Le sorcier se laissa inviter à prendre quelques pintes avec ses amis, ne tenant pas à rentrer tout de suite – Il n'avait aucune envie de voir Lucila et de passer la soirée avec elle. Il savait qu'en rentrant la conversation serait pénible et inutile, il la fuirait de toutes façons. Et il lui en voulait un peu, même si cela, il ne l'assumait pas vraiment.

La bande se retrouva attablée dans un des pubs les plus bruyants de Brocéliande et chacun se laissait aller à ses réflexions alcoolisées en provoquant un débat animé, au cours duquel chacun refaisait le monde à son image. De cet échange, on savait qu'on n'en retiendrait rien d'autre que des visions de la société complètement utopiques et irréalisables mais ce n'était pas grave. Ce qui comptait, c'était de rêver.
Goulven n'était pas en reste et ne se gênait pas pour faire part de ses opinions, commençant systématiquement ses phrases par "si" et employant une concordance des temps hasardeuse – la syntaxe était souvent la première à pâtir de son état d'ébriété. Il se projetait comme bien placé au gouvernement et faisait la liste de ce qu'il mettrait en place, "s'il était sénateur". Il avait tendance à oublier qu'il n'était qu'un simple commis administratif et qu'il venait juste de prendre son premier job. Ses amis le chambraient à ce sujet mais il ne se taisait pas pour autant et tenait des propos imprégné de candeur et d'optimisme.
Il était assis à quelques places de Sophie vers laquelle il laissait couler des regards intéressés parfois.

- Parce que vous croyez vraiment que ce projet de répertorier tous les hybrides est viable ? C'est bien trop ambitieux et tout ne peut pas être contrôlé. Je les vois mal convoquer tout le monde ... une simple question de logistique ... logique, logistique ... bref, les deux marchent ...

Il éclatait de rire à ses propres hésitations, ce qui permis à Tristan d'exposer un point de vue beaucoup plus pessimiste sur le projet du Grand Conseil qui était de répertorier tous les hybrides et leurs caractéristiques, une mesure très controversée.


"Et toi Sophie, t'en penses quoi ?" Lui demanda le sorcier.

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Sophie de Châteauvert Emploi : Sénatrice au Département du Contrôle des Objets et Trafics illicites

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Sam 3 Juin - 11:13

La manifestation se passa comme Sophie l'avait espéré, dans le calme et la bonne humeur. En tête du cortège avec ses collègues les plus proches, Sophie scanda les slogans appelant à l'égalité hybrides/non-hybrides et répondit aux questions de journalistes venus suivre l'événement.

Un des ses collaborateurs, qui suivait la foule plus en arrière, vint l'informer de ce que certaines personnes tenaient des propos plus agressifs. Si cela ne la surprit guère, ce genre de problèmes arrivant dans n'importe quelle manifestation, cela la contraria néanmoins.

Informant Hubert de ce petit incident, elle lui annonça désirer aller recadrer ces manifestants. Mais son ami la convainquit d'envoyer un de leurs collaborateurs afin de ne pas attirer l'attention des journalistes sur ces quelques personnes perturbatrices. Sophie se rangea à son idée et quelques minutes plus tard, un des assistants d'Hubert venait leur annoncer que les manifestants avaient été remis à leur place.

Lorsque la manifestation prit fin, aucun autre incident n'était à déplorer et la jeune conseillère pouvait être satisfaite de l'événement. Elle espérait que cela éveillerait les consciences et que les articles de journaux qui ne manqueraient pas d'être publiés convaincraient certains de leurs collègues au Grand Conseil que la lutte contre la politique d'Augustus Courtois était encore possible.

Accompagnée de Julien, Hubert et Pascal ainsi que de leurs proches collaborateurs, Sophie se rendit dans un des pubs de Brocéliande dans lequel l'équipe avait proposé de passer l'"after-manifestation". Pas mal de manifestants s'y trouvaient et Sophie serra les mains de nombre d'entre eux, écoutant avec intérêt leurs doléances, les rassurant sur les craintes que la politique du Grand Conseil provoquaient en eux et leur promettant de toujours lutter pour l'égalité entre hybrides et non-hybrides.

Au bout d'un certain temps de cet exercice, elle put enfin s'asseoir et boire une bière bien fraîche et bien méritée. Alors qu'elle discutait avec ses collègues, elle se rendit compte que Goulven était assis non loin de leur table, parlant avec animation et passion de ce qu'il ferait s'il était sénateur. Elle écoutait à présent d'une oreille distraite Pascal qui s'emportait une fois de plus contre le Grand Conseil, concentrée sur ce jeune homme qui paraissait nettement moins en retrait que lorsqu'elle l'avait rencontré.

Elle remarqua qu'il la regardait de temps en temps et leurs regards finirent par se croiser à plusieurs reprises, laissant un sourire se dessiner sur les lèvres de la jeune femme.
- Sophie, tu nous écoutes ? intervint Julien qui avait remarqué l'absence passagère de la conseillère.
- Oui, bien sûr !

Et comme si de rien n'était, car Sophie était rodée à ce genre d'exercices et connaissait bien ses collègues, elle leur sortit une réflexion qui fit mouche et qui les replongea dans une discussion encore plus animée.
La jeune femme aurait toutefois bien voulu parler à cet homme dont le regard azur l'attirait beaucoup et dont le charme ne la laissait pas indifférente.

Alors que la question du recensement des hybrides était maintenant abordée, même Hubert, Julien et Pascal écoutaient la conversation du groupe auquel Tristan et Goulven appartenaient. Ce fut d'ailleurs Tristan qui interpela Sophie en lui permettant ainsi de se joindre à leur conversation.
Elle avait entendu le point de vue de Goulven et même si elle aurait préféré le partager, les informations qu'elle détenait la faisaient malheureusement pencher du côté de Tristan.
- J'ai bien peur que Tristan ait raison.

L'homme parut satisfait que Sophie lui donnât raison et jeta un regard victorieux à Goulven. La jeune femme reprit toutefois la parole en regardant exclusivement Goulven :
- Ce que je veux dire par là, c'est que le Consul trouvera les moyens et cherchera les appuis pour parvenir à appliquer cet horrible système. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous devons le laisser faire sans agir ! Bien au contraire... Mon équipe et moi-même nous penchons actuellement sur les faiblesses légales de ce système et nous avons bon espoir de démontrer par A + B qu'il n'est pas tenable juridiquement. J'aurais souhaité que le sens commun, la morale et même les enseignements de l'histoire dissuadent Augustus Courtois d'un tel projet et ses partisans de le soutenir, mais cela ne semble guère possible.

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mer 19 Juil - 0:17

Après son discours, Goulven reçut plusieurs approbations parmi l'assistance, certains avaient bien plus bu que lui. Le débat battait son plein, et Sophie prit la parole. Elle n'était pas d'accord avec lui, et cela ne le contraria pas, bien au contraire ! Il se raprocha d'elle avec le sourire et ne se gêna pas pour bousculer les sorciers qui se mettaient sur son passage. Sophie parlait de failles juridiques, légales ... elle lui parlait à lui. Elle ne pouvait pas mieux dire !

- Je peux certainement vous aider ! Je le peux !

Ce n'était pas une prétention de sa part. c'était vrai. Un de ses amis pouvait d'ailleurs attester.

- Ca c'est vrai ! C'est bien lui le meilleur en droit ! Il devrait faire avocat. La preuve ! Tu sais ce qu'y fait sur son temps libre ? Y va aux archives et ...

- Eusèbe, tais toi ...

- Il lit toutes les lois ! Il les connaît par coeur ! Même les plus nulles et les plus inutiles ! Et les jurisprudences aussi, dont TOUT LE MONDE SE FOUT !!

-T'as l'alcool bavard ... va ailleurs !!!

Goulven ne voulait pas que toute sa vie soit déballée par Eusèbe, qui faisait partie de son cercle de collègues et d'amis. Eusèbe était un type adorable, serviable, sympathiques en tous points jusqu'à un certain nombre de verres d'hydromel. Le juriste le poussa sans ménagement plus loin, pour qu'il aille embêter quelqu'un d'autre et se rapprocha encore un peu de Sophie.

- Bref, si jamais tu veux, j'étudie un peu le droit, sur mon temps personnel alors je peux aider à trouver ces failles. Tout est répertorié aux archives et le type qui y travaille est un allié précieux.

Il avait lui aussi l'alcool barvard. Cet archiviste, qui se nommait Martin Brumaire (évoqué ici : http://incendio-rpg.forumactif.org/t544-un-combat-perdu-d-avance-pv-henri) était si discret que peu étaient ceux qui songeaient à le solliciter. Goulven l'estimait énormément, il était une mine d'information incroyable et avait une mémoire impressionnante. Il fallait simplement l'apprivoiser un peu et creuser pour savoir à quel point il était impliqué dans la cause hybride ...
Il se ravisa alors, en songeant que son ami n'apprécierait pas que son nom soit cité dans une conversation avec Sophie, qui était connue pour ses positions.

- Enfin, bref, ce que je voulais dire, c'est que je peux trouver de l'aide. Je peux même commencer maintenant ! Enfin demain. Bref, je suis ton homme !

Il avait conscience qu'il se ridiculisait certainement, et il finit par en rire, puis accrocha le regard de la sénatrice. Il ne dit rien pendant quelques secondes, qu'il passa à la regarder avec douceur. Il se reprit et dit :


- Où en etes vous dans vos recherches ?

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Sophie de Châteauvert Emploi : Sénatrice au Département du Contrôle des Objets et Trafics illicites

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Dim 23 Juil - 20:23

Sophie observa Goulven fendre la foule pour se rapprocher d'elle. Sa démarche, accompagnée de paroles exprimant son désir de l'aider, la fit sourire. Il ne manquait ni d'audace, ni d'enthousiasme, ce qui plut à la jeune femme.

Les propos qu'il tint furent d'ailleurs confirmés par l'un des amis du jeune homme, visiblement tout aussi joyeux et optimiste que lui. Les remarques d'Eusèbe et ses révélations quant au passe-temps favori de Goulven eurent le don de faire rire la conseillère.
- Vraiment ?! s'enquit-elle en imaginant Goulven perdu derrière une montagne de parchemins poussiéreux.

Eusèbe confirma ses dires avant de s'éclipser comme le principal intéressé le lui demandait et le bousculait gentiment en ce sens.
Sophie, du reste, s'excusa auprès de ses collègues et se leva à son tour pour s'approcher du sorcier qui finissait de la rejoindre. Elle ignora leurs regards et sourires de connivence, bien qu'elle les sentît sur sa nuque.
- Woah... Alors Eusèbe ne mentait pas en disant que tu aimais vraiment le droit, remarqua-t-elle avec un sourire amusé alors qu'il lui disait notamment étudier le droit. C'est un passe-temps... original, quoiqu'utile, je te l'accorde. Dans tous les cas, je te remercie pour ta proposition, c'est vraiment très généreux de ta part de vouloir nous aider en prenant sur ton temps libre.

Elle nota mentalement l'information involontaire qu'il lui avait donnée sur la personne en charge de la gestion des archives et qui semblait disposée à donner un coup de main à une personne pro-hybride.
Alors qu'il lui assurait pouvoir trouver de l'aide et être son homme, tout en s'embrouillant sur la date de sa disponibilité, elle eut un rire bref et sincère qui accompagna celui de Goulven.
- Eh bien, quel enthousiasme ! Ca fait plaisir à voir. Peut-être que ton ami a raison de t'encourager dans une carrière d'avocat.

Il y eut alors un léger flottement entre eux tandis que leurs regards se confondaient. Sophie eut un petit sourire involontaire et replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Cet homme commençait vraiment bien à lui plaire, mais dans cet environnement où elle connaissait autant de monde et où elle était entourée de collègues, elle songea qu'elle devrait faire attention à ce qu'elle dirait et à la manière dont elle se comporterait.

Il finit par reprendre la parole pour lui demander où ils en étaient dans leur recherche.
- Pas très loin, reconnut-elle avec une petite moue. Nous avons rassemblé de la documentation, mais aucun de nous n'est juriste. C'est assez difficile de voir s'il est possible d'utiliser un cas au soutien de nos arguments. Après tout, et d'un certain côté heureusement, il n'y a pas beaucoup d'exemples du même genre dans la jurisprudence. Avec Hubert, on essaie d'aborder la question du point de vue du principe de non-discrimination et de celui de la protection de la vie privée, mais j'avoue que l'aide d'un juriste nous serait fort utile.

Elle marqua une pause et reprit :
- Tu es sérieux quand tu dis que je pourrais demander ton assistance sur ce dossier ?

Les candidats à un tel travail étaient difficiles à trouver, sachant qu'ils seraient catalogués comme étant pro-hybrides, ce qui était de plus en plus mal vu. Ce disant, elle ancra son regard profond dans celui clair de Goulven, montrant ainsi qu'elle attendait une réponse sincère de sa part. Il avait beau avoir un joli minois, la jeune femme n'en perdait toutefois pas de vue ses priorités !

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mer 25 Oct - 0:28

Très vite, leur conversation n'intéressa plus les gens autour d'eux et ils purent discuter dans une tranquilité relative. Goulven, bien qu'apparemment plein d'assurance, était un peu intimidé par Sophie, et surtout impressionné par tout e qu'elle mettait en place, alors qu'elle avait à peine un an de plus que lui ... Et là, c'était toute la considération de la jeune femme qui allait à lui, et cela le destabilisa.

[color=darkred]- Heu, oui ... Dans le cadre des études, entre autre ... à titre personnel, par curiosité ...

Il était gêné, mais Sophie semblait prendre ce hobby avec beaucoup de sérieux. En tous cas, elle semblait d'accord avec Eusèbe lorsqu'il affirmait pouvoir être acvocat ... Chose qui n'était pas si simple à faire pour Goulven, mais c'était une autre histoire.
Sophie lui fît ensuite un rapide état des lieux de leurs recherches, en lui faisant part de leurs difficultés ...

- Ce n'est pas qu'il n'y a rien ... il faut savoir où chercher et surtout, à qui s'adresser. La justice n'a pas toujours été aussi hostile envers les hybrides, c'est un phénomène qui tend à se radicaliser. Du coup, il faut remonter loin dans le temps. Les lois n'ont guère évolué depuis ...

Dépoussiérer le code civil sorcier n'était pas une mince affaire, en attendant, c'était lui qui primait sur l'opinion publique, et Goulven ne manquait pas de le rappeler.

- Si vous saviez combien de lois, de décrets se contredisent entre eux ... la justice, ce n'est qu'une affaire de rhétorique ... Je pense que je peux t'aider.

Bien trop content d'agir pour ce qui était juste, Goulven oubliait petit à petit qu'il aurait du rentrer rejoindre Lucila après la manifestation. Il n'en avait aucune envie. A vrai dire, il ne pensait plus du tout à elle ...

- On peut même y aller maintenant si tu le souhaites ... les archives ne sont jamais fermées et un ami à moi veille en permanence sur elles ... enfin, si cela te dit ! Loin de moi l'envie de te soustraire de tes obligations mondaine. Dit-il alors qu'un curieux concours démarrait.

- Qu'en dis-tu ?

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Sophie de Châteauvert Emploi : Sénatrice au Département du Contrôle des Objets et Trafics illicites

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Ven 27 Oct - 23:11

Sophie fut quelque peu amusée de voir Goulven tout à coup légèrement embarrassé, alors que quelques instants à peine plus tôt, il lui avait paru plein d’assurance. Le petit sourire en coin qu’elle afficha trahissait sans nul doute son état d’esprit, mais son sourire n’avait toutefois rien de moqueur, ainsi que l’étincelle pétillante de ses yeux le laissait deviner. Elle décida néanmoins de ne pas insister sur le caractère curieux ou atypique de son hobby et écouta Goulven lui expliquer son point de vue sur les recherches jurisprudentielles et sur l’évolution des lois.

Quand il lui affirma penser pouvoir l’aider, elle afficha un air autant ravi qu’enthousiaste et posa brièvement la main sur son avant-bras :
- Ca serait vraiment formidable !

Son geste lui était venu naturellement et elle retira sa main avec la même aisance. Goulven lui proposa alors d’aller aux archives sur le champ et elle haussa les sourcils de surprise, ne s’attendant pas à ce qu’il lui propose d’aller faire des recherches à une heure aussi tardive.
- Maintenant, vraiment ? répéta-t-elle dans un sourire qui laissait imaginer déjà sa réponse.

Des exclamations joyeuses se firent entendre par-dessus le brouhaha déjà animé de la salle et Sophie jeta un coup d’œil aux tables autour d’eux et s’aperçut que les personnes présentes étaient sur le point de se lancer dans un jeu à boire connu sous le nom de lutin bleu. Le concept était simple : les concurrents, munis de gobelets, devaient attraper un petit lutin bleu magiquement créé et ensorcelé pour courir en tous sens et à une vitesse pour le moins impressionnante sur la table sur laquelle il se trouvait. Celui ou ceux qui n’avaient pas réussi à l’emprisonner devaient boire un shot de firewhisky. Pascal et Julien, les collègues de Sophie, appréciaient particulièrement ce jeu, auquel ils étaient particulièrement doués, ce que Sophie avait appris à ses dépens. Justement, elle entendait Pascal dire qu’ils devaient demander à Sophie de les rejoindre quand Goulven lui demanda ce qu’elle pensait de sa proposition. Ni une ni deux, la jeune femme se retourna vers Goulven et approuva vivement son idée :
- Excellente idée ! Par contre, dépêchons-nous, dit-elle en lui attrapant la main et en fuyant le bar.

Une fois arrivés dehors, elle eut un rire embarrassé :
- Désolée, mais j’ai vu qu’ils allaient jouer au lutin bleu et je connais Pascal : s’il m’avait mis la main dessus, je n’aurais pas pu partir sans jouer une ou deux parties et, crois-moi, après ça, je n’aurais pas été capable de faire la moindre recherche !

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Sénatrice
La probité et la justice font la sûreté de la société ; la bonté et la bienfaisance en font l’utilité ; la douceur et la politesse en font l’agrément.
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Dernière édition par Sophie de Châteauvert le Mar 23 Jan - 20:45, édité 1 fois
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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mer 10 Jan - 20:34

A la grande joie de Goulven, Sophie choisit d'accepter sa proposition de l'accompagner dans les archives du Grand Conseil. Il était également grandement soulagé d'échapper au Lutin Bleu, car il était très maladroit et perdait souvent à ce jeu. Le nombre de fois où ses défaites l'avaient rendu incapable de transplaner et de rentrer chez lui après les parties était incalculable et Lucila détestait cela. Tout comme elle détestait qu'il sorte sans elle. Tout comme elle détestait sortir de chez elle, tout comme beaucoup de chose. Cela faisait longtemps qu'ils ne se comprenaient plus.

Sophie lui attrapa la main, il se laissa faire avec un naturel déconcertant et la suivi sans même une pensée pour sa fiancée. Comme elle était loin, cette autre vie !!

- Il n'y a aucun mal, lui dit Goulven. Je ne suis pas très doué à ce jeu, et je tiens d'avantage à ce petit bout de soirée avec toi. Je peux même t'avouer que je suis assez ... honoré !

Sitôt après avoir lâché ce petit compliment, Goulven exerça une pression avec sa main sur celle de la jeune femme.

- Seuls les sénateurs peuvent transplaner au Grand Conseil en dehors des heures d'ouverture. Tu veux bien te donner la peine ?

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“I could spend my life in this sweet surrender,
I could stay lost in this moment forever,
Every moment spent with you is a moment I treasure
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Sophie de Châteauvert Emploi : Sénatrice au Département du Contrôle des Objets et Trafics illicites

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mar 23 Jan - 21:03

Sophie ne s'était même pas aperçue qu'elle tenait toujours la main de Goulven dans la sienne alors qu'ils étaient maintenant à l'extérieur et qu'elle n'avait plus de raison de le faire. Son coeur rata un battement tandis que le sorcier lui avouait préférer passer du temps avec elle plutôt que jouer au lutin bleu.
- Honoré, rien que ça ? reprit-elle dans un large sourire.

Les paroles du sorcier raisonnaient comme une douce musique à ses oreilles. Cela faisait peu de temps qu'elle connaissait Goulven, mais elle avait réellement le sentiment que le courant passait bien entre eux. Puis, elle n'aurait su l'expliquer, mais il lui inspirait confiance. Son regard bleu tout comme son sourire étaient francs et lui avaient tout de suite plu. Ce n'est que lorsqu'il exerça une pression sur sa main qu'elle réalisa pleinement qu'ils se tenaient toujours la main. Cela fit voleter des papillons dans son ventre et elle opina du chef à sa requête :
- Je ne suis pas encore sénatrice, lui avoua-t-elle. On verra aux prochaines élections !

Puis, réalisant que ce n'était pas vraiment le coeur du problème, elle ajouta :
- Mais les conseillers peuvent aussi transplaner ! Alors, Prêt ?

Elle entremêla ses doigts aux siens, sentant la chaleur de la paume de sa main contre la sienne, et transplana. Elle avait choisi d'atterrir dans son bureau, ce qui était le plus facile et le plus naturel pour elle.
- On est dans mon bureau, chuchota-t-elle.

Elle baissa le regard sur leurs mains et ne sut trop quoi faire. Une part d'elle avait envie de rester ainsi, mais une autre part lui disait que cela n'était peut-être pas raisonnable.
- Euh... Je crois qu'on n'a plus besoin de se tenir la main...

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Goulven Le Guerrec Emploi : Avocat

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Mar 13 Fév - 22:09

- Honoré, rien que ça ? lui dit Sophie, une fois qu'ils étaient sortis.

- Oui !! dit-il avec enthousiasme. C'est assez inattendu de pouvoir t'avoir à moi tout seul ce soir ... Même si mon rival "Le Lutin Bleu" ne faisait pas le poids ... Mais quand même ! Pouvoir approcher de près quelqu'un avec des idées aussi belles, et qui a la foi de les défendre, la force de rassembler les gens et de les conduire à s'exprimer en marchant du même pas ... j'avoue, je suis aussi intimidé.

Et vraiment belle.

Sans lâcher sa main, il lui demanda alors de les conduire au coeur de l'édifice qui abritait le pouvoir du monde sorcier, alors qu'il s'était méprisé sur sa fonction, ou bien l'avait-il flatté ? L'histoire ne nous le dit pas.

- Je ne suis pas encore sénatrice,

- Ce n'est qu'une question de temps ! renchérit-il en riant.

On verra aux prochaines élections !

Dérision ou confiance en elle ? La réponse lui plaisait.

Elle emmêla ses doigts aux siens, ce qui le déstabilisa quelques peu, mais il resserra sa prise. Il sentit un crochet invisible l'attraper par le nombril et ils disparurent dans un bruit de détonation, pour apparaître dans un bureau.

- On est dans mon bureau, chuchota-t-elle.

Goulven observa alors l'environnement autour de lui.

- Euh... Je crois qu'on n'a plus besoin de se tenir la main...dit soudain Sophie, le tirant de ses songes.

- Ah oui, exact, puisque nous sommes arrivés ! dit-il avec entrain.

Il lâcha alors sa main, et avança de quelques pas dans la pièce, avant de s'arrêter, surpris par un cocktail d'émotions qu'il n'avait pas appréhendé. Il se sentait déçu, et à la déception, se mêlait la culpabilité.
Déçu de quoi ? Coupable de quoi ? Il devait se ressaisir. N'était-il pas fiancé ?

- Il est beau ! continua t-il sur le même ton enthousiaste. - Bien que j'aime le mien aussi, l'ennui c'est que dois le partager avec un vieux sorcier qui sent fort.

En tant qu'employé lambda, Goulven n'avait pas d'espace de travail fixe et devait composer avec des voisins souvent dérangeants. Il savait que c'était provisoire, car lui aussi avait des ambitions politiques.

- Allons-y ! On va devoir ouvrir la porte de ton bureau.
Par quels enchantements sont-ils proposés ? Tu ne m'en veux pas hein, j'ai l'air nul comme guide, mais je n'ai pas spécialement envie de voir mes doigts transformés en réglisse !


Sophie leur ouvrit la porte et ils s’engouffrèrent avec discrétion dans les couloirs. Les lieux étaient assez peu fréquentés à cette heure, seuls se déplaçaient quelques veilleurs, tandis que quelques acharnés du travail faisaient des heures supplémentaires.
Ils ne furent pas inquiétés, car même s'ils croisèrent du monde, ils étaient reconnus, et arrivèrent rapidement aux archives.

L'endroit était impressionnant et regorgeait de parchemins. Des chandelles enfermées dans des bulles de verre enchantées flottaient dans les airs, pour éviter tout incendie et réduire à néant des siècles de travail et de consignes. Arrivé au coeur de la vaste salle qui faisait la taille d'une cathédrale, bien que située en sous-sol, Goulven se pencha vers Sophie et lui glissa dans l'oreille :

- Il y a ici, dans des rouleaux, des lois qui datent du temps où les hybrides étaient parfaitement intégrés en France, qui n'ont jamais été abrogées ... C'est là-dessus qu'il faut jouer ! Mais il faut fouiller ...

Prétexte pour se rapprocher d'elle ? Précautions ?

- Entre autres absurdités qui interdisent le traffic de boursoufflets pendant les périodes de reproduction uniquement les semaines paires, il y en a une que je cache par ici, juste au cas où ... La voilà.

Après quelques minutes de recherche, il lui glissa un parchemin dans les mains.

- Evite de le lire à voix haute. On y est pas encore, mais j'ai peur qu'un jour ...

Sur ce parchemin, il était inscrit qu'il était interdit de refuser la vente de baguette à un sorcier sous prétexte de différences, d'origines, et de taux d'hybridation ...

- On ne sait jamais.

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Sophie de Châteauvert Emploi : Sénatrice au Département du Contrôle des Objets et Trafics illicites

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MessageSujet: Re: [Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)   Lun 2 Avr - 11:25

Les mots que Goulven prononça avant qu’ils ne transplanent dans le bureau de Sophie firent virevolter de petits papillons au creux de l’estomac de la jeune femme. Elle croyait percevoir dans son regard bleu la même étincelle qui devait briller au fond de ses prunelles brunes et ne put s’empêcher de lui sourire d’un air conquis. En outre, s’il avoua être un peu impressionné par la jeune conseillère, elle se félicita qu’il ne le soit pas au point de perdre ses moyens face à elle. Elle l’assura d’ailleurs qu’il n’avait aucune raison d’être intimidé avant de le remercier pour ses mots encourageants quant à ses chances d’accession au poste de sénatrice qu’elle briguait.

Une fois arrivés dans son bureau et tandis qu’elle avait fait une remarque quant à l’inutilité qu’ils se tiennent encore la main, le jeune homme la lui lâcha en constatant avec entrain que cela semblait logique étant donné qu’ils étaient arrivés. Bien que Sophie eût pu en concevoir une certaine déception, il y avait quelque chose dans le regard et le ton de voix du sorcier qui la préserva de cette émotion négative.

Elle laissa échapper un rire alors qu’il s’extasiait devant son bureau tout en lui expliquant devoir partager le sien avec un vieux sorcier qui sentait fort :
- J’imagine à quel point cela doit être désagréable ! Surtout dans un petit espace… Mais je suis sûre que ce n’est que temporaire et qu’un jour, tu auras aussi ton propre bureau, ajouta-t-elle avec un sourire confiant.

Alors qu’il lui demandait par quels sorts elle avait protégé son bureau et faisait une remarque sur ses capacités de guide, la jeune femme ne put s’empêcher de rire derechef :
- Je m’en voudrais si tu avais les doigts transformés en réglisse, finit-elle par dire en le regardant d’un air amusé.

Elle se perdit un instant dans la contemplation de ses yeux bleus avant de se reprendre en sortant sa baguette. Elle fit face au panneau de bois de la porte et lança des sorts informulés car malgré la confiance que lui inspirait Goulven, les mesures de sécurité lui imposaient de ne révéler ses sorts de protection à qui que ce soit.
- Tu sais comment est la sécurité, se justifia-t-elle d’un air un peu gêné.

Ils sortirent dans les couloirs et atteignirent quelques instants plus tard les locaux des archives. Sophie y avait mis les pieds peut-être une fois, lors d’une visite guidée du Grand Conseil quand elle était devenue conseillère, envoyant plutôt son assistante Nathalie lorsqu’elle avait besoin d’un document. Elle avait oublié à quel point les lieux étaient grands et elle observa les alentours avec de grands yeux admiratifs. Elle suivit son guide en posant son regard sur les étagères qui croulaient sous les parchemins. Lorsqu’ils parvinrent au centre de la pièce, la jeune femme s’immobilisa, tout en continuant à admirer les lieux. Aussi, quand Goulven murmura à son oreille, elle ne s’y attendait pas et son cœur rata un battement tandis qu’un agréable frisson parcourut sa nuque.

Elle retint son souffle, fixant le regard droit devant elle, et se félicita que dans cette semi-obscurité, il devait être impossible à Goulven de voir son trouble. Cependant, elle reprit ses esprits lorsqu’il lui mentionna la loi sur les boursouflets. Elle le regarda avec étonnement et un sourire se dessina sur ses lèvres roses :
- Je n’aurais jamais imaginé qu’une telle loi puisse exister ! Il y aurait vraiment du ménage à faire, remarqua-t-elle.

Goulven se dirigea alors vers une étagère et Sophie le suivit, à présent intriguée de voir ce qu’il allait lui montrer. Elle s’arrêta tout près de lui et le regarda avec étonnement tandis qu’il la prévenait qu’il était préférable qu’elle ne lise pas le contenu de la loi qu’il lui remettait à voix haute. Le cœur battant un peu plus vite et les mains un peu fébriles, elle déplia le parchemin et en parcourut le contenu rapidement. Ne croyant pas ce qu’elle lisait, elle relut une seconde fois le parchemin avant de relever un visage surpris sur Goulven :
- Incroyable !

Elle lui sourit finalement, ayant du mal à cacher son enthousiasme face à cette découverte. Elle posa sa main sur l’avant-bras de Goulven :
- Mais Goulven, c’est… C’est merveilleux ! chuchota-t-elle en tentant de contenir son émotion. C’est exactement ce qu’il nous faut !

Elle exerça une légère pression sur son avant-bras avant de reporter à nouveau son attention sur le parchemin, ayant besoin de s’assurer qu’elle avait bien compris ce que cela signifiait. Les yeux baissés sur celui-ci, elle secoua la tête :
- C’est parfait. C’est juste… parfait !

Elle se déplaça légèrement de côté afin qu’il puisse lire également le parchemin en même temps qu’elle. Leurs épaules se touchaient et la jeune femme pointa plusieurs paragraphes de la loi qui lui paraissaient tout particulièrement pertinents.
- Regarde… Celui-là… Ou celui-ci ! Je n’arrive pas à y croire…

Elle releva finalement le visage vers le sorcier et eut l’envie de le prendre dans ses bras, mais s’en abstint.
- Je pourrais t’embrasser pour ça ! dit-elle spontanément.

C’était plus une façon de parler qu’autre chose, plus une expression lancée à la cantonade, mais quand elle réalisa ce qu’elle venait de suggérer, elle rougit violemment et ajouta précipitamment :
- Ah, hum, c’était une façon de parler, haha !

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[Flashback] Nos occasions manquées - Part 1 (PV Sophie)

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